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Présentation | Daniel Lischer, être son propre architecte suisse (02-10-2013)

Quatre maisons dans une pente. Une pierre vieille de millions d'années. Un architecte exigeant. Un investisseur rétif aux concessions. Combinés les uns aux autres, ces ingrédients ont abouti, via la grâce d'un savoir-faire, à une impeccable composition réalisée en 2012 à Lucerne, en Suisse, par Daniel Lischer, fondateur de Lischer Partner Architekten Planer.

Logement individuel | Suisse | Daniel Lischer

Le secret de sa recette ? «Je suis à la fois l'architecte et l'investisseur du projet», confie Daniel Lischer au Courrier de l'Architecte. «L'idée était de trouver un investisseur pour construire sur ce terrain mais ne l'ayant pas trouvé, nous sommes devenus investisseur par défaut», précise-t-il. Sans oublier que, in fine, Daniel Lischer habite l'une des maisons.

Architecte, investisseur et client, telle est l'équation de la qualité ?

«Je suis convaincu qu'il faut investir pour obtenir de la qualité». En clair, rechercher des postes d'économie n'était pas à l'ordre du jour. «Nous adoptons la même démarche sur d'autres projets ; nous parvenons toujours à convaincre nos clients de réaliser des produits bien pensés, c'est-à-dire d'investir en conséquence», précise-t-il.

En tout cas, les propos de l'architecte s'incarnent sans équivoque dans l'ensemble de quatre maisons individuelles réalisé à Lucerne en 2012, ensemble situé sur la rive droite de la ville.

02(@Lischer)_S.jpg«Dans ce quartier résidentiel, il y avait ce vaste jardin abandonné dont la pente offre une vue dégagée sur le lac et la ville. Dans cette zone protégée, à la fois inscrite au patrimoine national, cantonal et municipal, les restrictions sont importantes. Notamment, nous étions limités, en hauteur, à 3,60 mètres». D'où une volumétrie faisant écho à la pente du terrain.

«Oui, cette pente à 20% a représenté un véritable défi. Pour recevoir le permis de construire, nous avons dû présenter le projet pas moins de six fois auprès du conseil de la commune».

Daniel Lischer a l'habitude des allers-retours. «Notre méthode de travail repose sur une démarche dialectique», précise-t-il. Autrement dit, d'explorer toujours plusieurs possibilités avant de trancher.

De fait, l'idée «de grands blocs dans une pente cernée par un jardin soigné» apparue comme la meilleure solution. Une solution à la facture résolument contemporaine. Pourtant, le projet n'est pas composé de béton, qu'affectionne par ailleurs l'architecte, mais d'une pierre calcaire issue des montagnes du Jura, vieille... «de 150 millions d'années».

«Nous avions envisagé le béton mais, faute de pouvoir utiliser du béton précontraint, nous ne voulions pas prendre le risque qu'apparaisse la moindre fissure». Pourtant, mettre en oeuvre la vieille pierre, sous forme de strates, n'a pas dû être chose aisée. «Non, rien ne fut facile. En fait, le résultat semble simple mais la réalisation fut complexe : il y a de nombreux détails cachés», souligne Daniel Lischer.

04(@Lischer)_B.jpgLequel assure avoir tout réglé au millimètre près. «L'entrepreneur n'avait jamais vu une telle précision ; ce projet est une véritable carrosserie».

Sachant que Daniel Lischer, avant de devenir architecte, reçut une formation de charpentier, ce souci du détail n'étonne pas.

«La qualité des finitions est notre fierté». En France aussi si ce n'est que cette fierté est remise en question, à entendre les architectes, par des entreprises qui n'ont parfois plus le coeur à l'ouvrage. «Ici aussi il est difficile de trouver de bonnes entreprises», assure Daniel Lischer.

Ne reste qu'une solution : «trouver et travailler avec les meilleurs». Autrement dit, «cela coûte plus cher mais, à la fin, c'est bien plus rentable», assure l'architecte. En clair, la qualité est tributaire du client.

Pour peaufiner les angles, rien de tel qu'un architecte... et un architecte ?

Emmanuelle Borne

03(@Lischer)_S.jpgFiche technique

Architectes : Lischer Partner Architekten Planer
Lieu : Lucerne, Suisse
Equipe : Daniel Lischer, Dominik Bieri, Cédric von Däniken
Année de livraison : 2012

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