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Espagne | VAUMM réalise un parking couvert en guise de suture urbaine (22-10-2014)

Des espaces publics en escalier, des ascenseurs panoramiques, un jeu de rampes et d’espaces verts... Livré en 2013 à Errentería, le projet dit 'Galtzaraborda' - du nom du quartier où il s’implante -, conçu par l'agence VAUMM, tente de créer le lien là où la fracture était telle que la communication s’avérait difficile. Pour ce faire, rien de mieux qu’un parking !

Divers | Espagne | VAUMM

VAUMM, agence espagnole - basque plus précisément -, a d’ores et déjà été sous les projecteurs de la scène internationale : en 2013, les cinq associés* avaient été en lice pour le prix Mies van der Rohe. Le Centre culinaire basque avait alors suscité curiosité et respect de la profession.

Galtzaraborda est un projet, quant à lui, bien plus modeste. Le définir reste délicat. Anataxu Zabalbeascoa, critique pour le quotidien espagnol El País, ne s’y risque pas plus : «Urbanisme ? Paysage ? Ou architecture ?», titre-t-elle le 10 octobre 2014. «Les projets dont les villes ont parfois besoin n’ont pas de nom et n’entrent dans aucune case. Ils allient de nombreux usages. C’est le cas notamment de ce projet à Errentería», écrit-elle.

Et pour cause, d’un projet de parking, les architectes* de VAUMM ont donné naissance, à la demande de la municipalité, à un dessein plus ambitieux. «L’ensemble se situe sur un terrain qui n’était jusqu’alors pas urbanisé et qui se révélait être une véritable fracture au coeur de la ville», notent les architectes*.

02(@AitorOrtiz)_B.jpg «L’intervention, en plus de proposer un parking, a été pensée comme une opportunité pour générer une infrastructure à même de résoudre les problèmes d’accessibilité et de proposer places publiques et espaces verts», précisent-ils.

Le contexte urbain est, ici, particulièrement brutal. «Le développement industriel des années 60 a marqué la périphérie des villes par des quartiers comme celui de Galtzaraborda, où la grande quantité de logements destinés à absorber la vague migratoire a produit un urbanisme où les lacunes sont importantes autant que l’absence d’espace public ou encore le manque d’accessibilité», souligne la critique d'El País.

En tout et pour tout, 111 places de parking doivent faire office de «suture urbaine». L’enjeu était de taille d’autant plus avec un budget réduit.

03(@AitorOrtiz)_S.jpgVAUMM a donc fait montre d’audace. Les associés*, habitués à travailler dans la pente, se sont appliqués à dessiner un ensemble de restanques.

«L’orographie nous donne un alibi», déclarent-ils dans un entretien accordé au blog espagnol de Stephen y Barno. «La topographie est problématique. Toutefois, si elle devient le protagoniste du projet, elle enrichit alors le dessin. Nous prenons plaisir à modeler le paysage et à apprendre du contexte physique», disent-ils.

L’agence a d’ores et déjà à son actif plusieurs projets d’ascenseurs panoramiques. Aussi, la relation au terrain est, de par cette expérience, de prime importance et VAUMM s’autorise même quelques sourires à l’encontre des «artefacts autistes de l’architecture médiatique».

Les places de stationnement se répartissent dans deux édifices, lesquels se font les supports de deux places publiques. Un ensemble de rampes et d’ascenseurs désenclave la partie haute du quartier et offre ainsi un accès direct à la gare qui relie la ville à Saint-Sébastien.

Enfin, un traitement de façades joue des transparences et de l’opacité afin d’éviter d’imposants murs aveugles. Bref, un édifice tout en urbanité.

Jean-Philippe Hugron

04(@AitorOrtiz)_S.jpgFiche technique

Nom : Galtzaraborda
Programme : Parking et ascenseurs publics
Lieu : Errenteria, Gipuzkoa
Livraison : 2013
Client : Municipalité de Errentería
Coût : 3,14 millions d’euros
Surface : 5.000m²

* Les cinq associés sont Marta Alvarez Pastor, Iñigo García Odiaga, Jon Muniategiandikoetxea Markiegi, Javier Ubillos Pernaut et Tomás Valenciano Tamayo

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