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Visite | Kengo Kuma a fait dans son FRAC (03-04-2013)

Marseille 2013. L'événement est l'occasion pour la ville de multiplier les projets architecturaux. Parmi eux, le nouveau FRAC. Pour ce faire, il fallait, inévitablement, un geste gesticulant et une signature internationalement internationale. Initiales KK.

Culture | Marseille | Kengo Kuma

Qui ne connaît ce mythe ? Il est des Français qui réussissent à l'étranger. Mireille Mathieu par exemple, au Japon. Il est aussi des Japonais qui réussissent en France. Vraiment ?

Shigeru Ban à Metz pardi ! Non, pardon.

Et Kengo Kuma ? A Marseille, l'homme de l'art a livré le nouveau FRAC de la région PACA. Aux franges d'Euroméditerrannée, face à l'architecture générique des environs, le parti adopté est, somme toute, contextuel.

Ennuyeux.

Aux façades haussmanniennes de pierre calcaire succèdent les alignements monotones de murs rideaux impersonnels. Entre les deux, une parcelle improbable, triangulaire, sur laquelle le FRAC tente de jouer le rôle de figure de proue.

Pour exister, la matérialité. A la crise d'égocentrisme, l'architecte répond par une façade digne des années 50. Le dessin est vaguement cinétique et les quinconces donnent un air de déjà vu, de déjà vieux. Les panneaux de verre sont certes élégants mais semblent relever davantage du caprice.

Une visite à l'atelier de fabrication, à Brioude, au sud de Clermont-Ferrand, témoigne de l'incroyable raffinement du matériau : sur le verre, un minutieux goutte-à-goutte effectué manuellement donnent naissance à un matériau opalin. Qui, in situ, pour apprécier ce travail positionné à quatre mètres au-dessus du sol ?

02(@JPHH)_B.jpgLa surprise interviendra-t-elle de l'intérieur, au détour d'une ouverture ? Pas même. Elles ont été réduites en taille et en nombre. En cause, la HQE. On ne conçoit pas en France comme au Japon. La norme castre. Aussi, la façade avait-elle, peut-être, un rôle sur les premières esquisses. Aujourd'hui, elle relève du geste gratuit voire de l'obstination à réaliser l'image d'un projet. En témoignent les attaches grossières et la structure inélégante.

L'argumentation peine tout autant. Kengo Kuma dans son discours aux journalistes évoque tantôt des feuilles de papier de riz tantôt les galets de Marseille (sic).

L'intérieur, quant à lui, laisse une autre sensation. «J’ai considéré dès le début qu’il y aurait dans ce bâtiment un cheminement possible. L’image qui m’est venue est celle de l’oesophage : l’aliment entre par la bouche et s’achemine vers les différentes parties du corps, y compris de l’estomac. Chaque niveau correspond à une fonction particulière, de la même manière qu’il y a plusieurs étapes dans notre voie digestive», affirme Kengo Kuma. Et le visiteur, à la sortie, frais 'et moulu' ?

Les cheminements sont donc rationnels, les espaces généreux et les surprises nombreuses. Outre l’intestin grêle et la vésicule biliaire, deux terrasses : l'une, côté cour, offre un espace extérieur aux expositions d'art ; l'autre, côté rue, officie tel un belvédère sur le boulevard.

Le programme était dense et la parcelle mince. Les possibilités n'étaient sûrement pas nombreuses mais, pour le coup, à l'architecte d'avoir su ajuster les attentes pour les mêler aux contraintes.

Aux espaces d'exposition se superpose le plateau multimédia. Au-dessus, le centre de documentation, l'administration, les ateliers et enfin, au dernier niveau, un espace expérimental. Le tout s’articule en cohérence.

Depuis les quelques ouvertures, des espaces résiduels s’offrent à la vue. Le mouvement de façade impose sa structure et coupe de possibles terrasses en deux, rendant inaccessible l’une ou l’autre partie. Sans doute s’agit-il de ces espaces «semi-extérieurs» chers à l’architecte. Et semi-accessibles, sans aucun doute.

Japo-niaiserie au coeur, le parti est avant tout motivé par une lecture : L'Eloge de l'Ombre de Junichirô Tanizaki.

Et, au delà du cliché, le sushi du détail ?

Jean-Philippe Hugron

Réactions

JC | Archi | RA | 28-11-2013 à 18:39:00

Un article digne des pages sportives du dernier des canards rgionaux ... Vous avez rat votre vocation ...

Thomas | Architecte | Paris | 12-04-2013 à 12:14:00

"Et, au delà du cliché, le sushi du détail" et là vous n'êtes pas dans le cliché avec de tels jeux de mots?

Jean-Christophe Masson | architecte | Paris | 08-04-2013 à 18:17:00

Merci JP pour ce texte pertinent et drôle. Le titre est excellent n'en déplaise à degio. On aurait pu aussi écrire KKstrophe ! Mais le plus inquiétant est de se demander comment a t-il était possible que KK gagne deux FRAC en l'espace de quatre mois ? Une volonté politique qui dépasse le débat sur la qualité architecturale ... un petit texte la dessus bientôt ?

Jean | archi | alsace | 08-04-2013 à 11:01:00

Moi je suis stupéfait de voir la différence entre le rendu de concours tres doux tres beau et cet habillage de centre commercial ? Personne n'a rien dis ? entre le concours et la réalisation ?

je comprend pas...

BEN | ARCHITECTE | PACA | 04-04-2013 à 20:52:00

Pour répondre à Degio, la mise en oeuvre en france, est tout simplement désatreuse, et l'architecture reléguée au stade anal, les boîtes de BTP ne nous respectent pas, pensent à leur argent, bien plus qu'à la culture ou autre fadaise. Au japon les ouvriers sont qualifiés ... et pas sans papiers.

Gribouille | 04-04-2013 à 09:57:00

Monsieur Hugron,

Mais qui etes vous pour denoncer ce travail de Maitre! C'est vous qui etes le sushi de notre belle profession.
Et n'oubliez pas qu'au Pays des Pieds Paquets, le caca à de la valeur, surtout avec des aromates!
Merci de penser Français.

Je vous salue a peine.

degio | chefderub | uzès | 04-04-2013 à 08:25:00

Passons sur le titre (pas très classieux) et sur le sushi de la chute (maki es-tu JP, pour t'autoriser de tels calembours?). La vraie question, pour moi, est de comprendre pourquoi les architectes japonais qu'on débarque en France, avec pour la plupart des réalisations correctes à leur actif dans leur pays, nous pondent ici d'horribles bouses?

Pergame | 04-04-2013 à 08:04:00

On ira voir ce Frac de Marseille bien maltraité dans l'article car on a déjà vu celui de Rennes, et comme on a un point de vue assez différent de JPH sur ce dernier...

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