Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil International

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Belgique | Le Théâtre de la Place devient le Théâtre de Liège (06-09-2013)

Depuis maintenant quelques années, Liège recompose les espaces urbains, repense les fonctions de la ville, améliore l'habitat, la mobilité, retisse et intensifie les relations avec les populations qui y vivent, travaillent et se divertissent. C'est dans ce cadre que les architectes belges Pierre Hebbelinck & Pierre de Wit ont procédé à la rénovation complète du bâtiment de la Société Libre d'Emulation, créée en 1779 et ayant pour vocation d'encourager les arts, les lettres et les sciences. Le 30 septembre 2013, le Théâtre de la Place, première scène de Wallonie, rebaptisé Théâtre de Liège, y installera ses quartiers. Communiqué.

| Atelier d'architecture Pierre Hebbelinck & Pierre de Wit

Fin septembre 2013, le Théâtre de la Place, à Liège, investira le bâtiment de la Société Libre de l'Emulation entièrement rénové et agrandi, situé place du 20-Août, au centre-ville de Liège. Ce chantier d'envergure s'inscrit dans une série de grands projets de rénovation d'outils culturels et économiques mis en oeuvre par la Ville et ses partenaires.

En 2002, l'idée est lancée que le Théâtre de la Place occupe les bâtiments de La Société libre d'Emulation. Cette société a été créée en 1779 avec la vocation d'encourager les Arts, les Lettres et les Sciences. Situés au coeur de la vie urbaine, face à l'Université de Liège, ses locaux sont ravagés par un incendie en 1914 et font place, en 1939, au bâtiment construit par Julien Koenig, aujourd’hui en partie classé.

Ce sont les architectes liégeois Pierre Hebbelinck et Pierre de Wit, à qui l’on doit, entre autres, le Musée des Arts contemporains du Grand-Hornu (MAC’s), le Théâtre du Manège à Mons ou encore la restauration de l’ancienne Halle aux Viandes à Liège, qui ont été désignés en qualité d'auteurs du projet et ont reçu une mission complète d'architecture, d'ingénierie, de scénographie et d'acoustique

02(@Francois Brix).jpgLe projet s'articule sur la réaffectation du bâtiment existant et sur l'extension des lieux, afin d'accueillir le Théâtre de la Place dans un cadre prestigieux et adapté. 

L'Emulation s'apprête à devenir un outil pluridisciplinaire au service de la création et de l'accueil de spectacles théâtraux, chorégraphiques et musicaux. 

Les lieux offriront une ampleur technique et un confort jusqu’aujourd’hui inexistants Place de l’Yser.

Le complexe comptera une grande salle (557 places) et une petite (145 places), un espace pour les arts visuels et une salle de répétitions. Au total, la surface atteindra les 7.800m². Les services techniques du théâtre (assemblage de décors, réserves, ateliers de couture...) seront intégrés au bâtiment. 

Le Théâtre de la Place, devenu en 2006 'Centre européen de création théâtrale et chorégraphique' sous la direction de Serge Rangoni, consolidera sa renommée et sa position de première scène de Wallonie.

Pour la Ville de Liège, la restauration en profondeur et l'agrandissement du site de l'Emulation s'inscrivent dans une double perspective : culturelle et urbanistique. Quand le Théâtre de la Place prendra possession de ses nouvelles salles et ateliers à l’Emulation, pour la rentrée 2013, c'est un acteur majeur de la vie culturelle liégeoise qui se verra lui aussi renforcé. 

Sur le plan urbanistique, cela entraînera une refonte complète des places Cockerill et du 20-Août avec le détournement d’une partie du trafic par le quai Roosevelt qui sera mis en double sens. Cela impliquera aussi la démolition de ses anciennes installations, place de l’Yser et donc sa réaffectation complète.

03(@Francois Brix)_B.jpgNote d’intention de Pierre Hebbelinck et Pierre de Wit, architectes

Bien connue des Liégeois qui l’ont fréquenté en grand nombre jadis, l’Emulation est un bâtiment de style néo-classique situé sur la place du 20-Août, au coeur de Liège. Elle fut construite de 1934 à 1939 par l’architecte Julien Koenig pour abriter les activités de la Société libre de l’Emulation, organisme culturel ancré dans la vie liégeoise depuis la fin du 18e siècle.

La façade à rue, la toiture, le promenoir et la salle de spectacles, ainsi que l’escalier d’accès au premier étage ont été classés comme monuments en 1998.

