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Cahier Spécial - Maisons Individuelles 2014

Présentation | Urgnano : vivez cachés ! (22-01-2014)

Dans le nord de l'Italie, pour vivre heureux, vivons cachés. L'adage, tiré d'une fable, est ainsi la commande peu ordinaire passée à Matteo Casari et Valentina Giovanzani, architectes de Bergame, pour la réalisation d'une maison, livrée en 2012, en périphérie d'Urgnano en Lombardie. Pour répondre à ce défi, un parti sens dessus-dessous. 

Logement individuel | Italie | Matteo Casari Architetti

«La villa privée à Urgnano a été conçue comme un édifice totalement abstrait qui s'émancipe du site où il est implanté, lequel est totalement dépourvu d'intérêt paysager», affirme Matteo Casari, mandataire du projet avec sa compagne Valentina Giovanzani.

Contactés par un couple souhaitant bâtir sa maison, les architectes ont bénéficié d'une liberté rarement accordée par les maîtrises d'ouvrage privées : «nous avons pu choisir, en accord avec notre client, le terrain de la maison ; il n'avait aucune idée précise et hésitait entre deux adresses dans les environs d'Urgnano», explique Matteo Casari. «Nous avons privilégié celui qui nous semblait être le plus intéressant du point de vue urbain», dit-il. Pour le confort de la maîtrise d'ouvrage privée, une seule contrainte : la discrétion.

02(@AndreaMartiradonna)_S.jpgLe projet a, comme bien souvent, évolué au fil du temps selon les nécessités changeantes du client. Ici, une porte ? Là, une fenêtre ? Après un premier rendez-vous, le duo d'architectes avait imaginé, sur trois niveaux, une construction «plutôt traditionnelle».

Les envies changent autant que les humeurs : exit la tradition. Au final, deux principes sont retenus : une maison de plain-pied et «cachée de l'extérieur». Un brin pudique, ce client ?

«Nous devions en conséquence organiser toutes les pièces sur un seul niveau et donc occuper l'entière surface du site rectangulaire», souligne l'architecte. De fait, la maison s'aligne avec les constructions alentours, notamment sur la rue.

Afin de protéger la vie privée du client, les architectes ont «renversé le concept des ouvertures». Positionnées à un mètre du sol, baies et fenêtres n'offrent, à qui veut voir et regarder, qu'une vision réduite de l'intérieur. «Nous avons conçu cette maison sur une base vitrée en forme de L haute de 1m50, le tout couvert d'une boîte de béton rectangulaire. Le seul élément extérieur partiellement visible est la piscine, toutefois à moitié couverte», souligne Matteo Casari.

03(@AndreaMartiradonna)_S.jpgLibre à ceux qui vivent dans cette maison, qui s'y déplacent, de le faire toujours visage caché... Du moins vu de l'extérieur. Question d'intimité, certes, mais aussi d'éclairage. «La lumière rentre en rasant le sol», décrit l'architecte, soulignant au passage la beauté des rayons bas du soleil d'hiver.

Bref, une maison sens dessus-dessous. «Nous nous sommes adaptés au site et à notre client», assure Matteo Casari. Les matériaux sont, quant à eux, induits par la «réponse structurelle qui permet d'avoir pour assise 110m² de vitrage. Il n'y a, a priori, aucun choix purement esthétique», affirme l'architecte.

Le choix est limité. Sur la liste, béton ou acier. Les architectes ont coché la première solution, la seconde étant jugée «trop froide». «Nous avons opté pour un béton qui s'appuie sur une lame porteuse et deux poteaux», note l'homme de l'art. «Ce matériau nous a permis de garder une architecture simple dépourvue de tout ornement sauf, peut-être, la couleur anthracite dont nous avons habillé la façade», précise-t-il.

Cette maison est donc, selon Matteo Casari et Valentina Giovanzani, une «architecture composée d'un ensemble de gestes architecturaux sobres et utiles qui ne sont pas dictés par nos goûts personnels mais par la forme du site, les nécessités des clients et la structure».

Des goûts et de la pudeur...

Caterina Grosso

Fiche technique

Lieu : Urgnano, Lombardie, Italie
Client : Privé
Architectes : Matteo Casari et Valentina Giovanzani, Matteo Casari Architetti
Surface : 350m²
Chantier : 2011-2012

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