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Grèce | Les versions excitantes de Point Supreme Architects (25-09-2013)

«La transformation de la réalité à partir d’interventions minimales est la philosophie sous-jacente à tous nos projets», soulignent Marianna Rentzou et Konstantinos Pantazis, cofondateurs de l’agence grecque Point Supreme Architects. Démonstration dans le numéro 52 de la revue SOUL magazine via un entretien accordé en février 2011 à l’architecte et journaliste Gina Sotiropoulou.  

| Point Supreme Architects

Contexte
Désormais installée à Athènes, l’agence Point Supreme Architects fut créée à Rotterdam en 2007 par Marianna Rentzou et Konstantinos Pantazis. Outre des travaux d’architecture, d’urbanisme, de paysage et de graphisme, ces deux architectes s’adonnent notamment à la prospective via des projets de recherche.
Leur site Internet apporte les précisions suivantes quant à leurs curriculum vitae respectifs :
Marianna Rentzou a étudié l’architecture à l’Université Technique d’Athènes (2002) puis réalisé un master en architecture à la Bartlett School of Architecture à Londres (2003-2004) suivi par des études à la Design Academy Eindhoven avec Droog Designers. Après avoir travaillé à Athènes, elle a collaboré chez MVRDV (2005-2006) et chez OMA-Rem Koolhaas à Rotterdam (2005 puis 2007-2008). Là-bas, elle a planché sur différents projets d’échelle conséquents au Moyen-Orient et fut chef de projet du Dubai Creek Theatre et du 'Dubai Next' à Bâle.
Konstantinos Pantazis a étudié l’architecture à l'Université Technique d’Athènes (2002) puis a réalisé un Master en Architecture au Berlage Institute de Rotterdam (2002-2005). Il a travaillé pour différentes agences à Athènes et à l’étranger dont : MVRDV (2007-2008), Altoon and Porter à Amsterdam (2006), 51N4E à Bruxelles (2005), Farjadi à London (2004), OΜΑ-Rem Koolhaas à Rotterdam (2003-2004), Yushi Uehara à Amsterdam (2003) et Jun Aoki à Tokyo (2002). Il enseigne actuellement à l’Université de Patras.
EB

POINT SUPREME ARCHITECTS - ATHENES DEPUIS LA MER
Gina Sotiropoulou | Soul magazine

ATHENES - Marianna Rentzou et Konstantinos Pantazis, associés et fondateurs de Point Supreme Architects, ont atteint des 'sommets' avec des propositions architecturales qui ont conquis les Norvégiens lors de l’Europan 2010. Leur objectif est notamment d’aider à conférer aux villes grecques leur propre identité.

Gina Sotiropoulou : Un fleuriste fantaisiste à Patras, l’impressionnant mur-sculpture en marbre dans une récente exposition de design, les touches de café à la Edouard Hopper à Kalavrita, la proposition 'picturale' pour la tour du Pirée mais aussi celle, plus surréaliste, pour des bureaux de Benetton à Téhéran sont quelques-uns des projets qui caractérisent Point Supreme. C'est-à-dire une étrange obsession pour le détail couplée à une inspiration issue d’autres formes d’art tels le graffiti, la bande dessinée et le collage. Comment caractériseriez-vous votre architecture ?

02(@PointSupremeArchitects)_S.jpgMarianna Rentzou et Konstantinos Pantazis : Nous ressentons l’architecture comme une version excitante du monde dans lequel nous vivons. 

Nous ne l’envisageons donc pas comme une science fermée et sévère mais plutôt comme un terrain de création ouvert où tout est source d’inspiration. 

Les résultats les plus étonnants sont obtenus lorsque vous combinez des éléments uniques en leur genre, comme dans un rêve. 

Quand vous parvenez à surmonter les préjugés et que vous permettez aux contraires de coexister alors il est possible de parvenir au 'sommet'. 

Telle est notre philosophie et le sens du nom de notre agence.

Vous avez obtenu le premier prix de l’Europan 10 à Trondheim, en Norvège, avec une série de propositions allant d’un cinéma drive-in jusqu’à des amphithéâtres de plein air, en passant par des piscines qui se transforment en patinoires l’hiver et des places enfoncées sous des voies ferrées. Allez-vous concevoir un tel master-plan pour Athènes et Thessalonique ?

Un nouveau plan directeur pour Athènes devrait surtout valoriser la topographie enterrée, ajouter de vastes espaces verts à la ville (pour que la nature devienne un repère urbain) et activer le littoral avec un programme de portée similaire.

