Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Projet | La réponse d'Atelier D à la demande de villas urbaines durables (28-10-2010)

Atelier D, dans le cadre d'un concours, a proposé le concept suivant : 80% de surface de parcelle occupée pour du logement, 80% de surface végétale pour des espaces d’agrément ; densité et faible hauteur. Ce programme mixte est composé de deux niveaux parsemés de patios verdoyants tandis que la toiture-terrasse est végétalisée et accessible au public.

Logement collectif | Hauts-de-Seine | Atelier D

Parti pris du programme

Le programme proposé puise son fondement dans la conviction que la ville est un palimpseste recueillant l’acte de bâtir comme une succession de traces, signes des modes de vie, des cultures, de l’histoire d’une communauté. Cette écriture, nous apprend à quel point il est difficile de répondre aux problématiques urbaines contemporaines de façon linéaire et récurrente. Chaque réponse apportée est étroitement liée au contexte urbain auquel elle s’adresse. Pourtant, il y a des actes qui se veulent récurrents et qui trouvent leur logique dans le potentiel dont regorgent la ville tels des lieux de non écriture.

Ce sont ces interstices qui constituent aujourd’hui des lieux auxquels il faudra conférer une signification et une fonction nouvelle, assurant tout à la fois : la pérennité de la ville ; la préservation de la mémoire et de l’identité ; le sens du collectif dans le respect de l’individuel ; la diversité culturelle, sociale et fonctionnelle. C’est en conjuguant densité et mixité, collectif et individuel, privé et public, vert et minéral que nous fabriquons de la ville. Cette conjugaison implique parfois d’aller au-delà des règles établies, jusqu’à transgresser un moment la façon de faire la ville pour mieux la réinventer, seule façon d’assurer sa pérennité.

Contexte et choix d’organisation spatiale

Nous avons recherché une réinterprétation de l’îlot au travers d’une diversité typologique avec ses multiples hybridations individuel/collectif dépassant l’alternative bloc collectif ou habitation individuelle en bande. A cela se conjugue une multiplicité fonctionnelle où logements côtoient aisément bureaux de standing ou activités de service. Nous proposons des solutions architecturales et spatiales diversifiées avec une implantation dans la ville qui uniformise le paysage urbain, répondant ainsi à la nécessité d’une croissance structurée et à des respirations possibles dans une cité qui se veut dense.

Le défi que le programme souhaite relever est de concilier le rêve de nombreuses personnes d’habiter une maison individuelle et celui de densifier la ville pour minimiser la diffusion et l’étalement, lequel, aujourd’hui, constitue un autre défi aussi important que celui de densifier la ville, puisqu’il devra répondre à une toute autre logique d’occupation du territoire.

02(@Atelier.D)_S.jpgNous avons volontairement opté pour une occupation du coeur d’îlot sur sa partie Nord, comme de sa périphérie. La partie Sud de l’îlot est préservée mais devient largement ouverte au public. Cette dernière se transforme en parc composé d’un parcours pour piétons et vélos, lequel est ponctué de bâti d’un niveau pouvant accueillir des activités à l’échelle du quartier.

Les échoppes restent ouvertes sur le parc et peuvent bénéficier d’une possibilité d’extension par greffe selon un cahier des charges à définir. Les sous-sols des échoppes peuvent également être investis de nouvelles fonctions telles qu'activité artisanale, salle d’exposition, etc.

Notre programme comprend tout à la fois :
>> logements : logement social et très social, logement intermédiaire et en accession aidée ;
>> logement libre ;
>> résidences étudiants ;
>> cabanes perchées sur terrasses végétalisées ;
>> bureaux et espaces dédiés aux activités artisanales ;
>> services, crèche ;
>> jardins suspendus ;
>> patios ;
>> cafés, bars et restaurants.

Le coeur d’îlot est à nouveau investi pour que chaque activité puisse prendre part à la réécriture de la ville dans un souci de mixité, de densité, de bien-être et d’urbanité tout simplement.

03(@Atelier.D)_S.jpgOptions pour l’aménagement durable

Il s’agit pour nous d’imaginer des formes d'organisations urbaines qui permettent d'améliorer le cadre de vie des citadins et d’optimiser les performances environnementales et climatiques d'un scénario d'aménagement urbain.

Espaces publics

Lieux de sociabilité ouverts à tous les usagers, les espaces publics sont également des espaces de respiration urbaine nécessaires à la densification des villes qu’impose une approche durable de l’aménagement du territoire. Les espaces publics sont un trait d’union entre le quartier et les usagers. Les ruelles, allées, places, terrasses, jardins suspendus sont autant de prétextes pour créer des rencontres et provoquer des brassages entre les différents usagers (habitants, salariés, étudiants, artistes). Ils seront animés à la fois par des usages quotidiens (promenades, repos, jeux...) et par des animations à caractère éphémère.

