Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil International

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Espagne | Les belles formes de Fermín Vázquez (10-09-2014)

Ah belle marquise ! Le marché aux puces de Barcelone présente désormais un prodigieux toit de métal. Son architecte ? Fermín Vázquez, fondateur de l’agence espagnole b720 Arquitectos. Un entretien publié le 17 juillet 2013 sur le site des publications digitales techniques, originalement paru dans la revue Envolvente Arquitectonica, revient sur une pratique originale se prémunissant des discours convenus.  

Barcelone | Fermin Vázquez

ENTRETIEN : FERMIN VAZQUEZ
Publications digitales techniques / Envolvente Arquitectonica

BARCELONE - Fermín Vázquez Huarte-Mendicoa, architecte né à Madrid et installé à Barcelone. A 50 ans, il a collaboré avec l’élite de l’architecture mondiale : Jean Nouvel, David Chipperfield et Toyo Ito. Actuellement, il dirige b720 Fermín Vázquez Arquitectos, une prestigieuse agence qui compte près de cinquante collaborateurs à Madrid, Barcelone et Porto Alegre.

Envolvente Arquitectonica : La principale caractéristique de b720 est d’être formellement imprévisible. Quel serait alors l’identité du studio ?

Fermín Vázquez : Nous sommes spécialistes de la déspécialisation. Nous évitons de manière délibérée les a priori formels. Nous n’avons pas l’intention non plus de nous appuyer sur un style : nous envisageons les projets comme une réponse à un problème précis, à chaque fois unique puisque issu de la combinaison d’un contexte, d’un programme et d’un client. Nous pouvons ajouter à cela l’évolution constante des préoccupations de l’agence. Le service rendu à la société et aux besoins du client, voilà le seul point commun, fondamental à tous les projets.

La forme prévaut-elle dans vos projets sur la fonction ?

Les deux sont indissociables. Les projets doivent être à l’intersection des réponses fonctionnelles les plus adéquates et les meilleures solutions formelles. Il doit y avoir un équilibre.

02(@AdriaGoula)_S.jpgVous collaborez habituellement avec des architectes considérés comme l’élite de l’architecture mondiale - parmi eux, Jean Nouvel, David Chipperfield ou Toyo Ito -. Qu’apportent ces collaborations à l’agence ?

Ce n’est, je tiens à le préciser, pas quelque chose d’habituel. Cela nous arrivait surtout au début de notre pratique professionnelle. Evidemment, il n’y a aucun inconvénient à collaborer avec de grands noms.

Nous voulons que l’architecture soit avant tout un service professionnel qui regroupe toutes les personnalités nécessaires à un projet depuis les concepts basiques jusqu’à la construction. Tout passe par un travail d’équipe. Qu’un architecte de prestige participe à cette équipe est une opportunité toujours intéressante.

Quels sont les avantages et les inconvénients de travailler avec les plus grands ?

Il y a plus d’avantages que d’inconvénients. Travailler avec un confrère brillant est source de stimulation et d’apprentissage. Les inconvénients reposent sur les habitudes et les manières de coordonner les individus entre eux quand les équipes de travail sont importantes et complexes.

Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?

A Barcelone, nous [avons livré] le nouveau marché del Encants, un édifice qui aide à la reconfiguration de la place de les Glòries. Nous avons aussi des projets au Brésil avec le réaménagement du front portuaire de Porto Alegre. C’est un site de 20ha représentant 300.000m² de constructions et qui changera le visage de la ville.

04(@b720)_S.jpgLe défi actuel des façades est à la durabilité. Comment travaillez-vous pour y parvenir ?

Nous essayons principalement de travailler à force de responsabilité, de rigueur et de volonté. Nous nous méfions de certains discours prévalant aujourd’hui et de l’opportunisme qui rôde autour de ce thème. Nous préférons agir en faisant usage du sens commun et, surtout, de l’expérience. Celle-ci résulte notamment d’une recherche profonde que nous menons à travers différents projets de R&D sur la réduction de l’impact environnement.

Quelle stratégie recommandez-vous pour résoudre la protection solaire ?

Traiter la protection solaire est une opportunité pour l’architecture contemporaine. L’énorme variété de stratégies, matériaux et technologies disponibles permet le développement de nouvelles manières de comprendre la relation entre l’intérieur et l’extérieur de l’édifice. Il ne s’agit pas seulement de se protéger de la radiation solaire mais de la contrôler, de la filtrer, de la moduler, d’en profiter et même de jouer avec elle.