C’est dans cette logique que nous avons conçu la série de propositions 'Athens by Hills', où tous les monts et autres espaces naturels d’Athènes acquièrent de nouvelles fonctions, telle Athens Heaven, une place-piscine et où le quartier de Kalithea se transforme en un immense parc qui unit l’Acropole à la mer, etc.

De la même manière, un plan directeur pour Thessalonique devrait exploiter avec plus d’audace son front de mer grâce à l'extension sur la mer de la ville et ses activités.

En tout cas, en plus de servir la fonctionnalité et de prévoir l’avenir, tout master-plan pour Athènes, Thessalonique et toute autre ville grecque devrait promouvoir l’identité de chaque ville comme s’il s’agissait d’un produit unique ('city branding').

03(@PointSupremeArchitects)_S.jpgVotre participation au concours de la place du théâtre (dans le quartier de Psyri, à Athènes, ndt.) avec un 'jardin secret', une image magique peuplée d’immenses palmiers, une oasis verdoyante en centre de la ville, fut considérée comme le clou du spectacle et fut récompensé. L’architecture peut-elle apporter des réponses aux problèmes sociaux des quartiers abandonnés au centre d’Athènes ou bien se complaît-elle dans des approches iconoclastes ?

L’architecture seule ne suffit pas à résoudre des problèmes sociaux. Elle peut, en revanche, influencer les comportements et les mentalités. Le centre abandonné d’Athènes a sans aucun doute besoin de l’aide de l’architecture afin d’encourager ses habitants à l’investir à nouveau. L’architecture a une force symbolique, elle peut signifier une politique, communiquer une ambition et fixer un objectif.

Vous avez impressionné avec la transformation inattendue de l’espace polyvalent Six D.O.G.S au centre d’Athènes en véritable jardin. Le bois se mêlant à la terre, la nature au bar, vous avez réussi une intervention bioclimatique légère à l’impact fort. Quelles ont été les réactions des gens ?

Les réactions furent émouvantes car les gens s'étonnaient de l’évidence, à savoir la présence d’un peu de nature au centre d’Athènes. Tel était l’enjeu et la réussite de ce projet : que notre intervention soit transparente, afin qu’in fine l’expérience du lieu soit identifiée à l’expérience de la nature.

04(@PointSupremeArchitects).jpgVotre book comprend, entre autres, des projets réalisés au sein des agences de MVRDV et Rem Koolhaas à Rotterdam. Qu’avez-vous retenu de votre apprentissage là-bas ?

Nous avons beaucoup appris de nos passages chez MVRDV, Koolhaas mais aussi Aoki à Tokyo, etc. L’un des points que nous avons retenu d’eux est la capacité à transformer les contraintes en avantages, le problème en atout. La transformation de la réalité à partir d’interventions minimales est également la philosophie sous-jacente à tous nos projets.

Les Hollandais ont affronté les difficultés de leur réalité avec une créativité évidente et ils ont transformé l’architecture en produit exportable. Nous avons aussi appris à montrer sans attendre et avec précision ce que nous pensions sans en rester aux mots.

Vous avez fondé Point Supreme à Rotterdam puis avez décidé de revenir à Athènes. Ne regrettez-vous pas de ne pas être resté là-bas ?

Non, nous ne regrettons pas d’être revenus en Grèce, même si nous n’avions pas prévu la crise ni son ampleur actuelle. Nous sommes revenus car nous estimons qu’ici il y a des lacunes et des problèmes fondamentaux et nous pensons pouvoir contribuer à leurs solutions.

Nous pensons que le rôle d’un architecte est essentiel dès lors qu’il intervient dans un contexte offrant des problèmes complexes à résoudre plutôt que dans un environnement où le niveau de vie est élevé.

05(@PointSupremeArchitects)_B.jpgY a-t-il un architecte du passé ou du présent que vous estimez en particulier ?

Du passé, nous retenons le Suisse Le Corbusier, le Brésilien Oscar Niemeyer, le Finlandais Alvar Aalto, l’Américain Eams et, du présent, le Hollandais Rem Koolhaas.

Pour qui souhaiteriez-vous concevoir quelque chose ?

Nous voudrions concevoir l’identité de chaque ville grecque. Nous croyons fermement au concept d’identité de ville. Voilà quelque chose qui manque ici. Aussi, nous voudrions concevoir un nouveau plan directeur pour Athènes ainsi qu'une nouvelle réglementation générale de la construction moins rigide.

Propos recueillis par Gina Sotiropoulou | Soul magazine | Grèce
01-02-2011
Adapté par : Emmanuelle Borne

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