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Cahier Spécial - Pierre

Présentation | Hoge Architectures à l'âge de pierre (27-03-2013)

Bernd Hoge, architecte fondateur de l’agence Hoge Architectures, a livré en 2009 le Musée de la Préhistoire du Grand-Pressigny (37). Monolithe de pierre résolument contemporain, la nouvelle institution culturelle se mêle aux vestiges d’un château Renaissance. «Etait-ce utile de construire ?» Sans aucun doute.

Culture | Bâtiments Publics | Pierre | Indre-et-Loire | Bernd Hoge

Deux des cinq collaborateurs et demi sont encore là. La journée s’achève pourtant à l’atelier parisien. Autour d’une table mêlant bois et verre, Bernd Hoge revient pour Le Courrier sur l’un des projets les plus «prestigieux» de l’agence, le Musée de la Préhistoire du Grand-Pressigny.

Livré en 2009, l’édifice est, malgré ses qualités, quelque peu passé sous silence. Aléas et revirements politiques sont vraisemblablement en cause. Soit.

Quelques années plus tard, la construction n’a pas, selon l’architecte, perdu de sa superbe. La pierre de Bourgogne semble immuable.

«Au Grand-Pressigny, tout est minéral. La plaine est peu végétalisée. Nous nous sommes mis d’accord sur l’usage de la pierre avec les Architectes des Bâtiments de France et la commission des monuments historiques. Il y avait comme une évidence», assure Bernd Hoge.

02(@HogeArchitectes)_S.jpgEt pour cause, le site retenu pour le musée n’est autre qu’un château dont ne subsiste que les communs, la galerie Renaissance, les caves, les ruines du donjon et la terrasse XIXe. «L’ensemble est très hétéroclite. Il nous fallait créer une liaison entre les différentes parties. Il s’agissait là d’un point important et nous avons pour ce faire conçu un bâtiment servant», précise l’architecte.

La volumétrie «est la conséquence du programme». Elle est également induite par la matière. La pierre habille et le béton soutient. A mesure des semaines et des mois, le dessein s’est affiné. A l’origine, le marché négocié ne prévoyait qu’une note d’intention.

«Il y eut plusieurs versions. Le volume était initialement fermé puis s’est ouvert sur les pièces majeures de l’ensemble historique», assure Bernd Hoge. Depuis les quelques baies vitrées, le donjon ou encore la terrasse XIXe.

«Notre première proposition superposait une base transparente et des étages minéraux. Il nous a été demandé de retravailler l’assise du bâtiment. L’échange est, in fine, très agréable. Les Architectes des Bâtiments de France et ceux des monuments historiques sont plus présents qu’en Allemagne et adoptent parfois une position plus dérangeante. En revanche, ils amènent davantage d’explications, d’interprétation et d’ouverture», poursuit-il.

03(@HogeArchitectes)_B.jpgLe musée se pose ainsi sur l’emprise de l’ancien château dont certaines parties ont dû être consolidées. «Le plus contraignant était d’assurer une humidité à 65% dans les caves et d’y installer un système de ventilation intégré au sol», note Bernd Hoge. En outre, les fondations ont été délicates considérant un sous-sol caverneux.

Donner à la pierre des qualités structurelles ? «Possible», répond l’architecte. Mais coûteux. «De façon générale, j’aime la pierre mais, pour des raisons budgétaires, je ne la choisis pas. Je donne la priorité aux espaces», explique-t-il.

En définitive, le Grand-Pressigny est un exercice de style. «Le bâtiment est majestueux, généreux», assure Bernd Hoge.

Les intérieurs sont ouverts et décloisonnés. De quoi mettre en évidence les autres pierres, plus anciennes. Le musée est réputé pour ses silex. L’architecte de s’éclipser et de revenir avec 'une livre de beurre' dont il s’étonne encore. La pierre qu’il tient entre les mains a été mise en forme afin de pouvoir débiter des lames de silex.

«La région produisait il y a plusieurs milliers d’années une quantité incroyable de lames dont certaines ont été retrouvées en Autriche et au Luxembourg». Bernd Hoge demeure interdit, admiratif d’une telle technologie.

04(@HogeArchitectes)_B.jpgL’architecte a fait ses classes à Stuttgart, à Chicago et à Venise. Parmi les maîtres à penser compte Frei Otto. «J’avais fait mon mémoire avec lui sur le thème de l’électrolyse. Nous avions mis au point un dispositif pour qu’un tronc de bois au contact de l’eau puisse se pétrifier notamment grâce aux micro-organismes présents», se souvient-il.

De Miami à Venise, les expérimentations sont plus ou moins concluantes. «Avant tout, son apprentissage se résumait en une simple question : est-ce utile de construire ?». Et de privilégier donc les structures passées ou existantes.

Au Grand-Pressigny, de l’utilité du passé.

Jean-Philippe Hugron

Réactions

Cote Pressignois | centre | 29-03-2013 à 11:04:00

Pour un musée dont la population ne voulait pas... et qui prend l'eau!!!
Merci à Herr Hoge de mépriser la population et de se retrouver au tribunal pour des malfaçons qui ont entrainé la fermeture du musée pendant un long moment.
Non seulement on fait moche mais également avec des malfaçons dont Herr Hoge n'assume pas.
Ce n'est franchement pas une réussite architecturale dont il ne faudrait pas se vanter car son vieilissement nous réserve de plus en plus de mauvaises surprises...
Merci Herr Hoge dèsormais vous devez rendre des comptes aux Pressignois au lieu de se planquer.

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