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Entretien | Ilaria Mazzoleni, 6009 Rodgerton Dr, Los Angeles (28-05-2014)

Faire d'une peau d'ours une maison ? Une idée d'Ilaria Mazzoleni. La jeune architecte, d'origine italienne, est partie aux Etats-Unis sans oublier un seul instant ses racines. Toutefois, pour élaborer une architecture biomimétrique et poursuivre des recherches sur la durabilité, elle n'a pu trouver d'endroit plus ouvert au monde que Los Angeles. 'Architects I met'(1) est allé à sa rencontre.

Monde | Ilaria Mazzoleni

Parcours

Mon nom est Ilaria Mazzoleni. Je suis italienne. Je vis, travaille et enseigne à Los Angeles. Je donne des cours au Southern California Institute of Architecture. J’ai également une agence dénommée IM Studio MI/LA ; MI et LA pour Milan-Los Angeles. Je travaille dans ces deux villes.

J’ai étudié au Polytechnico di Milano. Je suis ensuite venue passer mon master à Los Angeles il y a quelques années. J’avais le bagage nécessaire pour passer un diplôme en sciences de la construction à l’University of Southern California School of Architecture. Mon travail portait sur la conception et les matériaux durables.

Après cela, j’ai débuté une collaboration avec Angelil-Graham à Los Angeles et à Zurich. J’ai travaillé par la suite dans d’autres agences. En 2005, j’ai commencé à enseigner à plein temps et j’ai ouvert mes propres bureaux. J’ai eu quelques collaborateurs, certains d’entre eux étaient d’anciens étudiants. Il s’agit d’un projet d’agence de recherches en lien avec mes intérêts. J’ai aussi de petits projets ici et en Italie.

Depuis 2005, je développe une recherche sur le projet biomimétrique. J’y vois l’étape suivant la durabilité ; il s’agit d’une manière de concevoir où la nature est une source d’inspiration. Le projet doit être durable et lié au site. Pour ce faire, il faut observer la nature - et plus particulièrement la nature du lieu - et comprendre ce qu’est réellement l’étape suivante.

En ce sens, la 3D vous aide. J’ai débuté une série d’investigations sur des animaux spécifiques et la manière dont ils se sont adaptés physiologiquement et comportementalement à un espace donné. J’en ai déduit une séquence d’exercices pour commencer à concevoir des projets.

Pour l’heure, mes desseins sont restés dans le monde théorique et certains ont été développés selon différentes voies et ont été publiés ici et là. Toutefois, rien n’a été construit. Ces dix-huit derniers mois, je me suis concentrée sur la publication d’un livre qui devrait, je l’espère, sortir en début d’année prochaine. L'ouvrage, dont le titre est Architecture follows nature, contient quelques-unes des méthodologies que j’ai développées.

05(@DR).jpgSuzie Passaquin, Camille Roche et Charlotte Vuarchex : quel bâtiment auriez-vous souhaité dessiner ?

Ilaria Mazzoleni : Il y en a beaucoup. J’espère surtout être capable d'en construire à l’avenir.

Le projet dont vous êtes la plus fière ?

Il y a deux projets. Le premier est une une recherche : 'Polar bear - Keep It Warm'. Le second est une idée pour un concours : 'Une restauration écosystémique : une communauté modèle à Salton Sea' qui est un vaste projet d’aménagement. Nous avons conçu une communauté d’une centaine de personnes tel un écosystème où tout est relié. Voilà qui a été le fruit d’une collaboration entre un biologiste, un agronome et un urbaniste.

Le détail architectural fort de l’un de vos projets ?

La peau de la maison Polar Bear, avec sa fourrure en tubes de verre inspirée justement d’une véritable fourrure d’ours polaire sur laquelle nous aurions zoomé. Ces tubes se réorientent eux-mêmes en fonction de l'incidence des rayons du soleil. Cette enveloppe dynamique cherche à collecter et emmagasiner le plus de chaleur et de lumière possible. 

02(@ArchitectsIMet)_B.jpgLe projet que jamais vous ne feriez ?

Comme tout architectes, j'aime tout dessiner. Un musée n'est pas mieux qu'un cimetière. Tout dépend de l'opportunité, du client et du site. N'importe quel programme peut engendrer un grand projet. Et puis... un musée de sciences naturelles ne serait pas une si mauvaise idée...

La ville parfaite ?

Los Angeles. La ville offre beaucoup. Il est difficile de la comprendre en quelques jours. Elle offre tant de strates et de complexité... Je l'associe toujours à Milan, une autre ville où ceux qui s'y rendent n'y vont pas pour sa beauté. Milan est davantage cachée. Il faut y vivre pour découvrir les palais, les cours... Toutes les portes sont différentes les unes des autres. Los Angeles présente d'autres réalités et votre esprit peut être sollicité tous les quarts d'heure par quelque chose de nouveau. C'est une version miniature du monde.

Préférez-vous parler ou dessiner ?

Ni l'un ni l'autre. Je préfère penser.

03(@ArchitectsIMet)_B.jpgLa question qui vous tourmente ?

Pourquoi cela n'est-il donc pas construit ?

Qu'est ce qui vous exaspère le plus en architecture ?

Les gens qui sont déterminés. Vous devez avoir l'esprit ouvert. En Italie, nous disons que les architectes sont des tautologues.

L'édifice le plus ridicule de Los Angeles ?

Parfois le ridicule peut être vu de manière positive comme dans bien des rues de Beverly Hills. Il y a là des cottages anglais, des châteaux à la française... Tout cela coexiste et voilà qui est fantastique. Les meilleurs exemples sont les maisons de Frank Gehry, lequel reprend le principe du cottage traditionnel pour le transformer. C'est la liberté et l'ouverture d'esprit de Los Angeles.

La musique que vous écoutez encore et encore ?

Brad Mehldau, pianiste jazz.

04(@ArchitectsIMet)_S.jpgVotre message pour les jeunes architectes ?

N'abandonnez pas !

Qui est votre mentor ?

Un mentor est quelqu'un au-dessus de vous. C'est important d'en avoir un. Quelqu'un qui vous dit ces trois choses que vous retiendrez pour toujours et qui vous guideront toute votre vie. Il y a différents types de mentor dans ma vie. L'un des derniers est Alessandro Mendini. Ses conversations et sa critique sont si enrichissantes... Ceux qui offrent leur critique sont, je pense, ceux qui prennent soin de nous.

Quel est votre souvenir de vos années d'études ?

Une grande époque, la meilleure période de ma vie.

Propos recueillis par Suzie Passaquin, Camille Roche et Charlotte Vuarchex

Architects I met organise, le samedi 31 mai 2014 à Marina Confluence à Lyon, dans le cadre des Nuits Sonores 2014, un chalk Walk Music géant et participatif qui, «encore plus fort que les élections municipales, permet de redessiner la ville à sa guise».

(1) Architectes, curieux et avides de rencontres, les membres de l'association 'Architects I met' vont à la rencontre d'autres architectes autour du monde. A travers ces personnalités, ils explorent différents lieux et thématiques.
En savoir plus : http://architectsimet.com/

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