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Venezuela | A Caracas, El Libertador et El Comandante Supremo, chacun chez soi, à demeure (22-05-2013)

Simón Bolívar, artisan de l’indépendance du continent latino-américain, est célébré en son pays. Pour ce faire, un mausolée monumental conçu à Caracas par Lucas Pou, architecte, abrite la dépouille du Libérateur. Un article non signé du quotidien vénézuélien Noticia al dia, publié le 16 mai 2013, deux jours après l’inauguration de l’édifice, propose une visite guidée.  

Culture | Caracas | Lucas Pou

Contexte
«Aujourd’hui, nous commémorons les 200 ans du début de la 'Campagne admirable' de la libération de l’ouest du Venezuela face à l’empire espagnol, dirigée avec succès par le Libérateur Simón Bolívar. Quelle meilleure opportunité que cette nuit à Caracas, aujourd’hui 14 mai, pour célébrer cet événement avec la mission que nous a confié le créateur de cette oeuvre, le 'comandante supremo' Hugo Chávez», a déclaré Nicolás Maduro, président récemment élu à la tête du pays.
Dans un long discours, l’homme d’Etat a affirmé qu’il était «impossible de comprendre la structure de la pensée politique d’Hugo Chávez du projet du socialisme du XXIe siècle sans comprendre l’esprit de la pensée de Simón Bolívar».
Pour ce faire, l’ancien président avait exigé en 2010 la réalisation d’un mausolée à la mémoire du Libérateur. Outre les seize mois de retard sur le calendrier prévisionnel, le budget serait passé de 55 à 108 millions d’euros, suscitant ici et là quelques polémiques sur l’ambition présidentielle.
Le décès du Comandante le 5 mars 2013 a posé la question du lieu de sa sépulture. Un temps, il était question de répondre à l’une de ses dernières volontés : le repos éternel au côté de Simón Bolívar.
Ce souhait a éveillé les critiques et ce, jusqu’en Espagne, où Lluís Bassets, directeur adjoint d'El Pais, dès le 9 mars, prend la plume : «C’est l’un des grands paradoxes de la gauche autoritaire. Elle combat la religion et la théocratie mais finit par se convertir en un culte religieux et théocratique. Les antécédents cités par Nicolás Maduro le confirme : Lénine, Mao, Ho Chi Minh... Il a seulement oublié Kim Il-Sung. La surprise vient du fait que ce soit une gauche qui se dit du XXIe siècle qui opte pour cette religion du peuple dans laquelle le leader charismatique est offert embaumé pour toute l’éternité aux oraisons des fidèles».
In fine, Hugo Chávez repose dans un des quartiers les plus pauvres de Caracas, au Cuartel de la Montaña, académie militaire érigée au début du XXe siècle au sommet d’une colline depuis envahie de bidonvilles.
Tout un symbole.
JPhH

LE PEUPLE COMMENCE A VISITER LE MAUSOLEE DU LIBERATEUR SIMON BOLIVAR
Noticia al dia

CARACAS - Un homme entre. Il chemine jusqu’aux escaliers pour arriver à l’espace où se situe le sarcophage du Libérateur Simón Bolívar à côté duquel veillent quatre hussards de la Garde d’Honneur.

Son nom est Jesús María Pavón. Comme beaucoup de Caracaciens venus hier voir le mausolée récemment inauguré conçu par l’architecte Lucas Pou, il considère qu’il s’agit là d’un honneur que mérite le Père de la Patrie.

Il précise qu’il a dit à sa fille qu’il devait faire preuve de diligence afin de connaître cet espace dont il ne pouvait remettre la visite à plus tard. «C’est très beau. On ressent une vibration et quand on est humble de coeur, comme l’étaient Bolívar et Chávez, tu sens quelque chose en toi qui t’émeut. Ceci m’est arrivé quand je suis entré voir le Comandante dans le Cuartel de la Montaña. C’est pour cela que je suis venu deux fois et qu’ils m’ont demandé d’attendre. C’est ce que chacun devrait faire car il a été notre Libérateur et chacun devrait se recueillir comme il le fait devant Dieu et la Vierge», affirme Jesús María Pavón.

Un parcours de héros

Onze guides sont chargés d’accompagner le public et de lui expliquer l’histoire cachée dans chaque coin de ce lieu magique.