Qui plus est, sous nos latitudes, le sujet peut-être particulièrement délicat. En ce sens, les modèles de construction qui nous arrivent d’autres pays ne sont pas toujours recommandables à l’égard de notre environnement.

Nos projets se doivent d’être caractérisés, entre autres, par un intérêt constant pour la peau de l’édifice lequel se concrétise par une volonté de recherches sur les différentes manières de matérialiser la protection solaire et de construire l’ombre.

Pensez-vous possible que l’éclairage naturel puisse primer sur la lumière artificielle ?

La nécessité de réduire la consommation énergétique des édifices impose le maximum d’éclairage naturel. Dit d’une autre façon, il s’agit d’éviter un usage irrationnel des sources de lumière artificielle, de penser les projets avec rigueur et selon le bon sens commun.

Plus encore, la qualité des espaces de premier jour est bien plus importante que les espaces de second jour ou ceux encore dépendant de la lumière artificielle. Bien qu’il existe des moyens techniques pour rendre habitables des espaces ne disposant d’aucune source naturelle de lumière, cela n’est pas pour autant désirable.

03(@AdriaGoula).jpgAdapter les édifices à l’environnement naturel est à l’ordre du jour. Comment b720 affronte ce défi ?

La relation avec la nature est toujours problématique. Cette sensation a toujours existé d’une manière ou d’une autre. Toutefois, aujourd’hui, deux facteurs me semblent importants. D’un côté, nous avons une meilleure conscience de la fragilité de notre environnement, des moyens limités qu’il offre et de la responsabilité qu’implique la construction sur un site où la présence humaine est peu importante mais, d’un autre côté, il faut aussi avoir à l’esprit que le paysage n’est paysage que s’il y a une relation à l’homme. Au fond, il ne s’agit pas de protéger la nature mais de nous protéger nous-mêmes.

En considérant le futur, comment Fermín Vázquez imagine l’enveloppe d’une construction ? S’agira-t-il de quelque chose d’extravagant ou de dispositifs pratiques ?

Probablement ni l’un, ni l’autre. Si par extravagance, nous comprenons les excès formels de ces derniers temps alors, de toute évidence, dans un contexte de retenue économique, ils seront moins fréquents. D’autre part, bien que ces extravagances soient aujourd’hui injuriées, elles font partie d’une évolution naturelle, d’une recherche architecturale nécessaire qui n’est rien moins que l’expression de la culture et des opportunités technologiques du moment.

Si par aspect pratique, nous comprenons la rationalité et l’efficacité dans la gestion des moyens disponibles, c’est-à-dire la proportion adéquate entre les fins et les moyens, voilà une évidence qui devrait être le propre d’une bonne architecture.

Publications digitales techniques / Envolvente Arquitectonica | Espagne
17-07-2013
Adapté par : Jean-Philippe Hugron

Réagir à l'article


Album-photos |L'année 2018 d'OLGGA

En 2018, OLGGA est lauréat de 3 nouveaux projets : le stade Gagarine sur les hauteurs du Havre (76), un gymnase à Wallers Arenberg (59) et le nouveau stade de Chambéry (73) d’une capacité de 5000 places.  ...[Lire la suite]


Album-photos |L'année 2018 de Chaix & Morel et Associés

L’année 2018 fut riche en livraisons de bâtiments et en émotions ! Voir sortir de terre des projets emblématiques comme la tour SKY 56, le Village de Roland-Garros ou l’immeuble Lände 3 à Vienne est...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de PANARCHITECTURE

Ce sont des projets tant attendus qui sortent enfin de terre : trois maisons individuelles neuves dans le sud de la France et un Hôtel à Paris rue du Faubourg Saint Honoré.  Ce sont quelques journées en gilets jaunes...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 d'Antonio Virga

C’était une année très dense et riche durant laquelle nous avons reçu le prix AMO pour le CHAI – centre d’hébergement et d’accueil international– comme meilleur catalyseur urbain ; les...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de Gaëtan le Penhuel & Associés

Dans le nouveau quartier de la Confluence à la pointe de la presqu’île lyonnaise, l'atelier d'architecture Gaëtan le Penhuel & Associés a livré en 2018 un projet au programme mixte réparti en deux...[Lire la suite]