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Visite | A Cannes, prismatique et charismatique le hangar (04-09-2013)

Nom de code : H.16. «Un bâtiment efficace», «un ouvrage élégant»... Un hangar ! La structure est signée par l’agence niçoise Comte et Vollenweider Architectes. Livrée en mai 2013 sur le tarmac de l’aéroport Cannes-Mandelieu, elle offre sa superbe aux seuls jets privés. Ah, riche Côte d’Azur...

Architecture industrielle | Cannes | Comte & Vollenweider Architectes

Janvier 2012, Studio de la Victorine. Le cinéma ne fait pas les grandes heures de Nice et l’agence Comte et Vollenweider Architectes avait installé ses planches dans un studio inoccupé. Sur les murs, les plans de l’aéroport Cannes-Mandelieu. Le duo niçois peaufinait les détails d’une commande qu’il évoquait avec allégresse.

Depuis, les mois ont passé et l’adresse a changé. Avenue de France - Nice toujours - au 191, les nouveaux locaux sont bien plus centraux, bien plus lumineux. La Prom' est à deux pas. Nouveau cadre, même enthousiasme, sauf que les plans sont aujourd’hui réalité. Direction Cannes, son aéroport.

02(@LucBoegly)_S.jpgUn hangar, vous avez-dit un hangar ? Certes, un hangar pour jets privés. Au bas mot, 30 millions le zinc. Sur papier glacé, l’édifice étonnait. In situ, il surprend tout autant. En somme un garage des plus élégants.

Pour la maîtrise d’ouvrage, le projet semblait, au premier regard, «inaccessible». La séduction a toutefois opéré et les architectes se sont engagés à ne pas dépasser le prix fixé lors du concours tout en maintenant «le geste» promis. Une ardoise à 5,1 millions d’euros HT (y compris les aires aéronautiques associées).

«Nous avons même évité les ATEX», s’amuse Pierre-André Comte. Pour l’agence niçoise, ce premier hangar est un exercice de style mais aussi une démonstration. Deux autres constructions du même acabit doivent suivre sur le terrain.

03(@LucBoegly)_S.jpgSur place, face à quelques journalistes profitant du soleil azuréen, les architectes expliquent leur parti. A force de mots, d’aucuns comprennent que la marge de manoeuvre était mince.

«Au moment du concours, la structure en bois nous était imposée, notamment par la présence d’un appareil d’émissions radio dont nous ne devions pas troubler les ondes», précise Stéphane Vollenweider.

En terme de volume, le PLU dicte, impose, limite. Douze mètres de haut, ni plus, ni moins. Restent les questions techniques. «Nous voulions une réponse 'maquette' et non une réponse superstructure», poursuit l’architecte. En d’autres termes, éviter, à tout prix, la prouesse.

«Nous n’avons fait aucune croix de Saint-André. La charpente est réalisée en poutres lamellées collées, contreventées par une couverture en bois massif contrecollé. Cette nappe repose sur des poteaux en X formant ainsi un ensemble unitaire. La simplicité et les côtés plan du bois en contreventement magnifient les façades», notent les architectes.

04(@LucBoegly).jpgL’esthétique n’est donc pas sans importance. «L’idée de prismes est née de la déclinaison des poteaux en X», assure Stéphane Vollenweider. Toutefois, les premières esquisses, bien que travaillant déjà la transparence, ambitionnaient la mise en oeuvre de 3.600 'skydomes'. L’idée était alors de travailler l’épaisseur, «seule latitude possible».

La répétition d’un motif obsède. En lieu de dômes, voire même de figures en polycarbonate, des prismes de verre. «La transparence n’en est que plus forte. Qui plus est, nous avons travaillé sur un simple vitrage», indique Pierre-André Comte. Trois tonalités de verre - de la transparence à la translucidité - participent de l’animation, sinon de la «vibration», de l’ensemble.

En plus d’abriter quelques avions d’affaires, le H.16 propose des espaces de bureaux. «Nous avons regroupé ces derniers et avons dessiné la structure de manière à laisser la totalité du volume libre de tout obstacle». Depuis le tarmac, les portées sont imposantes. Dont acte.

05(@LucBoegly).jpgAux angles, les bureaux donc. Côté rue, façade en bois et percements aléatoires signalent leurs présences. Quelques courbes de béton adoucissent le caractère massif de la construction.

Pour les architectes, ces lignes constituent le «skyline» de l’édifice. L’horizon est certes plan, mais la silhouette galbée. Le trait n’est d’ailleurs pas sans rappeler le tennis club de Cannes livré, non loin du hangar, en 2009.

«Nous affirmons toujours que nous n’aimons pas nous enfermer. Mais... qui ne s’enferme pas un peu ?», sourient les deux architectes.

Jean-Philippe Hugron

Fiche technique

Maître d’ouvrage : SA Aéroport Nice-Côte-d’Azur
Site : aéroport de Cannes-Mandelieu
Livraison : (première phase) mai 2013, 2e tranche décembre 2014, 3e tranche 2015 (prévisionelles)
Durée du chantier : 12 mois
Equipe de maîtrise d’oeuvre : Pierre-André Comte, Stéphane Vollenweider, Régis Roudil, Marion Grégoire, Marrit Veenstra
Surface totale : 10.250m² SHON
Montant des travaux totaux (H15, H16, H17) : 15.000.000€ HT
Aires aéronautiques : 6.000m² - 821.000€ HT

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