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Brève | Prix de la jeune architecture de la Ville de Lyon 2012 (19-04-2013)

Pour la 12e année consécutive, l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon (ENSAL) et la Ville de Lyon mettent en oeuvre le Prix de la jeune architecture. Ce prix récompense six projets de fin d'études des jeunes diplômés de l'école. La remise officielle des prix s'est déroulée le 10 avril 2013, dans le grand salon de l'Hôtel de Ville. Communiqué.

ENSA Lyon | Lyon

Sélection

La mise en place des nouveaux programmes en septembre 2010 a permis de réorganiser les départements de master en créant des domaines d'études. A la fin de la licence, les étudiants s'engagent dans un parcours approfondi et se fabriquent ainsi une posture en lien avec une ou des thématiques qui leur tiennent à coeur. Il ne s'agit pas d'acquérir une spécialité mais plutôt de 'colorer' le parcours des étudiants.

Ainsi, le cycle de master est désormais structuré par neuf domaines d'études, adossés à des laboratoires ou équipes de recherche et des partenaires variés (écoles, collectivités, etc.). La deuxième année de master est composée de cinq domaines d'études.

La promotion 2011-2012 a présenté 107 projets de fin d'études en juillet 2012. Les étudiants retenus pour la participation au Prix de la jeune architecture - soit 35 projets de fin d'études - ont obtenu l'une des six meilleures notes de leur domaine d'études.

Le jury*, présidé par Frédérique Martinent, directrice de l'aménagement urbain de la Ville de Lyon, s'est tenu le 22 janvier 2013. Cette année, le jury a décidé de mettre à l'honneur un projet particulier en décernant un Grand Prix.

Afin de comparer des projets de fin d'études portant sur la même thématique, cette année, cinq prix sont décernés selon les catégories suivantes :

Catégorie Architecture, ambiances et cultures constructives

Enseignants responsables : Olivier Balaÿ et Rémy Mouterde

Grand Prix : 'Canopéa, Solar Décathlon Europe 2012' / Pierre Dallaporta, Timothée Dietz, Maximilien Dumont, Cécile Ermel, Timur Ersen
Dans le cadre du Solar Decathlon Europe 2012, concours international de maisons solaires, cinq étudiants de l'ENSA Lyon ont participé, au sein de l'équipe Rhône-Alpes, à la conception et réalisation du projet Canopea. 

Ce projet représente les deux derniers étages d'une tour de petite hauteur, soit un logement type et, en attique, un espace commun à tous les habitants de la nanotour. Celui-ci comprend une laverie, une cuisine d'été et un espace convivial offrant une vue à 360° sur le paysage grenoblois, contexte pour lequel le projet a été conçu. L'appartement est pensé de façon à offrir à ses habitants les mêmes qualités qu'une maison individuelle. Pour accentuer cela, les nanotours ne comprennent qu'un logement par étage.

Dessinée en intégrant les principes du bio-climatisme, la maison, fortement isolée, est économe en énergie. Pour le concours, la puissance photovoltaïque installée en toiture suffit à couvrir les besoins en énergie de la maison. L'appartement est composé de trois blocs entre lesquels s'organise la vie de la maison : le premier comprend les équipements techniques de la maison et les pièces d'eau ; le second comprend la chambre ; enfin le dernier est un espace évolutif matérialisé par un meuble mobile pouvant délimiter une pièce supplémentaire ou offrir un espace de séjour plus grand.

02(@P.Dallaporta-T.Dietz-M.Dumont-C.Ermel-T.Ersen)_B.jpgLauréates : 'Totems Eco-Logiques' / Florence Declaveillère, Yza Hunsinger, avec la participation de Maria-Lucia d'Alessio
Le projet 'Totems éco-logiques' traite la question de la densification d'un site de logements existants (Jussieu) sur le campus étudiant de la Doua, à Villeurbanne. 

Sa réponse se manifeste par la construction de quatre petites tours de logements neufs : les totems. Ils percent la canopée d'un bois et s'expriment comme les nouveaux symboles d'un écosystème urbain, espace de bonheur et de tranquillité.

Situé à proximité du corridor écologique de Miribel-Jonage, le long du Rhône, le site du projet en recueille des résonances naturelles. Sa transformation est pensée afin d'éveiller la conscience écologique des étudiants et de leur donner le goût du vivre ensemble. Sur le campus, la place du bitume est prise de nouveau par la nature ; des potagers urbains, comme subsistance locale, ont poussé là.

Habiter ici est un choix éveillé par une envie véritable, une curiosité ou une conviction. Il traduit une volonté d'engagement pour un avenir solidaire. Jussieu possède un caractère fort que ses habitants s'engagent à porter et à enrichir. Des petites habitudes du quotidien, éco-conscientes, naissent à travers l'aménagement du site, sa spatialité et son architecture. Tout cet ensemble fonctionne comme un modèle qu'il s'agit, dans l'optimisme d'un futur proche et durable, de diffuser à l'ensemble d'une société et à travers la ville.

03(@F.Declaveillere-Y.Hunsinger-M-.dAlessio).jpgCatégorie Architecture, formes, transformations

Enseignants responsables : François Tran et Vincent Veschambre

Lauréates : 'Entre strates et contrastes' / Claire-Sophie Bintein, Tiphaine Poncet
Nous désirions pour le couvent de la Visitation une programmation à la fois respectueuse de l'histoire, de l'identité du lieu et en même temps résolument tournée vers l'avenir. 

Notre programme, un Centre de conservation et d'études du mobilier archéologique, en lien direct avec le musée gallo-romain tout proche, viendrait accueillir ses réserves et leur étude dans des espaces adéquats. Si nous souhaitions créer davantage de visibilité dans le tissu urbain existant, il nous paraissait essentiel de préserver sa situation de retrait et de lui redonner sa préséance d'origine par le biais de nos traitements paysagers.

