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Chine | Pour Herzog et de Meuron, un logo en guise d'architecture ? (25-09-2013)

Bâle, Paris, Londres, San Francisco... Herzog et de Meuron de nouveau à Hong Kong. Nom de code : M+. Le musée de l’ensemble culturel de West Kowloon a été présenté au public le 29 juin 2013. Deux mois plus tard, le 3 août 2013, Lin Danyuan, dans le quotidien Ta Kung Pao, revient sur la controverse suscitée par l’architecture de la célèbre agence suisse et propose à l’un de ses associés, Ascan Mergenthaler, d’y répondre.

Culture | Bâtiments Publics | Hong Kong | Herzog & de Meuron

LE CONCEPTEUR DU CONCOURS M+ A WEST KOWLOON DISTRICT A HONG KONG : «LA SIMPLICITE EST UN POINT FORT»
Lin Danyuan | Ta Kung Pao

HONG KONG - Après la publication des résultats du concours pour la réalisation du musée M+ dans l’ensemble culturel de West Kowloon à Hong Kong, le projet lauréat a été jugé trop simple. Le bâtiment en forme de T inversé a été vivement critiqué, ridiculement comparé au symbole utilisé pour prévenir des cyclones tropicaux de force 3 à Hong Kong.

Ascan Mergenthaler, architecte et principal associé de l’agence Herzog et de Meuron, a déclaré que la simplicité de ce projet en fait sa force. Le design du M+ est conçu en harmonie avec l’environnement. Le public peut ainsi comprendre l’histoire de West Kowloon et observer les différentes oeuvres d’art. Le concept ici : «la précision».

02(@Herzog&deMeuron)_S.jpgL’agence bâloise Herzog et de Meuron a plus de trente ans d’expériences. Le public asiatique connait principalement le stade national de Beijing, surnommé le Nid d’Oiseau, le musée bâlois Schaulager ou encore la Tate Modern à Londres. Lors d’un entretien téléphonique, l’architecte associé Ascan Mergenthaler a expliqué que l’équipe du concours a réalisé un effort énorme quant à la recherche d’un concept. 

«Le complexe culturel de West Kowloon permet de reconstruire le paysage culturel de Hong Kong. L’impact sera fort et nous espérons y participer», assure Ascan Mergenthaler.

En deçà de la critique d’un concept jugé «trop simple», d’aucuns accusent le manque de fantaisie. Ascan Mergenthaler sourit. «Etre simple n'est pas facile. Les fondements doivent être rétablis. Etre en quête de précision et de simplicité est une force». Le but, pense-t-il, est de répondre au programme avec un projet précis. Tout autre mot ne l’intéresse pas.

La tolérance de l’art et de l’architecture

«Comme avec l’angoisse de la feuille blanche, nous étions désemparés au moment de faire le premier trait», assure Ascan Mergenthaler. En quête d’idées, la présence sur le site du tunnel de l’Airport Express a ouvert le champ. Depuis, le concept a évolué.

«Le tunnel fait office de premier contenu du M+. Nous ne le voyons pas comme un obstacle. Nous l’avons inclus dans notre concept. Art et architecture sont tolérants. Ils ne sont pas pour une 'élite'. N'importe qui peut y avoir accès et interagir avec».

«Nous avons conçu la base afin de renforcer les liens entres les différents éléments. Le dialogue entre la vie quotidienne et l’art y commence».

«L'architecture n'est pas seulement faite pour un petit groupe de personnes. Aucun être humain ne doit être soumis à l’architecture. Aussi, j’espère la concevoir la plus conviviale possible», a déclaré Ascan Mergenthaler.

03(@Herzog&deMeuron).jpgLe mystère du «T inversé»

M+ est constitué d’une partie horizontale incluant des salles d’exposition et d’une partie verticale. Son apparence est critiquée et apparait comme le symbole, magnifié, des cyclones de force 3 [utilisé par tous, comme un nuage pour les infos météo. NdR]. Ascan Mergenthaler assure qu’il y a, en fait, du mystère dans ce dessin.

