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Brésil | A São Paulo, l'art du béton selon Brasil Arquitetura (05-06-2013)

Les maîtres brésiliens ont fait un usage démonstratif du béton. Parmi eux, Oscar Niemeyer, Lina Bo Bardi ou encore Paulo Mendes da Rocha. A cette liste s'ajoute une jeune agence, Brasil Arquitetura, qui a livré fin 2012, à São Paulo, la Place des Arts. Forme, matière, civisme et urbanité caractérisent le projet. Présentation d'Adilson Melendez pour le site brésilien arcoweb.

Culture | Bâtiments Publics | | Brasil Arquitetura

UNE PLACE, UN REFUGE AU COEUR DE SAO PAULO
Adilson Melendez | arcoweb

SAO PAULO - Inauguré officiellement début décembre, la Place des Arts est au coeur de la capitale pauliste. Ses auteurs sont deux mineiros (Francisco Fanucci et Marcelo Ferraz de l'agence Brasil Arquitetura) et un pauliste (Marcos Cartum, adjoint à la culture).

Béton et verre - surtout béton - donnent forme à l'architecture de l'ensemble selon une composition où les espaces non construits ont une signification aussi importante que celle des espaces construits. Fin novembre, les architectes Francisco Fanucci et Marcelo Ferraz de l'agence Brasil Arquitetura et Marcos Cartum, adjoint à la culture, ont passé une matinée atypique.

Responsable du projet architectural de la Place des Arts, complexe éducatif et culturel récemment inauguré dans la région centrale de São Paulo, le trio était à l'avant-première de la sixième édition (la seconde au Brésil) du forum Colored Concrete Works, une initiative encouragée par une entreprise de pigments inorganiques.

Il est peu probable que des événements à caractère technique fassent partie du quotidien de la plus récente place pauliste qui, comme son nom l'indique, est plus à même de recevoir des manifestations artistiques. Ici sont regroupés le Théâtre Municipal, une école de musique, une école de danse, un centre de documentation et un parking. Pour l'heure, le forum est amplement justifié puisque le projet est un cas spécifique, à grande échelle, de béton pigmenté.

02(@gaf.arq).jpgLa gestation de la place - qui est bien partie pour rejoindre la listes des icônes de l'architecture pauliste - remonte au début de l'année 2005, quand la mairie cherchait enfin à répondre aux besoins d'espaces de répétition à proximité des planches du théâtre centenaire.

Il est désormais faux de considérer la place comme une annexe du bâtiment conçu par Ramos de Azevedo puisque aucun lien physique n'est assuré entre les deux. Avant de consolider l'école de la rue Conselheiro Crispiniano, qui est maintenant la propriété de la mairie, cette proposition n'était que l'une des hypothèses envisagées.

A côté du théâtre, le terrain qui était alors utilisé comme lieu de transbordement des ordures, a eu comme occupant, jusqu'au début des années 70, l'armée brésilienne dans un bâtiment détruit avant que la mairie n'achète le site. Selon Carlos Augusto Calil, l'adjoint à la culture de la mandature 2009-2012, l'armée avait refusé de céder le terrain et l'immeuble, préférant ainsi le détruire.

La démolition a laissé une dent creuse, un espace resté vide pendant plus de 30 ans avant que la Place des Arts ne s'intègre dans cette fissure urbaine et ne propose une solution architecturale attractive, présentant une intervention urbaine ingénieuse.

Même en étant une annexe de la Mairie, la Place des Arts a su développer son autonomie à partir de son architecture et surtout grâce au traitement que les auteurs lui ont donné en concevant un espace public qualifié et, espérons-le, irradiant. Comme l'explique Marcos Cartum, le complexe s'exprime autant par les volumes que par les vides et les passages. Ainsi, programme et fonctions ont été mis au service d'une intervention plus ambitieuse qui peut signifier les retrouvailles du citadin avec le centre-ville originel.

03(@gaf.arq)_B.jpgDans la partie construite, l'ensemble est constitué par trois modules principaux : l'édifice destiné aux corps artistiques, le stationnement et l'immeuble accueillant l'école de danse et de musique ainsi que le centre documentaire. Les deux derniers fonctionnent depuis décembre et le premier doit être livré d'ici la fin 2013.

La partie scolaire (musique, danse, restaurant et espace de convivialité), caractérisé à l'extérieur par une façade en béton de ton ocre, se mêle à l'édifice restauré du Conservatoire d'Art Dramatique (fondé au début du siècle dernier) qui abrite aujourd'hui expositions et événements.

Sur l'un des côtés de l'édifice restauré, s'élève le centre de recherches et de documentation, rectangulaire et tout de béton, mais gris cette fois-ci.

04(@BrasilArquitetura)_S.jpgA l'opposé, se trouve un volume plus bas dont l'accès forme une immense bouche qui conduit à la place / galerie reliant ainsi la rue Conselheiro Crispiniano à Formosa / Anhangabaú. Cette liaison n'est pas encore achevée. [...]

Sur le côté gauche de l'accès à Conselheiro Crispiniano, un bloc rectangulaire allongé réunit dans les étages supérieurs les salles de répétition de l'école de musique. Sa partie inférieure forme une marquise couvrant les espaces de stationnement.

A l'opposé, l'accès Formosa / Anhangabaú se colle à l'édifice CBO Esplanada (un projet de Lucjan Korngold). C'est ici que se trouve l'édifice occupé par les différents corps artistiques. La volumétrie se compose en volumes de deux rectangles superposés de dimensions différentes avec des ouvertures aléatoires que Marcelo Ferraz, avec humour, dit avoir percé en s'inspirant des partitions du compositeur nord-américain John Cage.

Dans cet édifice sont réunies des salles de répétition qui cherchent à reproduire, à échelle moindre, toutes les conditions techniques ainsi que l'environnement du Théâtre Municipal. Les conditions acoustiques sont exceptionnelles : lors de la construction, des amortisseurs ont été mis en oeuvre pour absorber bruits et vibrations qui pourraient avoir des conséquences sur les répétitions.

Dans la partie faisant face à la rue Formosa, les auteurs ont choisi de préserver la façade de l'ancien cinéma Cairo, bien qu'elle ne soit pas renversante.

L'agence Brasil Arquitetura explique que l'ensemble se développe dans trois directions (Anhangabaú, avenue São João et rue Conselheiro Crispiniano) et le compare à une pieuvre qui déploie ses tentacules pour occuper l'espace.

05(@BrasilArquitetura)_B.jpgAinsi soit-il, il s'agit d'un animal en formation dont deux des membres sont déjà consolidés et l'un reste en constitution : le projet prend en compte son extension. Le nouveau bloc, en plus d'augmenter les surfaces dédiées à l'école, comprendra un auditorium et une discothèque.

Adilson Melendez | arcoweb | Brésil
01-01-2013
Adapté par : Jean-Philippe Hugron

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