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Grèce | Zaha Hadid ? Non, Ermis Chalvatzis et Natassa Lianou (12-03-2014)

Ces courbes, ce rendu... La signature d'une starchitecte de renom ? Pourtant, ce n'est pas Zaha Hadid mais un couple d'architectes grec, Ermis Chalvatzis et Natassa Lianou, qui signe ces projets aux accents plus ou moins acérés. Tout en travaillant auprès de l'architecte anglo-irakienne, ils mènent leur barque avec succès, selon un article de la journaliste Asteropi Lazaridou, paru dans le quotidien grec To Vima le 20 février 2014.

Design | Divers | | Lianou Chalvatzis Architects

ERMIS CHALVATZIS ET NATASSA LIANOU EXCELLENT EN-DEHORS DES FRONTIERES GRECQUES - CES DIPLOMES EN ARCHITECTURE DE L'UNIVERSITE DE THESSALIE FORMENT UN COUPLE COURONNE DE SUCCES
Asteropi Lazaridou | To Vima

ATHENES - Agés respectivement de 29 et 28 ans, Ermis Chalvatzis et Natassa Lianou sont la preuve vivante qu'un couple peut fonctionner en harmonie au travail autant qu'en amour.

Tous deux sont diplômés en architecture de l'Université de Thessalie en 2009 ainsi que de la AA de Londres, où ils ont obtenu un Master en architecture et urbanisme avec les honneurs en 2011. Ils ont travaillé sur des concours internationaux tel Europan 11, dont ils ont été récompensés pour le projet 'Climath', en collaboration avec l'architecte Alisa Andrasek. Ensuite, ils ont déménagé à New York où ils ont travaillé au sein du Vito Acconci Studio.

Ils sont ensuite retournés à Londres suite à l'invitation de Patrik Schumacher (directeur de l'agence Zaha Hadid Architects, ndt.) d'intégrer l'agence de Zaha Hadid, où ils travaillent encore aujourd'hui en tant que membres de l'équipe de conception de l'architecte de renom. Dans ce cadre, ils ont participé à de nombreux projets internationaux majeurs : gratte-ciel, hôtels, complexes résidentiels et, dernièrement, le stade olympique de Tokyo.

Parallèlement à cette activité, ils collaborent avec des entreprises grecques et conçoivent, sous leur nom, des produits et des luminaires, participant ainsi à la promotion d'un design grec.

Ils nous ont parlé de leur philosophie en matière de lumière, de leurs projets d'avenir et de la façon dont une Athènes malmenée pourrait être embellie.

02(@LianouChalvatzisArchitects)_B.jpgTo Vima : Que signifie pour vous votre participation à une rencontre aussi importante (l'EuroShop Retail Trade Fair, organisé à Düsseldorf du 16 au 20 février 2014, ndt.) ?

Ermis Chalvatzis et Natassa Lianou : le luminaire Riza est le premier d'une série de luminaires que nous avons conçu pour Bright S.A. Il a été présenté pour la première fois à l'occasion d'un des plus importants salons, l'EuroShop Retail Trade Fair à Düsseldorf, en Allemagne, du 16 au 20 février, et il sera également présenté lors du plus grand salon de luminaires à Messe Frankfurt fin mars.

L'idée derrière le luminaire Riza est ce qui naît et se développe depuis le toit et, ainsi que son nom l'indique, ce qui se développe en se contorsionnant, jouant de la gravité et de l'équilibre. Il peut se concevoir comme une unité autonome ou alors dans un groupe où les unités conversent entre elles, redéfinissant le sens de lustre.

Dans le cadre de notre collaboration avec Bright, nous voulons promouvoir une esthétique grecque en combinaison avec des produits grecs de qualité. Le fait de livrer notre premier objet à l'occasion d'une exposition d'une telle envergure est un grand pas pour nous car cela nous donne l'occasion de communiquer sur notre travail et nos idées auprès d'un vaste public.

Dans un pays comme la Grèce où la lumière apparaît au moindre rideau tiré, les luminaires ont tardé à prendre la place qui leur revient. Selon vous, jouer de l'ombre et de la lumière dans un espace, est-ce une expression artistique à part entière ?

