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Brève | Workshop Cap-Vert : 4 prototypes grandeur nature pour un tourisme durable (19-07-2013)

Pendant une semaine, du 3 au 7 juin 2013, le parvis de l’INSA de Strasbourg s’est transformé en chantier de construction : les étudiants de cinquième année en architecture ont réalisé les prototypes à l’échelle 1 des projets qu’ils ont conçus pour des logements autonomes d’éco-tourisme au Cap-Vert. Ils sont visibles jusqu’à l’automne. Communiqué.

INSA Strasbourg | France

En cette belle journée presque estivale, les 50 étudiants en cinquième année d’architecture, munis de leur casque de chantier, mettent la dernière main aux quatre constructions qu’ils ont édifiées sur l’ancien parking, devant leur école.

En bois, pierre, pisé (terre crue) ou gabions (pierres maintenues par un grillage métallique), chacun explore des techniques de construction différentes. Ce workshop en plein air et grandeur nature donne une réalité aux projets architecturaux qu’ils ont conçus et sur lesquels ils travaillent depuis janvier.

Imaginer un éco-village touristique au Cap-Vert

Par l’intermédiaire du programme 'Entrepreneurs en Afrique'*, la famille Fofana, propriétaire d’un terrain sur l’île de Santo Antão, a confié la mission au département d’architecture de réfléchir à la construction de 25 modules d’hébergement touristique durable à Chã de Igreja.

L’idée est de créer un village écologique destiné à loger les nombreux marcheurs, dans le respect de l’environnement et des traditions locales. Très escarpée, connue pour être 'l’île des randonneurs', Santo Antão vit essentiellement des ressources de l’agriculture et de l’écotourisme.

«Dépourvue de plages, elle est préservée du tourisme balnéaire, ce qui offre la possibilité de développer des alternatives, en utilisant des techniques traditionnelles, artisanales et en gardant le lien avec l’agriculture», explique Julien Rouby, enseignant en architecture et responsable de la cinquième année.

De la conception à la mise en oeuvre

A partir de janvier, les étudiants ont conçu 47 propositions, en prenant en compte le contexte économique et environnemental local (le développement d’une filière bois par exemple), les ressources disponibles (la pierre, la terre...) et les objectifs de développement durable (efficacité énergétique, traitements des déchets, gestion de l’eau...).

Au terme de ces travaux de recherche, neuf esquisses ont été sélectionnées pour être approfondies et menées jusqu’à l’échelle du détail, objectif de l’atelier 'Architecture de détail' au second semestre. Enfin, quatre d’entre elles ont été retenues pour être réalisées à l’échelle 1, avec l’aide d’entreprises de BTP, partenaires pour la fourniture des matériaux et le montage des charpentes.

02(@INSA Strasbourg)_S.jpg«Nous vivons vraiment l’architecture»

Pour Julien Rouby, «le but est pédagogique, les étudiants ont tout réalisé de A à Z : étude, conception, mise en oeuvre». «Après l’apprentissage théorique, ils mettent la main à la pâte. Nous tenons à ce qu’ils expérimentent la réalité du chantier, la relation avec les bureaux d’étude, les ingénieurs. C’est fondamental», renchérit Franck Guéné, directeur du département d’architecture.

«Ça nous fait du bien de construire notre propre projet ! Cela nous oblige à réfléchir aux détails auxquels nous ne pensions pas, par exemple, le type de vis pour que ce soit solide ou le poids de la poutre portée par les ouvriers...», confie Mathilde, étudiante en cinquième année. «Nous vivons vraiment l’architecture», ajoute Loïc.

Une dizaine d’étudiants est même allée au Cap-Vert pour rencontrer la population locale, expérimenter les techniques de construction traditionnelles et confronter leurs idées à la réalité du terrain.

«C’est extrêmement difficile de concevoir un projet de développement durable sans aller sur place. Là-bas, tout prend une autre dimension. A travers nos études, nous sommes déjà sensibilisés à cette problématique, mais ce travail nous a clairement fait réaliser les difficultés. Quels matériaux sont disponibles sur place ? Je pense que nous avons beaucoup à apprendre des techniques traditionnelles», poursuit Mathilde.

Ces études, esquisses et prototypes sont autant de pistes et d’idées pour alimenter la réflexion de la famille Fofana. Les prototypes sont visibles jusqu’à l’automne sur le parvis de l’école, avant d’être démontés pour laisser place à l’aménagement de l’ancien parking dans le cadre de l’Opération Campus.

Stéphanie Robert

* Le programme 'Entrepreneurs en Afrique' met en relation des écoles d’ingénieurs françaises et des porteurs de projet africains dans une perspective de développement socio-économique de l’Afrique subsaharienne.

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