Cette recherche d’un développement durable se traduit également par :

  • > le recours à des essences végétales indigènes et robustes nécessitant peu d’entretien sur l’ensemble des terrasses végétalisées, la mise en oeuvre de sols perméables favorisant l'infiltration et le stockage des eaux de pluie récupérées pour l’arrosage et le nettoyage des espaces publics ;
  • > le confort d’usage comme règle de conception : écrans brise-vent, cimaises, marquises, végétalisation contribuent à réduire les effets perturbateur du vent ;
  • > la simplicité des aménagements pour permettre aux lieux de s’adapter facilement à l'évolution et à la diversité des usages. Dans cet esprit, les folies sont des espaces modulables en fonction des besoins des usagers des quartiers. Elles sont un trait d’union entre les quartiers, accueillant toutes sortes d’activités diurnes et nocturnes.

04(@Atelier.D)_S.jpgDes abris éphémères permettent également l’expression de toutes sortes d’activités et assurent une protection solaire non négligeable. Les espaces publics tels que le parcours bucolique sont éclairés par des arbres solaires. Une collecte souterraine automatisée peut être envisagée, des bouches d’aspiration sont prévues à cet effet. L’évacuation souterraine et pneumatique des ordures ménagères supprimera les nuisances olfactives, sonores et visuelles tout en réduisant les coûts d’exploitation, contribuant également à la réduction des rejets de CO2.

Le cadre bâti

La densité de l’ouvrage lui confère une compacité avec une enveloppe dont les déperditions sont minimisées également par un choix d’isolation performante. La mixité fonctionnelle sera un atout permettant le transfert de calories et frigories en fonction des besoins des usagers.

Les besoins en eau chaude seront assurés par des énergies renouvelables (panneaux solaires et éoliennes) assurant une grande partie des besoins en eau chaude, chauffage et éclairage. La création de patios assure la possibilité à tout moment d’avoir des appartements traversant bénéficiant d’une ventilation naturelle et double-flux. Les terrasses des immeubles (logements, bureaux, etc.) sont végétalisées et munies de systèmes pour la récupération de l’eau de pluie qui sera stockée et réutilisée pour l’arrosage des espaces verts, le nettoyage des espaces publics et des parties communes, l'alimentation des chasses d'eau.

Cette végétalisation et la superficie consacrée aux espaces verts favorisent l’infiltration et la régulation des eaux de pluie, contribuant à lutter contre les inondations tout en générant un micro climat avec une hygrométrie contribuant à la création d’espaces publics au confort d’été agréable.

Déclinaison d’une réflexion d’habitat et de densité autrement

Le site

Le site se trouve à cheval entre les terrains en gestion par l’EPA Seine Arche et le POIN de Nanterre. Le développement des terrasses de Nanterre comme continuation de l’axe de La Défense a laissé de coté ces dernières années les terrains qui se trouvent de l’autre côté des voies ferrées. Le site englobe ces voies ferrées et veut constituer le lien de deux réalités urbaines complètement différentes.

Le projet urbain de quartier et de site veulent donner une identité au nouveau territoire. Le côté des terrasses reste dans une vision de densité en hauteur, de recherche de l’ensoleillement par-dessus les bâtiments existants et de construction d'un front urbain selon les directives d’épanellage déjà existantes.

D’autre part, le coté nord du site, avec une configuration urbaine plus étalée, une densité moindre et le front sur les rues passantes, demande une adaptation variée des typologies et des hauteurs des bâtiments pour répondre au contexte.

Le programme

Création d’un îlot principalement de logements, mais avec un programme complexe de logements, bureaux, activités et commerces. Le tissage de ces activités veut créer le tissu urbain complexe de la ville et contribuer à la mixité de rôles tant convoitée par l’urbanisme durable. La création de logements innovants demandés par les éco-quartier est représentée par les logements groupés, qui offrent en eux-mêmes une nouvelle façon de comprendre l’habitat. Tous les logements (habitat traditionnel ou social) sont conçus pour être traversants, bien ensoleillés, avec des apports solaires passifs et une bonne isolation comme principe architectural.

05(@Atelier.D)_S.jpgL’ilot comprend les surfaces suivantes : logements (toutes typologies confondues), commerces, bureaux, locaux d’activités, jardins de plain-pied, jardins potagers en terrasse, espaces privatif ou collectif en terrasse jardinée.

Construire la densité autrement

La recherche tourne autour d’une volonté de densifier une parcelle tout en restant à une échelle de ville humaine. Trop souvent la densité s’exprime par des tours, qui ont en elles-mêmes quelques avantages mais, pour constituer la ville et le front urbain, il faut donner des lignes directrices, constituer des rues et des fronts bâtis. Construire un front urbain en R+3, dans une zone à prédominance de constructions basses, assurera la continuité dans le temps de l’évolution de ce tissu urbain.

