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Cité des Arts et des Sciences, Valence (Espagne)Cité des Arts et des Sciences, Valence (Espagne)

Espagne | Calatrava paranoïa, la faute à qui ? (05-11-2014)

Dès qu’il s’agit d’associer un adjectif au nom de Santiago Calatrava, la presse ibérique privilégie les épithètes «controversé» et «polémique». In fine, l’architecte fait les choux gras des quotidiens et se révèle être l’acteur d’une 'telenovela' judiciaire. D’une affaire à l’autre, les accusations tombent. Aujourd’hui, l'homme de l'art souhaite rétablir la vérité. Aussi, plaide-t-il non coupable et, par la même occasion, accuse les pouvoirs publics de négligences.

Espagne | Santiago Calatrava

«Une campagne de discrédit est menée à mon encontre à des fins électorales», titre le quotidien espagnol El País en citant, le 28 octobre 2014, Santiago Calatrava.

En Espagne, l’architecte fait l’objet de toutes les critiques. Aussi génial soit-il, il laisse derrière lui de douloureuses ardoises qui peinent à passer auprès du contribuable ibérique. Dans un souci d’équité, El País donne la parole à l’homme de l'art qui, pour se défendre, était accompagné lors de l’entretien de ses deux avocats.

Dès lors que le journaliste interpelle Santiago Calatrava sur le surcoût de la Cité des Arts et des Sciences à Valence - laquelle est passée d’un budget initialement estimé à 308 millions d’euros à un coût effectif de près de 1,3 milliard d’euros -, l’architecte répond que le projet, sur près de vingt ans, a connu de nombreuses évolutions programmatiques et a été, de fait, l’objet de réévaluations budgétaires. La faute aux édiles ?

02(@RduBois).jpgEcole polytechnique de Floride (Etats-Unis)Pour se défendre encore, l'architecte évoque également le projet de l’Université Polytechnique de Floride qui a été réalisé - sans doute, est-ce l’un des rares - dans le budget initialement imparti.

«Voilà qui fut possible non seulement grâce à la qualité et la maturité du projet mais aussi grâce à la qualité des entreprises de construction et à un suivi de chantier efficace. L’architecte n’est pas le seul responsable d’un projet, de son évolution, de sa qualité et du coût final», affirme-t-il.

Pour l’heure, l’homme de l'art affronte d’autres critiques, outre-Atlantique. La cible de la presse anglo-saxonne n’est autre que l’emblématique projet de gare d’échanges à New York sur le site de Ground Zero.

Déjà surnommé le «Calatrasaurus» - en raison de ce monumental enchevêtrement de poutrelles blanches lequel évoque, pour les critiques, la cage thoracique d’un montre préhistorique -, l’édifice a déjà dépassé l’enveloppe budgétaire prévue.

03(@DDefco)_S.jpgLe quotidien espagnol Valencia Plaza en rit. Carlos Aimeur, journaliste, rappelle dans l’édition du 14 octobre 2014 du titre local, que «l’expérience américaine a été ces derniers mois particulièrement difficile pour Calatrava. Pour l’heure, l’architecte maintient un bureau à New York, son agence principale à Zurich ainsi que des locaux aux Qatar en vue de suivre le chantier de pont à Doha», écrit-il.

La fermeture des bureaux madrilènes au profit d’une adresse en Suisse avait déclenché l’ire des grands quotidiens. Aujourd’hui, Santiago Calatrava pense à faire son retour en terres ibériques.

Aussi a-t-il envisagé d’acheter le Palais Arenzana, siège de l’ambassade française à Madrid, pour quelques vingt millions d’euros. La transaction n’a pas eu lieu. Trop cher, indique Valencia Plaza. Depuis, l’Etat français a revu ses prétentions à la baisse mais l’architecte y est resté insensible.

Côté justice, Santiago Calatrava est aussi bien exposé dans son pays qu’à l’international.

04(@MariaArtigas)_S.jpgL’article d’El País aligne les griefs : les mosaïques du Palais des Arts à Valence qui s’effritent, le toit amovible du Palais de Justice d’Oviedo qui n’a jamais bougé d’un centimètre, l’instabilité du pont de Venise ou encore le revêtement de sol - trop glissant - de la passerelle de Bilbao.

Généralement, l’architecte s’en retourne contre l’incurie des pouvoirs publics. Tantôt fustige-t-il les manquements à l’origine du projet, tantôt souligne-t-il les faiblesses de l’entretien.

Tout est question de négligence et jamais l’architecte ne semble se remettre en question.

Oh, non jamais.

Alors, la faute à qui ? Aux autres, pardi !

Jean-Philippe Hugron

Réactions

Tretiack | 06-11-2014 à 08:28:00

Bonjour Jean-Philippe. Sujet passionnant mais un peu court hélas. J'étais récemment à Oviedo et le monstre de Calatrava est impressionnant de laideur et d'inactivités. Le sujet mérite tout de même d'être creusé. Dérives de l'Etat espagnol, complicités et mégalomanie ? Le sujet reste à traiter. A bientôt
Mon salut.

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