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Brève | Atelier 'Mer-port-ville : l'Estaque, un territoire habité' (08-11-2013)

Du 31 juin au 13 juillet 2013, le Collectif Etc a participé à l'organisation de l'atelier d'été 'Mer-port-ville : l'Estaque, un territoire habité' à Marseille. Cet atelier était un projet pédagogique porté par l’Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Marseille (ENSAM), associée à l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Marseille (ENSPV-M) et l'Institut d'Urbanisme et d'Aménagement Régional d'Aix-en-Provence (IUAR). Compte-rendu.

ENSA Marseille | Marseille | Collectif Etc.

L’Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Marseille (ENSAM), l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Marseille (ENSPV-M) et l'Institut d'Urbanisme et d'Aménagement Régional d'Aix-en-Provence (IUAR) avaient deux objectifs :

1. Tester des enseignements croisés en vue de la création future d’un Institut Méditerranéen de la Ville et des Territoires, implanté sur le territoire d’Aix-Marseille et regroupant en son sein les trois disciplines complémentaires liées à l’aménagement du territoire que sont l’urbanisme, le paysage et l’architecture.

2. Alimenter les nombreuses réflexions urbaines sur l’Estaque intéressant actuellement les pouvoirs publics, des professionnels de l’aménagement, des investisseurs, des promoteurs et enfin des associations et des habitants sur place. En effet, le départ du GPMM d’une partie du littoral et la dépollution de vastes sites industriels au nord offrent des intérêts urbains et économiques très importants.

Une pluri-disciplinarité au centre des enjeux

Placés en situation de projet, les trente étudiants, issus d'écoles d'architecture, de paysage ou d'urbanisme, dans une répartition numéraire égale, ont été répartis en groupes mélangeant les disciplines. Pour la première semaine, ils étaient trois équipes de 10 étudiants ; puis, 10 équipes de 3 lors de la seconde semaine.

L’objectif du mélange des disciplines réside dans l’apport et la complémentarité de chacun des profils dans l’appréhension d’un territoire. Afin de dégager les points de frottement entre chacune de ces disciplines, ils ont été observés tout au long de l’atelier par un groupe de doctorants.

02(@Collectif Etc)_B.jpgDe l’action localisée à la réflexion sur le territoire

L’atelier a été organisé en deux séquences distinctes :

La première semaine, les étudiants sont venus en résidence sur l’Estaque, avec le Collectif Etc, chargé de l’organisation de toute cette première semaine. En logeant dans le camping éphémère 'YesWeCamp', sur le quai de la Lave, les 30 architectes, paysagistes et urbanistes ont ainsi passé une semaine entière à vivre sur le quartier, pouvant ainsi pratiquer le territoire à pied.

L’objectif étant d’intervenir sur l’Estaque, il était important que les étudiants s’imprègnent des lieux, éprouvent par exemple son manque de transport en commun, son rapport à la mer singulier, sa topographie accidentée, son éloignement du centre ville de Marseille, son ambiance particulière, bien que YesWeCamp reste une enclave particulière dans le quartier.

De plus, même si le camping éphémère nous a semblé particulièrement intéressant sur de nombreux points, comme l’auto-construction du projet ou la question qu’il pose par sa présence ici, il nous paraissait souffrir d’un manque d’ancrage sur le territoire de l’Estaque, jusqu’à lui tourner réellement le dos. Un des objectifs des actions était donc de tisser des liens entre ces micro-architectures disséminées dans la ville et le camping du quai de la Lave. L’identification facile, par les estaquéens, des étudiants aux campeurs, a permis d’instaurer des dialogues à une échelle spatiale plus importante que le simple lieu d’intervention

03(@Collectif Etc)_B.jpgLe premier dimanche après-midi, une visite de l’Estaque a été organisée afin de présenter les sites d’interventions préalablement pressentis :

  • > Un escalier abandonné, sur la montée des usines, au passé industriel marquant ;
  • > Le parc Mallot, square abandonné en plein coeur du centre historique du noyau villageois ;
  • > Un délaissé au pied de la Cité Pasteur, symbole de l’éradication des bidonvilles de l’Estaque.

Ainsi, trois sites, géographiquement, historiquement et socialement distincts, pour trois équipes composées d’une dizaine d’étudiants et de deux membres du Collectif Etc.

Suite aux premiers échanges ayant eu lieu sur ces différents sites avec les habitants rencontrés sur place, des pistes d’intentions ont été dégagées, allant jusqu’à un changement de site pour le troisième lieu, l’intervention se déplaçant du délaissé de Pasteur à la montée de la gare de l’Estaque.