Le projet s’articule sur la réaffectation du bâtiment existant - dont la restauration des parties classées - et son extension afin qu’il puisse accueillir le Théâtre de Liège dans un cadre prestigieux et adapté. Il se base sur la conception d’un lieu évolutif et global. Le bâtiment est un outil pluridisciplinaire au service de la création, de l’accueil de spectacles et permet le regroupement des services techniques pour une meilleure rationalisation.

04(@Marie-Francoise Plissart)_B.jpgL’entrée du public se fait par la façade néoclassique derrière laquelle s’implantent l’accueil, la billetterie ainsi que le bar. Les spectateurs transitent vers le vestibule classé qui donne accès à la grande salle et à la salle d’expositions. La grande salle, dont la configuration des sièges n’était pas adaptée au théâtre, a été étudiée en tenant compte des nombreux paramètres régissant l’outil théâtral et ses exigences pointues et le respect de l’héritage patrimonial du lieu. Il en résulte la création d’un nouveau gradin libre dans la salle, s’appuyant à peine sur le sol et libérant les murs de toute accroche laissant ainsi aux limites de l’espace la définition de la mémoire.

Aux premier et deuxième étages, se trouvent l’espace pédagogique, les sanitaires, les salons - espace de rencontres et de restauration - ainsi que l’accès à la deuxième salle. Les derniers niveaux accueillent les services administratifs et une conciergerie.

Outre cette réaffectation, un ensemble de nouvelles constructions complète l’ensemble permettant ainsi une optimisation des espaces. Les nouvelles parties s’articulent entre la place du 20-Août et la rue des Carmes. Ces constructions accueillent d’une part les services techniques, les outils nécessaires à la création et à l’accueil des artistes. Sur la place du 20-Août, la mise en avant de la petite salle et sa mise en relation avec la ville révèle l’existence d’un théâtre de création contemporaine dans les lieux.

Un des plus grands défis architecturaux de ce projet fut de trouver les stratégies adéquates pour tendre à réaliser un bâtiment avec une forte valeur unitaire malgré qu’il soit formé de deux ensembles mais surtout qu’il ait des façades sur trois rues et une place.

05(@Francois Brix).jpgL’une de ces stratégies est la recherche d’une unité de matériaux. 

Le verre, le béton et le bois sont largement utilisés dans l’expression des nouvelles interventions, extraits de la matérialité du premier projet, accompagnant et valorisant le bâtiment existant. 

Ils contribuent à la transparence et la mise en lumière des lieux selon la philosophie de l’architecte Koenig.

Le travail en symbiose avec le plasticien Patrick Corillon s’est révélé une manière de rendre toute l’épaisseur de l’activité du lieu. 

Nous lui avons proposé un travail non seulement sur les accueils du public mais également pour tous les usagers (acteurs, régisseurs, administratifs...). Nous avons accompli un long travail de partage des objectifs architecturaux, proposant les interventions de Corillon comme autant d’ouvertures vers l’imaginaire qui sous-tend l’activité théâtrale dans toutes ses composantes.

06(@Francois Brix)_S.jpg

Réagir à l'article


Album-photos |L'année 2018 de 2/3/4/

La tour des Jardins de l’Arche est lauréate au BIM d’Argent 2018 dans la catégorie des projets supérieurs à 40 000 m² en neuf. 2/3/4/ urbanisme et paysage : lauréats de la mission de...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de Vous Etes Ici

2018 est une année constructive préparant 2019 : Les premières livraisons commencent. Les écoliers du groupe scolaire Renaudel à Montrouge ont fait leur rentrée 2018-2019 dans un nouveau cadre. La...[Lire la suite]


Album-photos |L'année 2018 d'AAVP

Entre transparence et opacité, ornement et austérité, entre la violence du quotidien et la résistance de certains, l’amour dans tout ça se fraye encore un chemin. Les projets de l’année 2018 ne...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de Bernard Desmoulin

Mes amis Pline, Cicéron, Tacite, César, Horace, Virgile, Aristote, Xénophon et Homère se joignent à moi pour souhaiter au Courrier de l’Architecte une digne année 2019. Bernard Desmoulin[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de TVAA

L’année 2018 de Thierry Van de Wyngaert Architectes Associés (TVAA) a commencée en fanfare par une exposition à la Galerie d’architecture et la publication d’une monographie dans la collection We...[Lire la suite]