La lumière et l'ombre constituent des matériaux d’architecture qui nous mobilisent dans tout projet. Par exemple, nous avons travaillé sur un gratte-ciel dans la ville de Tromsø en Norvège et tout le projet repose sur l'idée que le bâtiment est un luminaire urbain qui abrite en son sein, durant les froids mois d'hiver, la moitié de la population de la ville. Ainsi, la luminosité entretient le lien social. Frédéric Migayrou, du Centre Georges Pompidou à Paris et Professeur d'architecture à l'UCL, a dit de ce projet qu'il consistait à «construire la lumière».

Selon ce commentaire et de retour en Grèce, un pays inondé de lumière, l'architecture des bâtiments ainsi que leurs intérieurs doivent être conçus en équilibrant la lumière et l'ombre ou la lumière et la non lumière. L'intérieur avec l'extérieur, la lumière et l'ombre dialoguent, coexistent, l'un commençant là où l'autre prend fin.

03(@LianouChalvatzisAndrasek).jpgDans notre pays où les maisons cycladiques sont typiques et l'architecture immaculée caractéristique, la lumière compose 'un élément construit' dans le sens où elle complète, souligne ou apporte de l'ombre et donc modifie au cours de la journée l'environnement extérieur et intrieur. Tel est pour nous le sens de la lumière et, de fait, de la mise en lumière, qui est aussi fondamentale que la structure, l'interaction sociale et la vie.

C'est sur cette idée que reposait le projet 'Meta-Dreams' que nous avions conçu pour le pavillon de la biennale de Venise cette année où, en appréhendant la lumière en tant qu'élément construit, nous avons proposé la création d'une installation composée de bâtiments du modernisme grec sculptés par la lumière sous la forme de maquettes abstraites blanches.

Quels sont vos prochains projets en Grèce et à l'étranger ?

Dans les prochains mois, nous allons livrer une résidence secondaire sur l'île d'Andros que nous avons conçue et nous travaillons actuellement sur des concours internationaux de différentes échelles. Cela nous intéresse de travailler sur des échelles variées, depuis le master-plan, les gratte-ciel et autres bâtiments jusqu'au mobilier et aux luminaires, car nous pensons qu'il existe un dénominateur commun à toutes les échelles, c'est-à-dire le besoin de solutions innovantes de grande qualité et ingéniosité telles qu'en formule la conception architecturale.

Qu'avez-vous pensé de l'image d'Athènes la dernière fois que vous vous y êtes rendus ?

Nous pensons qu'Athènes est dans un état transitoire. Nous observons que le niveau de sociabilité des Athéniens mais aussi leur prise de conscience sur la situation de leur ville ont augmenté. Il est très positif que la ville soit l'objet de discussions. Nous pensons que l'action à l'échelle du quartier est devenue très importante. Il faut créer de nouvelles identités ou marques 'locales' qui vont composer le puzzle et l'image de la ville en créant des micro-noyaux composés d'une diversité d'identités.

04(@LianouChalvatzisArchitects)_S.jpgAthènes est une métropole contemporaine qui mérite d'être traitée comme telle. L'aménagement dont fait l'objet le front de mer pourrait être mené sur l'ensemble de la ville pour changer son skyline, créant de nouveaux points de densité ou de respiration. Il faut libérer de l'espace pour la création de ceintures vertes mais aussi concentrer les bâtiments de grande hauteur, les gratte-ciel, créer des variations en matière de sociabilité ainsi qu'en termes de tissu urbain d'Athènes .

In fine, ainsi que nous l'avons évoqué, il faudrait procéder, à Athènes et dans toute la Grèce, à un nouveau projet de développement en matière d'équipements touristiques afin de créer des infrastructures contemporaines et, ainsi, de maximiser le potentiel touristique de notre pays et les avantages économiques qui en découlent. L'EOT (Office National du Tourisme Hellénique, ndt.) des années '50 et '60 peut représenter un exemple en la matière.

Asteropi Lazaridou | To Vima | Grèce
20-02-2014
Adapté par : Emmanuelle Borne

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