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Présentation | Au Pouliguen, l'écran noir est tombé (17-04-2013)

Composée d’écailles de verre, la couverture de la halle du Pouliguen (44), réhabilitée en 2012, est signée des architectes nantais Stéphanie Vincent et Jérôme Berranger. Plutôt que se contenter de remettre aux normes le bâtiment qui obstruait la place marchande, ces architectes ont mis en oeuvre, via une ATEx, un toit conférant légèreté au coeur du centre-ville.

Réhabilitation | Commerces et hôtels | Verre | Loire-Atlantique | Berranger | Vincent architectes

«Quand nous avons découvert la halle marchande du Pouliguen, il nous semblait dommage de ne proposer que sa stricte réhabilitation».

A l’occasion d’un entretien avec Le Courrier, l’architecte Stéphanie Vincent évoque un concours organisé par la mairie du Pouliguen en 2010. Lequel avait pour objectif de doter d’accès pour les handicapés la halle marchande, datant des années 1970 et située en plein centre-ville, d’en redessiner les étals, de créer, dans une maison adjacente, un entrepôt et des sanitaires, sans oublier le retraitement de la place. 

«Le cahier des charges évoquait également des prises de lumière naturelle», précise l’architecte. Une évocation devenue, suite à la découverte du bâtiment, l’essentiel du projet proposé par Berranger&Vincent.

02(@BerrangerVincent).jpgEn effet, avec son imposante toiture composée d’ardoises opaques, la halle n’était pas, au regard du gabarit de la place où elle s’érigeait, «à l’échelle de son site». 

Selon Stéphanie Vincent, quel que soit le poste d’observation, ce toit sombre obstruait toutes les perspectives. «Un écran noir», résume-t-elle.

D’emblée, l’architecte et son acolyte Jérôme Berranger ont l’idée de conférer légèreté à ce bâtiment qui phagocyte la place du centre-ville en créant une couverture moins imposante. 

De fait, «nous avons proposé une toiture composée d’écailles de verre». Ce qui permettait par ailleurs d’agrémenter l’espace en lumière naturelle. 

Tel n’était pas le sujet du concours mais en l’occurrence, le savoir-faire de ces architectes a fait la différence.

Qui dit légèreté, dit mise à nue de la charpente. L’équipe de Berranger&Vincent a commencé par entièrement déshabiller la structure recouverte d’ardoises sur ses quatre faces.

Si le verre fut un choix opéré sans hésitation, sa mise en oeuvre fut moins évidente. «A l’époque (c’est-à-dire en 2012, ndlr), il n’existait pas de DTU permettant de construire comme nous le souhaitions, c’est-à-dire sous forme d’écailles de verre», explique Stéphanie Vincent. 

Pour pallier l’absence de norme en la matière, les architectes se sont donc attachés, auprès du CSTB, à l’élaboration d’une Appréciation Technique d’Expérimentation (ATex).

03(@BerrangerVincent).jpgSoulevant l'inquiétude des riverains du Pouliguen - «ils craignaient que le bâtiment ne soit pas livré à temps pour la saison marchande de mai 2012» -, la démarche fut néanmoins soutenue par le maire de la ville. «Il a porté le projet jusqu’au bout», souligne, reconnaissante, Stéphanie Vincent. 

D’autant plus qu’à l’instar du chantier, livré dans les temps, les études ne furent pas mince affaire.

En effet, quid de l’effet de serre d’une couverture composée de panneaux transparents en verre, un tel problème se posant avec d’autant plus d’acuité dans un espace où l’hygiène est indispensable ? N’ayant trouvé entre les frontières hexagonales aucun bureau d’études prêt «à se risquer» à pallier ce problème de surchauffe, Berranger&Vincent ont fait appel, grâce au bouche à oreille, à un bureau d’études suisse. «Grâce à lui, nous avons mis en place une sonde liée à des châssis qui se soulèvent pour ventiler la halle».

04(@BerrangerVincent)_B.jpgDeux précautions valant mieux qu’une, les architectes ont ajouté à l’intérieur de la halle des voiles solaires actionnées par les commerçants au gré des besoins.

Avec ses écailles vitrées sur quatre pentes, la halle du Pouliguen, aujourd’hui du plus bel effet, aura finalement demandé à ses concepteurs «autant d’énergie que celle déployée sur le Ruban». 

Stéphanie Vincent fait référence à ce vaste bâtiment de logements collectifs réalisé par Berranger&Vincent en collaboration avec Périphériques sur l’ile de Nantes en 2012. 

C’est-à-dire 5.000 mètres carrés construits concomitamment aux 300 mètres carrés composant la halle du Pouliguen.

Conduisant avec autant d’attention gros marchés publics et plus petits projets communaux, les architectes de Berranger&Vincent ne préjugent d’aucune échelle. «Nous faisons également des maisons individuelles. En fait, tout dépend de l’envie du client». Une condition sine qua non.

«Aucun projet n’est anodin et encore moins ces deux-là, où les deux maîtres d’ouvrage furent particulièrement investis», souligne Stéphanie Vincent. En tout cas, de parier que l’attention des associés de Berranger&Vincent sera aussi soutenue à l’occasion d’une tour de logements, tel ce concours remporté sur la ZAC EuroNantes en janvier 2013.

Emmanuelle Borne

05(@StephaneChalmeau)_B.jpgFiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Mairie du Pouliguen
Maîtrise d’oeuvre : Berranger&Vincent
Missions : base + signalétique + OPC
Surface utile : 300m²
Livraison : 2012
Coût : 944.000 euros HT halle et place comprise
BET : Structures : PLBI / Fluides : MBI / Economie : ECGG / VRD : EF Etudes

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