Ainsi, dans les jardins travaillés en gradation, le visiteur acquiert une perception par appréhensions successives et séquencées du couvent. Au sein de celui-ci, le statut du visiteur s'inverse, avec un circuit parallèle à celui du mobilier, sans entrave au bon fonctionnement du centre. Cette déambulation revêt la forme d'un parcours initiatique, suivant les différentes étapes des fouilles archéologiques. Nos interventions sont au service d'une mise à distance du visiteur dans l'approche au lieu : tantôt par une position de retrait, tantôt de surplomb ; elles tirent partie du dispositif spatial imaginé par Pierre Bossan.

04(@C-S.Bintein-T.Poncet).jpgCatégorie Architecture, villes, périphéries

Enseignants responsables : Joan Casanelles et Ludovic Ghirardi

Lauréate : 'Cultiver l'ambiguïté' / Margaux Agnès
Le projet s'inscrit dans le territoire en reconversion que constitue la Vallée de la chimie à Lyon. Le projet urbain se positionne à une échéance lointaine (plus de 60 ans). Il définit les règles et les invariants du projet architectural dont un socle public en partie basse et des logements en partie haute. Le programme retenu est un centre de danse.

A partir de ces principes, la première action fut de réinterroger la notion de socle en l'altérant. Le travail en volumétrie a permis de distinguer deux niveaux de référence : le niveau haut interagit avec le niveau de la rue tandis que le niveau bas est dédié au centre de danse. Des espaces majeurs tels que la salle de représentation et le grand studio de danse sont répartis de part et d'autre. Les logements restent dans ce registre de massivité par une composition par le vide. Les espaces de distribution desservent des vides, larges espaces extérieurs de transition, avant d'atteindre les pleins, soit l'espace du logement.

05(@M.Agnes)_B.jpgCatégorie Architecture et matérialité

Enseignants responsables : David Marcillon et Antonella Mastrorilli

Lauréat : 'T-re-cO Terre Résiliente Coopérative' / Sébastien Chalot
Le projet T-re-cO explore une nouvelle manière d'habiter autour d'usages alternatifs et coopératifs. 

Un plateau maraîcher enclavé existe entre Caluire-et-Cuire et Rillieux-la-Pape. Ce territoire est une opportunité pour un aménagement et fait sens, face aux bouleversements à venir quant à la disparition des énergies fossiles. L'approche urbaine propose une mutation progressive du site en préservant la ressource terre agricole et en freinant le mitage urbain.

L'idée d'habiter, travailler, partager et vivre avec les maraîchers prend ainsi forme dans ce parc nourricier. Un hameau dense est organisé autour de quatre fermes et des locaux partagés, installés dans un socle commun et supports à des jardins familiaux sur lequel les habitats viennent se greffer. Habillé de tôle, de bois brut et de végétation, ce projet est à la recherche d'une certaine aménité par la diversité de la matérialité que le temps éprouvera. Avec un retour des circuits alimentaires courts, genèse préalable à la transition énergétique, T-re-cO se revendique ainsi comme la vitrine d'une résilience urbaine possible.

06(@S.Chalot)_S.jpgCatégorie Stratégies et pratiques architecturales avancées

Enseignants responsables : Christophe Widerski et Hervé Lequay

Lauréat : 'Habiter la grande dimension' / Nicolas Pellicier
Les hameaux du bassin genevois, historiquement basés sur l'économie agricole, se sont développés très vite ces dernières années car ils sont des lieux de croisement des enjeux métropolitains. 

Ils ont vu leurs populations se transformer : transfrontaliers, agriculteurs et travailleurs de l'UNESCO habitent côte-à-côte, sans pour autant partager un espace du 'vivre ensemble'. La pénurie du foncier autour des espaces urbains a produit un report de pression sur les territoires ruraux. L'urbanisme diffus s'amplifie dans les régions métropolitaines et cannibalise le territoire.

Nous avons proposé un projet alternatif pour la métropole genevoise : un réseau d'archipels formés par les villages entourant l'agglomération. Il définit des limites à l'urbanisation outrancière de ces territoires faiblement réglementés et propose de nouvelles formes de développement. Mon intervention à l'échelle du village vient se positionner sur une parcelle en bordure d'une gravière en friche. Celle-ci est renaturée et remise en lien avec le village. Le bâtiment créé s'inspire, par sa taille et sa matérialité, des hangars agricoles. Par sa grande dimension et son ancrage local, il vient réaffirmer la nécessité du vivre ensemble.

Cette architecture passe par un attachement à un certain art de vivre et à la création d'un espace commun qui fait le paysage. C'est un dispositif architectural différent de la logique de production de l'urbanisme diffus actuel. Il prend en compte l'utilisation des ressources du paysage (matériaux locaux, hydrologie, vent...). Sa logique de consommation du sol devient une alternative au déclassement des terres agricoles.

07(@N.Pellicier)_B.jpgPour voir les projets lauréats en détail : http://pfe.lyon.archi.fr/2012:laureats

* Le jury était composé de : Benoît Bardet, responsable communication et concertation de Lyon Confluence / François Bregnac, directeur adjoint de l'Agence d'urbanisme pour le développement de l'agglomération lyonnaise / Fabien Brisson, architecte / François Chaslin, critique d'architecture / Emmanuelle Colboc, architecte / Emmanuel Combarel, architecte / David Cortier, responsable communication de la SERL / Valérie Disdier, directrice de la Maison de l'architecture Rhône-Alpes - Archipel CDCU / Pierre Franceschini, architecte des bâtiments de France / Frédérique Martinent, directrice de l'aménagement urbain de la Ville de Lyon, présidente du jury.

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