04(@Collectif Etc)_B.jpgDurant cette semaine, les temps de chantiers ont été accompagnés de temps d’échanges de deux ordres :

  • > Le premier consistait en des temps de présentation effectués dans l’Estaque par des acteurs locaux : une matinée avec Pascale Reynier, adjointe déléguée à la culture de la mairie des 15/16e ; une matinée avec Jean-Marie Sanchez, comédien et habitant de l’Estaque et Marie Seibel, responsable de la MMA Estaque Gare ;
  • > Les seconds temps d’échanges se sont déroulés en trois séquences, le soir de 19h00 à 20h30, sur le camping YesWeCamp. Ces tables rondes étaient ouvertes au public et avaient pour thématique générale 'Territoire habité : de l’action locale à des stratégies de territoire'. Ainsi, sur chacune des soirées, la thématique a été déclinée avec des intervenants invités différents.

Le dernier jour, une visite des différents sites a été proposée, chaque groupe expliquant aux autres étudiants, aux encadrants et aux passants leurs intentions sur chacun des sites, avec un temps d’échange sur chacune des interventions.

C’était l’occasion de relier les différents points d’intervention les uns avec les autres, ainsi que de mettre en avant leur rapport avec le quartier de l’Estaque, mais aussi avec le camping éphémère, les départs des balades commentées ayant lieu là-bas.

05(@Collectif Etc)_B.jpgC’était également l’occasion de faire la 'passation' des étudiants entre le Collectif Etc et les encadrants de la seconde semaine et notamment les masters invités à suivre et accompagner cette seconde séquence : Marc Barani, architecte, Guerric Péré, paysagiste et Francis Ampe, urbaniste.

Pour la seconde séquence de l’atelier, les étudiants sont allés, du 7 au 12 juillet 2013, à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille, à Luminy. Durant cette période, ils ont reconstitué des groupes de trois étudiants, toujours en mélangeant les disciplines d’origine. Ils ont ainsi mené une réflexion prospective à l’échelle du territoire, en réfléchissant à des orientations possibles pour le devenir de cette frange littorale.

Durant cette semaine, ils étaient accompagnés de duo enseignant-professionnel : pour l’architecture, Stéphane Hanrot et Marc Barani ; pour l’urbanisme, Michel Chiappero et Francis Ampe ; pour le paysage, René Girard et Guerric Péré.

Etaient en outre présents des enseignants invités de différentes universités : Serge Bethelot du Génie-Urbain-Paris-Est, Lisa Diedrich du TU-Malmö , Elio Trusilani de La Sapienza-Roma, Alex Oliveira et Marluce Venancio de l’Université UEMA São-Luis (Brésil) et Maísa Veloso de l’Université de Natal (Brésil).

Un des objectifs résidait dans l’expérimentation de différents outils de représentation du projet urbain. L’idée était ici de se servir d’une photo aérienne, imprimée sur une bâche de 10mx4m posée au sol, sur laquelle il est possible de marcher, donnant une représentation en vue d’avion.

06(@Collectif Etc)_S.jpgLes équipes ont réfléchi en petits groupes sur une thématique qu’ils avaient préalablement choisie et l’ont abordée sur un morceau de territoire. Mis bout à bout, le discours s’est construit en 'avançant' sur le territoire, en abordant différentes questions et négociant avec les divers groupes et opinions, afin d’arriver à structurer un discours global sur le territoire 'estaquéen'.

L’idée n’était pas d’avoir un master plan clair de ce que pourrait être l’Estaque dans les décennies futures, mais d’arriver à établir collectivement un discours urbain cohérent et négocier les pistes d’orientation à suivre.

La restitution de cette deuxième séquence s’est déroulée à nouveau sur le camping éphémère de l’Estaque et était ouverte au public. Quelques estaquéens - et notamment des représentants des comités d’intérêts de quartier - étaient présents lors des explications des étudiants amenant un débat basé sur des propositions stratégiques très diverses.

07(@Collectif Etc)_S.jpgLe lien entre la première semaine et cette seconde, de l’intervention locale à la réflexion sur le territoire, s’est notamment faire ressentir sur les tactiques mises en place par les étudiants. En effet, certains d’entre eux ont développé une méthode incrémentale de construction d’un projet, en partant de lieux très localisés pour aller petit à petit vers des postures à l’échelle du grand territoire.

Cet exercice a posé de nombreuses questions sur la démarche, le statut et les projets que peut avoir une personne ayant le pouvoir d’aménager le territoire : Pourquoi et jusqu’où a-t-elle ce pouvoir ? Sympathiser avec des habitants d’un quartier lui permet-elle d’imaginer des projets meilleurs ? Est-ce possible de raisonner à la fois sur des échelles de 50 ans et sur celles de quelques jours ? Qu’appelle-t on aménagement du territoire ?

Collectif Etc.

08(@Collectif Etc)_B.jpg

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