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Cahier Spécial - Maisons Individuelles 2014

Présentation | Pour Marchi Architectes, extension, expansion (22-01-2014)

En Normandie, l'extension en bois - comme il faut - conçue et livrée en 2012 par Nicola et Adélaïde Marchi attire le regard. Un jeu de matière, un jeu de rythme et, enfin, une mise en oeuvre originale. 80m² certes mais 80m² qui contribuent à dorer la carte de visite de l'agence. D'une maison à l'autre, le duo obtient un centre commercial... Tout finit par arriver.  

Extension | Logement individuel | Basse-Normandie | Marchi architectes

La huitième merveille du monde ? Pour un client, sa maison l'est forcément. Le Louvre, c'est tout comme. Pour l'architecte c'est, à n'en point douter, une autre paire de manches. Chaque maison reste en effet un exercice de style chronophage mais passionnant.

Aussi, Nicola et Adélaïde Marchi se plaisent à concevoir des maisons. En cours, deux villas dans les Hauts-de-Seine, une autre dans le nord de la Sardaigne, une, enfin, au Japon.

Au Japon ? «C'est un hasard. Un anglais a, un jour, ouvert Green Architecture, un livre édité chez Taschen. Il nous y a vu. Il avait alors imaginé un cahier des charges strict et nous nous sommes cassés la tête à le respecter pour concevoir le projet», raconte Nicola Marchi.

Entre temps, le duo a fait appel à son maquettiste suisse vivant à Porto - lequel réalise des maquettes pour Alvaro Siza et Eduardo Souto de Moura - et a fait expédier à Hong Kong le modèle réduit de la villa. «Notre client habite en Chine», précise l'architecte. Pourquoi faire simple ?

Tout est affaire de (bonnes) rencontres et le maquettiste suisse n'est ni plus ni moins un ami de longue date rencontré au Portugal lors d'un séjour Erasmus. Un peu de fidélité, voyons.

02(@FernandoGuerra)_S.jpgAlors, en Normandie, l'histoire paraît plus calme. Il y a d'abord un val qui mousse de rayons. Puis, une maison en brique. L'objectif est, simplement, d'en concevoir l'extension.

Client et architecte tâtonnent. Les premières esquisses montrent un double de la maison, telle une ombre, à quelques mètres. A mesure que le budget se précise, le projet adopte alors des contours plus ou moins définitifs. Au double de disparaître.

L'extension proposée in fine s'inscrit dans la topographie en pente du site. Nicola et Adélaïde Marchi proposent alors deux scénarios possibles : créer un lien physique soit avec le rez-de-chaussée de la maison soit avec son sous-sol. «Le client a souhaité les deux», sourient les architectes.

«Le volume de l'extension est venu par déduction», débute Nicola Marchi. Les lignes se plient pour répondre tant au programme - un espace pour un salon, une salle à manger et une cuisine - qu'aux règles fixées par le POS.

Exit la brique, exit les toitures terrasses. Les interdictions sont, plus ou moins, arbitraires. Comprenne qui pourra. In fine, les inclinaisons légères sont une réponse aux pentes exigées noir sur blanc dans les textes administratifs.

03(@FernandoGuerra)_S.jpgQuand bien même, Nicola et Adélaïde Marchi auraient été intéressés à travailler la brique ; le bois, sombre, n'est pas pour autant un moindre mal. «Nous avons rencontré dans cette région nombre de maisons en brique dont les annexes sont faites de bois gris ou noir», note l'architecte. En plus d'une teinte qui «fonctionne bien avec la végétation», la proposition tente de réinterpréter le passé normand.

Le bardage n'est toutefois pas si simple. Il fallut d'abord traiter le bois avec une huile spéciale selon une technique «d'Europe du Nord» et ce, avant la pose.

Le duo assure alors mener un travail «plastique» dans la lignée de projets passés ; Nicola Marchi cite autant l'idée folle d'un gratte-ciel place de la Concorde à Paris ou encore d'un projet à Shenzhen. «Nous sommes des artisans», affirme-t-il.

Bref, l'habillage de bois ne pouvait être simple. Il fallait lui donner une profondeur et donc, une texture ; «l'impression de matière», corrige l'architecte.

Un jeu de hasard et de volume caractérise donc la vêture de l'extension. «C'est un élément qui revient dans notre travail. Il y a un peu de Michel-Ange qui, à partir d'une pierre, enlève de la matière pour donner un volume ou encore de Giuseppe Penone*», poursuit-il.

04(@FernandoGuerra)_B.jpgPour l'heure, le duo se félicite d'avoir à réaliser de tels projets. Ils sont une carte de visite pour l'agence. Parmi eux, la Wood House, jamais réalisée, permit à Nicola et Adélaïde Marchi de décrocher un projet de centre commercial. «Notre client voulait que nous adaptions notre architecture à un 'retail park'. Nous sommes finalement arrivés à la même écriture», assure l'architecte encore surpris de son propre exercice.

Alors, pourquoi pas un gratte-ciel place de la Concorde ?

Jean-Philippe Hugron

* Giuseppe Penone, sculpteur italien né en 1947, représentant de l'Arte Povera.

Fiche technique

Programme : extension d’une maison existante
Lieu : France
Livraison : 2012
Maîtrise d'ouvrage : privée
Budget : 160.000€ HT
Surface : 80m²

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tos2016

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