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Actu | Un back-office en Nouvelle-Zélande : grâce à Atelierworkshop, Edouard François.NZ (06-02-2013)

'La Maison Edouard François ouvre une nouvelle antenne en Nouvelle-Zélande : Maison Edouard François.NZ, avec Cécile Bonnifait et William Giesen. Pour aller encore plus vite et travailler 24h/24'. Info reçue ce 30 janvier 2013. L’association a de quoi surprendre quand on connaît le verbe haut de l’un et le profil discret des deux autres.  

Nouvelle Zélande

Edouard François + Atelierworkshop ? L’un est habitué des programmes de luxe et travaille sur des échelles de plus en plus vastes, quand Cécile Bonnifait et William Giesen, cofondateurs d’Atelierworkshop en 2001, sont notamment spécialisés dans la maison individuelle en Nouvelle-Zélande.

«Nous avons rencontré Edouard François à Wellington en octobre [2012], à l’occasion de la remise des Local Architecture Awards, organisée par le NZIA (New Zealand Institute of Architects). Nous y avons en effet remporté un prix pour une maison, la Lloyd house, qu’Edouard François a remarquée. Il nous a fait part de son souhait de la visiter et visiblement, elle lui a plu», soulignent la française Cécile Bonnifait et le kiwi William Giesen.

De visite en partenariat ? «Non, Edouard François avait bien une idée derrière la tête», rigolent-ils.

«L’une de mes collaboratrices se rend régulièrement en Australie. Des allers-retours qui m’agaçaient au départ», explique l’architecte parisien. «Puis, je me suis aperçu que les douze heures de décalage horaire - elle travaillant alors qu’il fait nuit ici - représentaient un intérêt».

S’il est par définition difficile de faire patienter les clients, ceux qui opèrent sur le marché du luxe, tel LVMH, sont par nature plus exigeants encore. «Ils s’en excusent à chaque fois tout en demandant des modifications qu’ils souhaitent voir exécutées le lendemain à la première heure», souligne Edouard François.

02(@MaisonEdouardFrancois)_B.jpgPlutôt que de multiplier les charrettes, pourquoi ne pas s’enrichir de collaborateurs qui oeuvrent efficacement pendant les heures de fermeture françaises ? 

En clair, «il me fallait un 'back-office' pour travailler à flots continus, être opérationnel 24 heures sur 24. Or, à part l’Australie et la Nouvelle-Zélande et leur douze heures de décalage avec la France, aucun autre endroit ne présente cet avantage».

Edouard François se refuse à parler de sous-traitance. «Cécile et William vont superviser les collaborateurs de la Maison Edouard François.NZ », dit-il. Entendu, le partenariat entre Atelierworkshop et la Maison Edouard François est une affaire de confiance.

«Ce sont des élèves de Jacques Hondelatte», souligne Edouard François. Cécile Bonnifait - ancienne collaboratrice de celui qui fut récompensé du Grand prix national de l'architecture en 1998 - et William Giesen - ancien étudiant de l’architecte qui enseigna à l’ENSA Bordeaux - confirment : «nous avons un vocabulaire commun».

Ce n’est pas tout. «Edouard François aime les défis et, compte tenu de la distance entre nous et son cocon parisien, nous représentons en quelque sorte la caution de cette remise en question permanente qu’il affectionne», analysent les associés d’Atelierworkshop.

03(@Atelierworkshop)_S.jpgPar ailleurs, si les échelles d’intervention de l’un et des autres ne sont pas comparables, les architectes installés à Wellington soulignent un autre lien de parenté : «Nos projets sont modestes mais nous opérons dans un contexte très privilégié, sur des sites avec des vues imprenables ; un luxe aussi».

Sans oublier que Cécile Bonnifait et William Giesen partagent avec Edouard François le même engagement écologique, c’est-à-dire transversal, sans la radicalité des 'green addicts'.

S’il faut attendre encore quelques mois avant de juger de la réussite de l’association - «Cécile vient bientôt en France pour mettre au point les termes de notre collaboration», précise Edouard François -, il est a priori prévu qu’Atelierworkshop embauche de nouveaux collaborateurs dans le cadre de la Maison Edouard François.NZ.

En tout cas, le rôle de chacun est clair. «Nous savons où nous habitons», disent Cécile Bonnifait et William Giesen.

04(@PaulRaftery-MaisonEdouardFrancois)_B.jpg«Edouard François est maître en son château. Nous sommes admiratifs de ses concepts et de ses partis pris, qui sont très forts». Bref, «à Edouard le concept et à nous, qui avons l’habitude de petites échelles, de développer le détail».

Le risque que d’autres agences d’architecture crient à la concurrence déloyale ? «Chacun fait ce qu’il veut de son temps et travailler ainsi 24h/24 n’est pas gratuit», répond Edouard François.

Une fenêtre sur le marché australien ? «Ce concept de 'back-office' n’a rien à voir avec une délocalisation».

«J’aime faire ce métier différemment», rappelle l’architecte des logements de Champigny-sur-Marne.

«Quand nous étions étudiants, Edouard François était déjà une personnalité originale formulant des choix téméraires», se souviennent les associés d’Atelierworkshop. En effet, sortir des sentiers battus est un modus operandi qui ne concerne pas seulement ses projets. Régulièrement, Edouard François «[se] réinvente».

Début 2012, il transformait son agence en 'Maison Edouard François', empruntant au vocabulaire du luxe pour affirmer ainsi clairement son positionnement sur ce marché. Un an plus tard, cette idée de 'back-office' rappelle la sémantique de la finance et suggère que toute demande sera traitée dans les plus brefs délais sans perte de qualité.

05(@Atelierworkshop)_B.jpgL’association advient à un moment où, de leur côté aussi, Cécile Bonnifait et William Giesen souhaitaient un renouvellement. «D’ailleurs, nous avons procédé à la refonte de notre site Internet». Une nouvelle ligne graphique qui n’est pas sans rappeler celle de l’adresse http de la Maison Edouard François...

«Cela faisait quelque temps que nous souhaitions renouer avec la France ; le faire en travaillant avec Edouard François est très excitant».

Edouard François.NZ s’annonce comme un échange de bons procédés. Et de talents.

Emmanuelle Borne

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mathieu | paris | 06-02-2013 à 22:52:00

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