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Cahier Spécial - Maisons Individuelles 2014

Présentation | Pour DCPP, c'est du 50-50 (22-01-2014)

Au nord de la Cité Universitaire de Mexico, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, les quartiers de Chimalistac et de San Angel. Rues pavées, riches villas et végétations exubérantes caractérisent les lieux. Le long d'une impasse, une sombre maison de 300m² livrée en 2012 par l'agence DCPP attire le regard. Il y a, dans le parti adopté, un peu de Yin, un peu de Yang.

Logement individuel | Mexico | DCPP arquitectos

«Je voulais dessiner le vide plus que le construit», lance Pablo Pérez Palacios. «Une église sans toit», surenchérit-il. Il y avait, dans l'imaginaire de l'architecte, ce couvent en ruines de la région de Puebla, Tecalli de Herrera.

Aussi, à Mexico, dans le quartier de San Angel, la maison Cerrada Reforma 108 est emprunte de spiritualité. Son nom, à savoir son adresse, ne présageait pourtant pas une telle ouverture.

Cerrada, en espagnol, signifie une impasse. Ici, l'impasse Cerrada. Cerrada est aussi un adjectif qui peut aussi bien dire cachée que renfermée. San Angel, un arrondissement chic de la capitale, appelle une architecture quasi autiste pour ne pas dire défensive, faite de hauts murs sans regard vers l'extérieur. Bref, fermée. Ici, l'enceinte protège autant qu'elle contient et dessine l'espace.

02(@Onnis Luque)_B.jpgDCPP n'a pas, pour autant, pris le parti de l'isolement quand bien même la maison regarde principalement la cour intérieure qui la longe. «Nous avons conçu une construction protégée mais aussi ouverte sur la rue, chose rare à San Angel. Nous avons aussi inscrit la cour intérieure dans une perspective tournée vers l'extérieur, notamment vers un arbre imposant», décrit l'architecte.

Les volumes sont sombres, les lignes sobres. «Ce n'est pas une architecture de forme mais une architecture d'idées», soutient-il.

«Nous avons voulu pour ce projet une proposition en contrepartie ; nous avons joué avec les opposés. Il y a le positif et le négatif», précise-t-il.

Le dispositif est issu des contraintes fixées par les règles d'urbanisme du quartier. Il n'était, par exemple, pas possible de construire sur plus de la moitié d'un terrain pourtant jugé «muy chico», très petit.

Ainsi, de l'idée de la division est née celle de l'opposition. Un jeu de miroir et de symétrie caractérise alors le parti adapté.

03(@Onnis Luque).jpgA la blancheur de l'intérieur, la noirceur de l'extérieur. «Nous avons travaillé à partir de blocs d'adobe préfabriqués et nous avons utilisé en partie la terre trouvée sur le terrain», explique l'architecte.

Pour l'agence, voilà une première. «C'est une technique ancienne et traditionnelle. Nous avons travaillé un adobe 'modernisé'», assure-t-il. L'ambition est à l'écologie, au développement durable et à la réinterprétation du passé.

Le noir n'est pas question de barbouillage ni de peinture. Là encore, la technique est plus ancestrale. «Naturelle», affirme l'architecte. Il s'agit d'un mélange associant nopal, chinchilla et colorant naturel. La technique est dite de «enjarre».

04(@Onnis Luque)_S.jpg«Ce sont des principes transmis de génération en génération», assure Pablo Pérez Palacios. Pour l'agence, il s'agit bien de revenir aux origines. Pour ce faire, «ouvrir les yeux». «Nous apprenons des artisans avec qui nous travaillons», dit-il.

L'agence DCPP a, d'ores et déjà, été remarquée pour ses maisons aux matériaux originaux. La Casa Calero est faite, par exemple, de déchets. Parmi eux, bois de coffrage et tubes en carton. «Nous devons trouver des moyens peu onéreux et que les matériaux soient, in fine, les protagonistes du projet», affirme Pablo Pérez Palacios.

«L'important est l'expérimentation», conclut-il.

Jean-Philippe Hugron

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