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Visite | Azur Arena, parlez-vous allemand ? (08-01-2014)

Le téléphone sonne. Sprechen Sie Deutsch ? Let’s do it in English ! En français, encore mieux ! Alors qui, au bout du fil ? Une agence d’architecture ? Nein. «Visionlab est un cabinet allemand qui monte des équipes», explique Michaël Christophe (Fradin Weck & architectes associés), chef de projet de l’Azur Arena d’Antibes (août 2013) cosignée Auer+Weber+Assoziierte.

Bâtiments Publics | Sport | Antibes

Un cabinet allemand, qu’est-ce à dire ? «Visionlab forme, tout simplement, des équipes. Ils sont d’abord allés voir Auer+Weber+Assoziierte puis des architectes locaux. Ils prennent un pourcentage, s’occupent du suivi du dossier et assurent le lien comptable», indique Michaël Christophe. Une approche inédite.

Parmi les agences méridionales contactées, Fradin Weck & architectes associés. «Nous sommes l’une des plus importantes de la région et notre architecture correspond à celle de Auer+Weber+Assoziierte», poursuit Michaël Christophe.

A Aix-en-Provence, ils sont une vingtaine quand, outre-Rhin, Auer+Weber réunit, à Stuttgart, huit dizaines de collaborateurs et, à Munich, une centaine. «Cette agence est une locomotive», souligne l’architecte.

Une machine à concours, aussi, lesquels «ne sont, en Allemagne, pas rémunérés», précise-t-il, au Courrier de l’Architecte.

A Antibes (06), les délais en vue de réaliser une nouvelle arena étaient très courts : «pour le concours, moins de deux mois ; pour les études, moins d’un an», se souvient-il. Le calendrier s’étale ainsi de novembre 2008 à août 2013. La première pierre fut posée en 2011.

02(@AldoAmoretti)_S.jpg«Auer+Weber a présenté les principales intentions du projet. Ils ont assuré la plus grande part de la production au moment du concours. Nous apportions, quant à nous, nos recommandations», note le chef de projet.

Une fois désigné lauréat, le duo envisage un travail «collégial». Il fallait, en sus, pour Fradin Weck assurer un relais local tant pour le suivi du chantier que pour les relations avec les entreprises.

La voiture s’engage vers la sortie d’Antibes. Aux marges de la ville, à proximité de Sophia Antipolis, non loin d’un noeud autoroutier promis à un avenir «propre», le site de l’Azur Arena.

«Nous arrivons par l’arrière», indique Michaël Christophe, mains sur le volant. Aujourd’hui, l’approche est encore inversée. «L’arrivée se fera plus tard, par l’avant, avec l’achèvement des travaux du bus-tram». Parking et voirie sont donc, pour l’heure, provisoires.

Derrière les grilles, la masse métallique de l’équipement. «L’esprit du galet», résume l’homme de l’art, «mais sans effet de jupe», sourit-il. L’enveloppe abrite trois entités : une salle omnisports, une salle de trampoline et un dojo. «Toute la complexité réside dans la bonne adéquation entre les matériaux et la forme souple, à double courbure du bâtiment», note l’architecte.

Le vigile, sur sa chaise, décide d’ouvrir le porche. L’entrée se déroule ici, comme pour les champions, par la porte arrière, en bas. Le public, lui, arrive par le haut.

03(@AldoAmoretti).jpgUne fois l’entrée franchie, face au plan d’évacuation, l’architecte explique la logique imparable des lieux.

«Nous voulions mettre les joueurs dans de bonnes conditions. Aussi, ils passent directement dans la salle. Nous avons tenu à bien les séparer du public, entre autres, pour assurer la fluidité des flux», dit-il. L’organisation est on ne peut plus limpide. En tout et pour tout, quatre couloirs. Le leitmotiv ? «Avoir des cheminements clairs et répartir les usages».

La rue intérieure est, quant à elle, ouverte à tout un chacun, à tout moment, ou presque ; une boutique fait office d’aimant. Allez les Sharks ! T-shirt, casquettes, maillots... le tout, aux couleurs bleu et blanc du club de basket-ball.

04(@AldoAmoretti).jpgDans la salle, «aucun poteau», se félicite l’architecte. «Nous avons travaillé dans la continuité des virages et sur la courbe de visibilité afin que le stade soit homologué pour le basket-ball», dit-il.

In fine, le chaudron a une capacité de plus de 5.000 personnes en moyenne. Le plateau central (44 mètres par 34) peut accueillir des compétitions internationales de basket-ball, de gymnastique, de badminton, de boxe, de hand-ball. Bref, du volant au ballon, avec ou sans gants.

Différentes configurations sont, par conséquent, possibles : 5.950 places pour la boxe, 5.200 pour le basket, 3.700 pour les spectacles.

Sur les tribunes, des sièges bleus et gris. «Eric Frisch, mon homologue chez Auer+Weber, avait participé à la construction du stade Allianz Arena à Munich, conçu par Herzog et de Meuron. Il avait imaginé des sièges pour assurer le confort du public. Nous avons repris ce modèle», souligne Michaël Christophe.

«Au moment du concours, la forme était là. Le projet n’a pas été modifié de manière substantielle. Le club de basket-ball a été racheté par un investisseur privé. Il y a également un délégataire de service public pour faire vivre la salle», précise-t-il.

05(@AldoAmoretti)_S.jpgParmi les changements, une salle de réception passant de 300 à 500m², la création d’une terrasse et enfin, l’augmentation du nombre de sièges VIP. «Ces modifications sont intervenues pendant le chantier. Nous avions des espaces vierges en provision. Il s’agit d’avoir en stock quelques zones neutres et des vides sanitaires pour nous adapter», assure l’architecte.

La visite terminée, Michaël Christophe s’en retourne dans le centre d’Antibes, suivre un autre chantier de l’agence, la réhabilitation de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie. Pour Auer+Weber+Assoziierte, l’horizon hexagonal se poursuit : entre autres, le Centre Universitaire des Quais à Lyon ou encore le centre aquatique du Raquet à Douai.

Jean-Philippe Hugron

Fiche technique

Maître d’ouvrage : Ville d’Antibes Juan-les-Pins
Architecte mandataire : Auer+Weber+Assoziierte, Munich / Equipe concours : Stefan Niese (architecte associé), Markus Hennig (chef de projet), Mohan Zeng (architecte) / Equipe étude : Stefan Niese (architecte associé), Eric Frisch (chef de projet), Marius Drahtler, Markus Hennig, Tina Kierzek, Jakob Plötz, Mohan Zeng (architectes) / Chantier : Eric Frisch (chef de projet)
Architecte associés : Fradin Weck Architecture, Aix-en-Provence / Michaël Christophe (chef de projet)
Calendrier : Concours : février 2009 / Début des études : avril 2009 / Livraison : août 2013
Surfaces : 13.530m² SHOB / 11.525m² SHON
Coût des travaux : 20,5M€ HT (2013)

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