Avant de franchir l’enceinte, le visiteur est conduit à travers le Panteón Nacional, où il peut contempler les statues de hauts personnages avant d’arriver sur le site où était le Monument au Libérateur conçu par Pietro Tenerani en 1852. Dorénavant, sur le sol, une plaque signale que les restes du «grand héros de la liberté et de l’unité de Notre Amérique» ont reposé ici, de 1876 à 2011.

Enfants, jeunes et adultes ne peuvent dissimuler leur étonnement au moment de voir, depuis le porche, le tunnel aux murs de verre que l’on doit traverser pour entrer dans l’enceinte.

Selon Nerly Azuaje, l’une des guides, l’arc à l’entrée du tunnel provient de l’église Santísima Trinidad. Il a été découvert lors du chantier du Mausolée. «A côté du tunnel, il y a la cour des grenadiers. L’anecdote veut qu’un enfant ait pris des grenades de la maison de Bolívar et les ait déposées ici», explique-t-elle.

Après le tunnel, le public entre dans un espace dont la structure qui culmine à 50 mètres de haut embrasse près de 2.000m². Le tout est fait de céramique blanche et de granit.

03(@PrensaPresidencial).jpgRoberto Galindo, un autre guide, indique qu’il s’agit de céramique provenant de Suède et d’Espagne et que le granit est lui originaire d’Afrique du Sud. «Derrière le sarcophage, il y a le Monument au Libérateur, réalisé par Tenerani qui, de la Cathédrale de Caracas, a été déplacé au Panteón Nacional puis au mausolée. Le projet de construction est celui du bureau présidentiel des plans et projets spéciaux. La structure a une forme de voile de bateau car, au temps de Bolívar, le transport était maritime et ses restes ont été transférés depuis Santa Marta jusqu’à Caracas en bateau. A côté, s’élance les six drapeaux des pays bolivariens : Venezuela, Colombie, Equateur, Pérou, Bolivie et Panama», précise Roberto Galindo.

Une conception imposante

Quelques jeunes observent les détails et parlent entre eux. Harold Cabrera, 10 ans, assure que «le lieu change beaucoup. Je suis venu une autre fois, mais j’étais trop petit. Ce qui me plait le plus sont les drapeaux».

Depuis la rue, d’aucuns peuvent voir que les côtés de la structure sont faits d’acier qui lui donne un aspect oxydé. En haut, un espace laisse entrer la lumière naturelle pour illuminer le sarcophage. Une flamme éternelle brûle aussi toute la journée. La nuit, quelques lumières projettent aux murs les couleurs du drapeau à l’intérieur du mausolée.

La relève de la garde a lieu chaque heure. Le sarcophage est d’acajou venu de l’état de Portuguesa avec des inscriptions en or sur chaque côté présentant les initiales du nom et du prénom du Libérateur. Quarante-sept pointes de lance représentent chaque année de sa vie. A l’intérieur, un réceptacle plus petit, fait de métal, scellé par huit clous en or, accueille les restes de l’éminent personnage.

L’architecte Doménico Silvestro, Prix National d’Architecture, a réalisé la sculpture 'La rose rouge de Paita', située dans la partie nord du mausolée, en hommage à Manuela Sáenz.

02(@PrensaPresidencial).jpgLe peuple proche de son Libérateur

Du mausolée entrent et sortent des groupes de civils et de militaires venus pour la visite. Pour José Obregón, de San Bernardino, cette oeuvre est un hommage pour le Père de la Patrie. «Quand je suis entré, j’ai senti une spiritualité incroyable, mes yeux n’en revenaient pas».

Le public peut visiter cette nouvelle oeuvre du mardi au dimanche, entre 9h00 et 16h30. Il est interdit de crier, de manger ou de boire dans les installations et, à la différence de l’enceinte précédente, il est possible de prendre des photos avec flash.

Nerly Azuaje a précisé que le lieu avait une capacité de 1.500 personnes. «Le Président Chávez voulait avec cette oeuvre exalter le Libérateur et quand nous la voyons, nous avons l’impression que Bolívar est encore le commandant de son bataillon car ici, dans le Panthéon, sont tous les grands hommes et lui, commandant en son mausolée», a-t-elle souligné.

Noticia al dia | Venezuela
16-05-2013
Adapté par : Jean-Philippe Hugron

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