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Cahier Spécial - Maisons Individuelles 2014

Présentation | BAST, sur les rails (22-01-2014)

Lancer son agence ? Question d'audace, certes, mais aussi de projets. Laurent Didier et Mathieu Le Ny ont franchi le pas en 2013 avec, pour première commande, la restructuration et l'extension d'une maison dans la banlieue toulousaine. Au défi constructif, les aléas réglementaires. Dans un premier temps, le permis n'est pas accordé. In fine, une interprétation du règlement sauve le projet. Bref, «un jeu de mots».

Extension | Logement individuel | Toulouse | BAST

Les ZAC pullulent et toutes les grandes villes rivalisent de circonvolutions et de couleurs, de réalisations plus ou moins extravagantes et de coups de communication. Avec, engagée, toute une génération d'architectes. Nantes, Montpellier, Lyon affirment leur présence sur la carte. D'autres métropoles se font plus discrètes. Parmi elles, Toulouse.

«Je suis Toulousain et ma ville me semble parfois bien compliquée. Beaucoup ne retiennent d'elle que la brique ; or, nous ne savons plus construire en brique. De fait, nous subissons le pastiche et le faux qui causent un tort à la profession», note Laurent Didier.

BAST est, à contrario, une jeune agence, sans doute prometteuse. En témoigne l'extension d'une maison livrée en 2013 en banlieue. Le projet fut l'occasion pour les deux architectes de se lancer. «Nous avons commencé ce projet alors que nous étions salariés», expliquent-ils.

02(@Bast)_S.JPGIl y eut d'abord l'auto-entreprise puis, quelques mois plus tard, la SARL. «Il est important d'avoir un nom et un chiffre d'affaires pour accéder aux marchés publics», poursuivent-ils. En guise de nom, trois lettres puis quatre. «Nous avions commencé avec nos initiales mais nous souhaitons que l'agence grandisse et intègre d'autres associés. Nous ne voulons pas être deux patrons», sourient-ils.

Aussi, le nom devient-il générique. Derrière l'acronyme BAST, le Bureau des Architectures Sans Titre. Il s'agit pour ses initiateurs de sortir de l'architecture du nom et d'être davantage dans «l’oeuvre sans titre et simplement numérotée».

Au tour donc de l'histoire du M03.

Il y a d'abord des voisins, ni bruyants, ni antipathiques. Bien au contraire. Dans leurs têtes, un projet de maison qu’ils évoquent auprès des architectes. Direction les faubourgs de Toulouse.

«Ils avaient trouvé une maison abandonnée qui appartenait à une famille de huit enfants. Les problèmes de succession ont fait que les lieux sont restés inhabités pendant plus de dix ans», explique Laurent Didier.

03(@Bast).JPGErigé durant l'Entre-deux-guerres, le pavillon composé de quatre pièces identiques illustre l'habitat ouvrier réalisé en auto-construction. «Il y avait aussi bien de belles pierres en granit que des pierres de récupération», précise l'architecte.

La description, jusqu'à présent, ne témoigne d'aucune qualité particulière. La question était alors de détruire ou de restructurer. Les deux solutions, après examen, se valent financièrement. Sauf que la réglementation a décidé, in fine, pour les nouveaux propriétaires.

«Détruire leur aurait imposé de positionner la nouvelle construction selon un retrait de 4 mètres. Nous aurions créé un jardin inutile à l'avant en plus de réduire le jardin à l'arrière. Nous avons donc gardé les droits de l'emprise», explique Laurent Didier.

Seuls les quatre murs ont été conservés. De là, les deux associés de BAST ont imaginé une extension. «Nous étions dans un secteur sauvegardé. Nous avons été confronté aux Architectes des Bâtiments de France non pas sur les matériaux que nous voulions mettre en oeuvre mais sur la volumétrie que nous avions imaginée», poursuit-il.

«A nos yeux, les ABF n'allaient pas dans le sens de l'histoire de la rue», soutient l'homme de l'art. Et pour cause, les maisons sont orientées perpendiculairement à l'artère et présentent, face au trottoir, leur pignon. Au projet de reprendre cette spécificité.

Il aura donc fallu la malice des deux associés pour résoudre le problème. «Dans les règlements, y a autant de jeux de mots que de non-dits», assure Laurent Didier. Aussi, en lieu d'une extension, la construction imaginée par BAST devient une «maison neuve» construite «sur la maison».

Dès lors, il s'agit d'appliquer ni plus ni moins les règles du PLU. Dans ce cas, de s'aligner avec la construction la plus proche ; ici, celle non pas d'à côté, mais d'en-dessous.

04(@Bast)_S.JPGLes deux associés ont donc pu réaliser une extension dans les proportions voulues et dont les lignes reprennent celles d'un vaste shed métallique. «Nous avons choisi ce matériau car nous ne voulions pas de surélévation maçonnée. Nous ne connaissions pas la qualité des fondations et ne voulions pas faire de reprise en sous-oeuvre», indique-t-il. Le poids de la nouvelle structure (charpente métallique, bardage aluminium) est, grosso modo, le même que celui de l'ancienne charpente.

Enfin, l'habillage d'aluminium joue de la lumière et des reflets. «Nous avons conçu un projet radical», assurent les architectes. Une revendication ? «Une posture», répondent-ils.

Dans la même veine, le duo planche sur la restructuration d'une ancienne chartreuse en maison dans le centre de Toulouse tandis que l’agence est enfin retenue sur un concours public, un gymnase.

Alors, l'avenir, comme la ville, en rose ?

Jean-Philippe Hugron

Fiche technique

Lieu : Toulouse (31)
Maîtrise d’oeuvre : BAST / Bureau Architectures Sans Titre
Maîtrise d’ouvrage : Privée
Livraison : 2013
Surfaces : SHON = 120m²
Enveloppe travaux : 100.000€ HT  

Réactions

LeToulousain | Médecin | Midi Pyrénées | 23-01-2014 à 13:02:00

Projet intéressant, mais à quel endroit pouvons nous consulter des photos de l'intérieur?

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