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Visite | Le rêve d'or des archives départementales du Rhône, à Lyon (25-06-2014)

«C’est la chance de notre vie de faire un bâtiment sans fenêtres», assure Bruno Dumetier. L’exercice est pourtant périlleux. Le risque d’un bâtiment d’archives est de tourner le dos à la ville et de s’imposer dans le paysage tel un coffre fort massif et autiste. A Lyon, Gautier + Conquet & associés, Dumetier Design et Séquences, les concepteurs des nouvelles archives départementales du Rhône livrées en 2014, ont évité l’écueil.

Bureaux | Cuivre | Lyon

«Nous avions demandé un travail sur le paradoxe d’un bâtiment de conservation alliant un espace 'mort', technique et une ouverture au public. Nous avons donc suggéré l’image d’un coffre précieux dont les portes seraient ouvertes», précise le directeur de l’institution lors d’une visite de presse.

Le nouvel édifice, outre sa capacité de stockage, se veut être une vitrine culturelle. «Nous avons voulu développer une architecture classique reprenant la division socle, corps de bâtiment et couronnement», notent les architectes.

02(@DR).jpgDepuis le prolongement de la rue de la Villette, les archives présentent trois imposants volumes dorés. Le traitement de l’attique, élégant, assure un contrepoint à la masse des espaces de stockage. Un redent, quant à lui, anime la façade en brisant le rythme des imposants magasins.

«Nous avons pris conscience de la spécificité d’un programme d’archives. Il s’agit d’un lieu précieux qui abrite le trésor de la société», soutient Bruno Dumetier.

Un jeu de couleurs, noir et or, pour plus d’éclats, caractérise la construction. «Le socle est en granit noir. Les boîtes ont été habillées d’un métal doré alliant aluminium et cuivre emboutis. Nous avons voulu reprendre la teinte des couvertures sombres, en cuir, des livres anciens et leurs lettrines chatoyantes», poursuit-il.

«Nous avons utilisé le même alliage que les pièces d’euros», sourit Dominique Gautier. «Nous voulions assurer la plus grande stabilité du matériau dans le temps», précise-t-il.

Les imposants volumes abritent cinquante et un magasins de 200m² maximum - conformément aux règles de conservation -, totalisant 71 kilomètres de linéaire de rayonnages. L’organisation se veut «compacte» et «rationnelle».

03(@RenaudAraud)_S.jpgA la question du stockage s’ajoute celle de la préservation. Pour ce faire, une double peau a été mise en oeuvre, jouant le rôle de plenum technique. «Nous avions conçu, pour les archives du Gers, une double peau en béton. Nous avons poursuivi cette démarche thermique en vue de créer, à Lyon, un plenum technique pour supprimer toutes les gaines», explique Jérôme Terlaud, architecte associé de l’agence Séquences.

Le principe constructif se résume donc en une ossature en béton couverte d’une façade légère isolante. Cette seconde peau, à 80cm des murs de béton, abrite un vide dans lequel circule l’air qui balaye les salles d’archives. Du fait de cet entre-deux technique, les lieux de stockage se retrouvent libérés de la plupart des gaines intérieures.

04(@RenaudAraud).jpg«Les salles de classement sont souvent mal traitées. Il s’agit généralement d’un travail solitaire et nous souhaitions offrir au personnel un espace noble», précise le directeur de l’institution. Les édifices abritant des archives, pour parfaire l’aspect monolithique de leur dessin, glissent généralement l’administration et les espaces de collecte dans des interstices ou en des délaissés peu généreux.

Ici, les architectes ont pris le parti de donner plus de lumière et plus de visibilité à ces locaux. Les espaces de traitements bénéficient d’un positionnement privilégié en façade. Des lames verticales micro perforées protègent ces bureaux des rayons du soleil. L’administration, quant à elle, aux septième et huitième étages, bénéficie de plus amples ouvertures ainsi que de deux patios.

Dominique Gautier aime à évoquer un bâtiment «synthétique», relevant par endroit de «l’ouvrage d’art», considérant les fortes portées de chaque magasin et les surcharges (1.300kg/m²) à prendre en compte.

Au-delà du parti technique, les nouvelles archives du Rhône réussissent à s’imposer dans le paysage urbain. Loin des constructions du XIXe siècle, structurant la ville, cet édifice porte, malgré une position marginale entre boulevard et ligne de chemin de fer, une force symbolique, trop rare aujourd’hui.

Jean-Philippe Hugron

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