Le projet crée, en extrudant le sol, un nouvel horizon qui permet aux constructions plus hautes, qui sont en relation avec l’épanellage existant (rues principales et secteur des terrasses), d'offrir l'impression d’être au dessus d’un parc et de vivre dans des immeubles moins hauts. Une sorte de nivellement du terrain par le haut. Certains architectes appellent cette architecture une architecture de nappe.

Dans la création de cette hauteur uniforme, la création d’un nouveau 'terrain' au-dessus de nos têtes, avec un nouvel horizon, permet à moyen et long termes de recréer des constructions légères, tel des cabanes perchées ou des petites boîtes, pour re-densifier et évoluer avec la demande de logement ou d’activités dans le secteur. Une proposition qui vise une évolutivité dans le temps, avec un maximum de surface végétale et des jardins pour tous les habitants. La recherche des avantages du logement individuel dans un collectif dense.

Cette 'dalle' truffé de patios et constituée d’habitats et de locaux (commerce de proximité et d’activités) assure la ventilation naturelle, l’ensoleillement et le confort des habitants. Chaque patio est comme une bouffée d’air frais et de lumière. Chaque logement aura une double orientation, ce qui lui permettra de participer visuellement à deux patios et de communiquer ainsi plus globalement avec son entourage. Mixité sociale, générationnelle, d’activités et typologies différentes de logements permettront de faire de cette 'dense-cité' une nouvelle proposition de ville compacte, tout en assurant les besoins individuels de chacun. Les patios se déploient comme des puits dans cette grande masse mais assurent la conception bioclimatique de l’ensemble, tout en conservant la notion de densité dans la parcelle.

Le front bâti des rues les plus passantes et des voies ferrées est par des activités et des bureaux dans les premiers étages. Les logements viendront compléter le gabarit urbain existant et disposeront d'une vue sur ce nouveau jardin perché. Le sol redevient parc et les habitants redécouvrent l’horizon proche.

Le nouveau sol constitue un nouvel horizon des bâtiments en hauteur. Le parc collectif, en toiture terrasse jardinée, avec des jardins potagers et des terrasses d’agrément pour les habitants, constitue une nouvelle forme d’habitat avec jardin dans des logements collectifs.

Le concept de terrasse jardinée, donne l’impression d’être dans une ville troglodyte. Une casbah moderne, qui protège ses espaces collectifs mais non publics et assure l’intimité, la ventilation naturelle, l’ensoleillement et la compacité constructive pour ses habitants.

Atelier D (Ilhem Belhatem, Mattias Piani et Vanessa Grob)
Edité par

Christophe Leray

Fiche technique

Type de projet : Logements Collectifs Dense
Lieu: Quartier Bordeaux
Date : 2008
Surface : 5.980m²
Coût travaux: - euros
Maître d’ouvrage : Agora 2008
Mission : Concours Agora 2008

Données Techniques

Structure : poteaux/dalle béton.
Isolation : mur en béton chanvre projeté sur une ossature bois secondaire, triple vitrage façade nord, double vitrage façade sud.
Type de chauffage : chaudière gaz collective avec compteur séparé.
Type de ventilation : ventilation hygroréglable, ventilation traversante pour tous les logements sauf les studios
Systèmes : panneaux solaires

Cet article est paru en première publication sur CyberArchi le 4 décembre 2008.

Réagir à l'article


Album-photos |L'année 2018 de Naud et Poux Architectes

2018, c’est trois livraisons significatives : 81 logements pour personnes âgées à Lyon, 37 logements en accession sociale à Gennevilliers et l’aménagement des espaces intérieurs du 55 Amsterdam....[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de DVVD

2018 est dans la continuité des années précédentes avec le démarrage de plusieurs chantiers : la couverture du central de Roland Garros, l’hôtel Meininger Porte de Vincennes, le cinéma MK2 Nation,...[Lire la suite]


Album-photos |L'année 2018 de FABRE de MARIEN architectes

En 2018, l’agence s’est diversifiée encore et encore. Peu importe la taille des projets, seule compte l’histoire à raconter. Dans cette continuité, 2019 sera l’année du basculement de l’agence...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de Valode & Pistre

Valode & Pistre a pour vocation d’intervenir dans tous les domaines de l’architecture, de l’aménagement urbain et de l’architecture d’intérieur. L’année 2018 confirme la...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de Ronald Sirio Architectes

En 2018, l’agence Ronald Sirio Architectes a plusieurs projets de construction à son actif :L’immeuble de bureau, rue de La Vallée à Amiens a été lauréat du concours d’appels...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de RozO

Ce salon urbain réalisé par RozO pour Icade marque un renouveau de ces parcs d'activité en développant une autre relation au lieu de travail. RozO redessine l'ensemble des espaces extérieurs du site afin que ces...[Lire la suite]