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Brève | Build(dingue), une architecture de verre qui interroge le thème du vivre ensemble (26-01-2015)

Le projet Build(dingue), ville de verre imaginée par le duo Anne Donzé et Vincent Chagnon, a été récompensé, en mai 2014, du Prix L’oeuvre de la Fondation Ateliers d’Art de France. A travers cette création, présentée en avant-première au salon Maison&Objet, les artistes abordent des thèmes récurrents de leur parcours commun : le voyeurisme dans la transparence, le vivre ensemble ou encore l’ouverture de soi et à l’autre. Communiqué.

Verre | France

Neuf immeubles d’1,50 mètre - presque à hauteur d'homme -, entièrement réalisés en verre soufflé, où vivent des personnages en pâte de verre : c’est le projet fou qu’ont imaginé Anne Donzé et Vincent Chagnon.

Anne Donzé est spécialisée dans la pâte de verre et Vincent Chagnon souffle à la canne. Ils ont uni leurs expériences entre l’Europe et Montréal pour conjuguer ces deux techniques qui font aujourd’hui leur spécialité. Build(dingue) est la traduction de cette symbiose de travail.

02(@Gilles Leimdorfer)_B.jpgLe duo de verriers d’art, désigné lauréat du Prix L’oeuvre de la Fondation Ateliers d’Art de France, doté de 60.000 euros, a réalisé en neuf mois Build(dingue), ce quartier de 360 blocs de verre soufflé dans lesquels se jouent 120 scènes de la vie quotidienne. 

Un projet dont le nom laissait présager l’ambitieuse folie...

Au-delà du travail acharné et extrêmement précis que requiert cette oeuvre, c’est avant tout son approche narrative et le questionnement du vivre ensemble dans le monde d’aujourd’hui qu’il faut y voir.

Les personnages en pâte de verre peuplent et font l’âme de cette ville. 

Pendant que certains font leurs bagages, prêts à partir en voyage, d’autres prennent leur douche ou regardent la télévision. Si la solitude de certains personnages donne à réfléchir sur notre individualisme, le comique de certaines situations provoque le sourire.

Si la transparence du matériau appelle à l’indiscrétion et au voyeurisme, l’organisation de ces boîtes habitées, voisines mais hermétiques, renvoie à l’isolement en milieu urbain. Un propos qui a séduit le jury. «Notre choix s’est porté sur ce projet pour ce qu’il combine : la présence des métiers d’art, la technicité mise en oeuvre, la dimension plastique et esthétique mais aussi le message, une virtualité enfermante pour laquelle la multiplication des modules de verre est totalement pertinente», explique Jérôme Farigoule.

05(@Gilles Leimdorfer).jpgUne architecture habitée

Anne Donzé et Vincent Chagnon ont tout prévu. Et notamment d’inviter le visiteur à jeter un oeil dans les cases de verre, en circulant librement au milieu de l’installation, constituée de neuf buildings d’1,50 mètre de haut et d’un demi-mètre carré de base, l’ensemble s’organisant sur un espace de 3 mètres carrés.

Parmi les cases de verre qui constituent ces édifices, 36 abritent des personnages occupés à prendre leur douche, regarder la télévision, éplucher les légumes, passer un appel depuis une cabine téléphonique ou bien prêts à partir en voyage avec leurs bagages à roulettes.

04(@Gilles Leimdorfer)_B.jpgSi Montréal, où Anne la française a rejoint Vincent le canadien, leur a inspiré ce paysage de tours de verre vaste et aéré, ce sont les flux parisiens qui les ont incités à s’interroger sur l’individualisme du monde citadin.

«Des millions de personnes font la ville, mais chacun reste dans sa bulle, sans communiquer», explique Anne Donzé. «La paroi en verre transparent sert de protection à l’individu. Mais elle lui sert aussi à être vu et à se mettre en scène. Regarder au travers, c’est s’ouvrir au monde et s’observer pour un partage d’identité».

L'architecture de verre est encore visible, pour quelques heures, au salon Maison&Objet, sur le stand Ateliers d’Art de France, avant de s'installer, du 5 au 21 février 2015, à la galerie Collection, Paris 3e.

03(@Gilles Leimdorfer)_S.jpg

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