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Chronique | La Blonde et l'archi sur pellicule (17-09-2014)

Un bon chien en fait pisser un autre, qu'on dit par chez nous. Vous me connaissez maintenant... Mon chum architecte et moi, sa Blonde, naïve aux as question construction, nous vous proposons de nous suivre dans une salle obscure. Nous avons vu un film extraordinaire réalisé par un Canadien, où l'architecture joue un rôle de prime importance ! Enemy. A voir et revoir !

France

Oupelay ! Un soir, mon chum est rentré ben énervé. J'ui ai dit de se calmer le pompon, de reprendre sa respiration. Mais rien. Alors sans faire ni un ni deux, j'ui ai dit qu'on ferait mieux d'aller au cinéma plutôt que de se démener comme des diables dans d'l'eau bénite.

Il faut dire qu'il a encore fait de l'overtime ce mois-ci. Il ne voulait surtout plus voir d'architecture. Plus en entendre parler. Ca tombe bien, je sais toujours pas en parler.

Il faisait chaud dehors et le ciel était orageux. J'hésitais entre mon imper et ma chemise en peau de pet, celle qu'est toute mince, idéale pour l'été. J'l'ai acheté l'hiver dernier à Montréal, 25°C sous terre... Tiens, quand j'y pense à mon Québec, suis toute nostalgique.

J'ai pris mon Pariscope, c'est quétaine... Je sais, mais j'préfère avoir des airs de Parisienne que de geek invétérée. «Watch ça !», qu'je dis à mon chum, «un film canadien, de Denis Villeneuve en sus !». On n'a pas eu le temps de se sauter dan'le face et de s'insulter pour choisir le film. C'était tout vu !

Mon chum voulait quand même voir les critiques. Sont bien négatives. Ca donne l'impression d'être un film qui parle pointu avec des mots du dimanche. Moi, le pitch me plaît : un homme qui trouve son exact sosie. Il y a de quoi avoir un trouble de l'identité.

J'vais pas tant vous raconter le film que le bonheur qu'il m'a donné. Nombreux sont ceux à dire que c'est plate. Je pense ben le contraire. Et pour vous dire, le premier rôle, c'est pas Jake Gyllenhaal - même s'il m'excite le poil - c'est l'architecture qui le tient.

J'vais même vous faire une confidence, j'allais avec mon chum aux soirées cinéma de son école. J'en ai vu de l'architecture sur pellicules. De Fenêtre sur Cour au Mépris en passant par Brazil où l'ensemble Abraxas, la pièce montée néoclassique de Ricardo Bofill à Noisy-le-Grand sert de décor - c'est mon chum qui'm'la dit, j'veux pas être plus catholique que le pape -. Bah, c'ui là, Enemy, c'est tiguidou !

Le film se déroule à Toronto. La ville est anonyme. Les plans montrent une architecture moderne, insignifiante. La rencontre de Jake et de son sosie se déroule sur fond de tours ordinaires. Balcons en béton et grandes baies vitrées. Ca pourrait aussi bien être Toronto que Montréal ou Vancouver.

Les seuls bâtiments identifiables sont deux tours torsadées. Il était tout énervé de Beauport, tout fier, mon chum de me dire qu'il les connaissait les deux maudites jumelles ! MAD, un architecte chinois, le premier à construire hors de Chine. Le projet ? Les absolute towers ! «Comme la vodka ?», j'ui est dit. «Farme ta boite !», qu'il m'a répondu en riant. Fallait pas que j'insulte les deux flacons façon gratte-ciel non plus.

02(@TerryOzon)_S.jpgMais voilà le seul élément reconnaissable dans ce film, un ensemble architectural, qui fait écho à l'histoire. Ces deux éléments, débordant de singularités sont face à face, tels les deux sosies. J'étais aux oiseaux de voir ça et surtout d'avoir les sous-titres de mon chum.

Bon, il y a, plus classique aussi, les cadrages à la Hopper, la musique omniprésente, tantôt angoissante, les vues hitchcockiennes... Et la ville... pardon... une ville... tant elle reste anonyme et omniprésente du début jusqu'à la fin.

D'habitude, l'architecture est un décor, une belle bordure. Ici, elle est un personnage sinon un reflet des troubles des deux protagonistes.

Ce film a essuyé ma nostalgie. J'étais de nouveau là-bas. Heureuse. Du construit plein les yeux. Bref, je mets mes culottes, j'prends mes responsabilités, je vous le conseille ce 16-9ème !

Et vous me direz... Merci pour ce moment... J'espère...

Allez, à la revoyure !

Arlette Debonnefoy

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