«Si nous nous positionnons devant le musée M+, nous pouvons avoir l’impression que le bâtiment est comme suspendu. La salle d’exposition vitrée 'Found Space' au rez-de-chaussée porte le poids des salles horizontales au-dessus, toutes dédiées aux expositions temporaires. La partie verticale qui se mêle au skyline de Victoria Harbour est conçue dans un but pédagogique. Le public sera attiré par la vue splendide et la lumière naturelle», explique Ascan Mergenthaler.

Les Hongkongais acceptent la nouveauté

Ascan Mergenthaler a indiqué que les Hongkongais sont, par nature, curieux et prêts à accepter la nouveauté. «Je crois que le complexe de West Kowloon Cultural peut devenir un centre d’art asiatique. La Tate Modern, que nous avons également conçue, attire plus de 500 millions de visiteurs par an. West Kowloon a ce même potentiel», anticipe l’architecte.

A partir de septembre, Ascan Mergenthaler et son équipe vont s’atteler à la conception des détails.

04(@Herzog&deMeuron)_B.jpgObstacles et intégration du projet

L'architecture est un dialogue. Le bâtiment accueille, certes, son programme défini, mais aussi l’environnement, le contexte et même l’esprit d’équipe.

Les projets de Herzog et de Meuron à Hong Kong, de la restructuration de la station de police à Central au musée M+, rencontrent des limites culturelles et géographiques qui impliquent parfois la nécessité de repartir à zéro. Pourtant, l’agence a choisi d’inclure ces obstacles dans la conception de ses projets qui, de fait, dialoguent avec les paramètres locaux.

Le musée M+ est le deuxième projet de l’agence suisse Herzog et de Meuron à Hong Kong. Dans le premier projet, celui de la restructuration de la station de police à Central, des échafaudages en bambou ont été proposés dès le début. Toutefois, leur hauteur a été le sujet d’une importante controverse à l’époque. Le projet a donc dû être redessiné de pied en cap.

Ascan Mergenthaler, qui a participé à ce long processus, a indiqué que «les bâtiments étaient classés aux monuments historiques. Les contraintes pour la conception d’un nouveau projet ont été importantes. La voix du peuple a également eu son importance dans l’élaboration du dessin. Repartir de zéro vaut la peine s’il s’agit d’améliorer un projet. Qui plus est, le bâtiment original est d’excellente facture».

05(@Herzog&deMeuron).jpgCréation sans règle

Repartir de zéro, est-ce nier son propre style ? Ascan Mergenthaler affirme que lui et son équipe détestent le style. Ils pensent que le style limite la création. Ils travaillent sans règle en s’adaptant à chaque situation. «Nos bâtiments sont tous uniques. Ils peuvent être ronds, carrés, simples, complexes, de différentes couleurs. L’essentiel est de trouver une solution appropriée. Les fleuves serpentent, ils ne sont pas une manifestation unique mais l’essence de la nature».

Quant au M+, le tunnel de l’Airport Express était lors de la première visite présenté comme un obstacle. Ascan Mergenthaler assure de son côté que le dialogue avec l’environnement peut approfondir la compréhension de l’histoire. L’équipe a donc décidé de conserver le tunnel en développant l’idée d’une 'base'. «C’est comme fusionner l’art et la vie quotidienne des Hongkongais. Nous devons partir de la base».

Le tunnel est dès lors devenu le concept de la zone d’exposition souterraine dédiée à l’art contemporain, aux installations et aux performances.

«L'architecture est faite pour un petit groupe de personnes. Nous ne sommes pas soumis aux bâtiments. Ce ne sont pas les bâtiments qui nous observent. Aussi, je n’aime pas participer aux projets d’aménagement de Club house, mais préfère de loin les bâtiments publics», affirme Ascan Mergenthaler.

Lin Danyuan | Ta Kung Pao | Chine
03-08-2013
Adapté par: Mei Ying Law

Fiche technique

Localisation : au bord de Victoria Harbour, dans West Kowloon Cultural District de 14ha
Equipe : Herzog et de Meuron, Suisse + TFP Farrell, Hong Kong
Surface : environ 60.000m²
Coût : 4.9 milliards HKD (466 millions d’euros)
Livraison : 2017

Réactions

janalaia | consultant | France | 26-09-2013 à 16:21:00

je trouve ce projet somptueux dans sa simplicité et en ce qu'il se distingue justement de certaines élucubrations architecturales

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