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Rencontre | Sans préjugés, Elisabeth de Portzamparc  (28-01-2015)

Ah ! La femme de... Encore et toujours la même appréciation... Qui pourrait bien parler du mari de..., pour une fois ? Et puis, peu importe ! Elisabeth de Portzamparc s’affirme, seule, en son agence, usant d’un langage qui lui est propre. Liliana Albertazzi, professeur d’esthétique, résume les grands thèmes poursuivis par l’architecte.

France | Elizabeth de Portzamparc

Les jurys participant à la réception des projets du Musée de Nîmes, de la gare du Bourget et du GED (Grand Equipement documentaire) à Aubervilliers l’ont choisie pour réaliser ces ouvrages et ils ont eu raison. Les réponses sont justes et flexibles pour des formes très personnelles.

Les sceptiques sur son talent personnel n’ont pourtant pas manqué. Ceux qui ont suivi sa carrière de sociologue dans nombre de projets urbains, notamment à la Direction de l’urbanisme de la Ville d’Antony entre 1977 et 1981, ses élèves à l’Ecole d’architecture Paris-la Seine ou ceux qui connaissaient le déploiement de son agence pluridisciplinaire (ouverte en 1987) n’en doutaient pas.

Les mariages, dans cette profession, ne manquent pas et, en 1981, Elisabeth a croisé son mari en voie de devenir célèbre dans le milieu de l’architecture. Toutefois, ce qui différencie ce couple des autres est que, pendant des années, ils ont maintenu leurs agences respectives.

C’est seulement en 2011 qu’ils mutualisent certains services au sein d’une entreprise commune mais en restant toujours chacun chez soi et avec leurs propres équipes, même si cela pourrait évoluer dans un futur proche.

Certes, à l’origine, l’agence d’Elisabeth de Portzamparc s’occupait, de préférence, d’intérieurs et de muséographie mais l’évolution même de projets mixtes au sein des sujets urbains l’a amenée à passer son diplôme d’architecte D.P.LG. ; elle est inscrite à l’Ordre depuis 2006.

Nous nous passerions de ce C.V. pour de nombreux hommes architectes, mais cette femme courageuse cumule les contraintes : femme, femme de, intelligente, étrangère (brésilienne) et belle, qui plus est ! Son cher mari ajouterait : autonome et déterminée.

02(@EdePortzamparc).jpgMise au point faite, revenons sur les projets. Tandis que des logements se terminent en 2015 à Bordeaux, dans le quartier des Bassins à flots, d’autres se construisent à Metz (2016) et le Musée de Nîmes commence à s’ériger face aux arènes (concours gagné en 2012).

Le permis de construire pour la Tour Hyatt à Casablanca est lancé ainsi que celui du quartier de Massy, gagné par les deux agences réunies (ACDP).

En septembre 2014, Elisabeth de Portzamparc gagne le concours de la Gare du Bourget et pour elle, le tracé d’une ligne Antony-Le Bourget en tant que parcours et axe du renouveau du Grand Paris est signe d’une cohérence : la «coulée verte» qui tentait de relier Antony à Paris semble se profiler désormais à travers la capitale jusqu’à Roissy en passant par Le Bourget.

03(@EdePortzamparc).jpgRegardons-y de plus près. L’urbanité locale est pourtant minée par un déséquilibre entre friches et zones denses ainsi que par la confluence d’un axe routier (Nationale 2) et une connexion entre l’actuel RER et le Tramway express Nord (TLN). Ajoutez comme données supplémentaires un dénivellement topographique de quelques 6 mètres entre la nationale et les voies du tram, ainsi que l’enclave de la nouvelle gare. Le tout dans «un programme en devenir» comme tout ce qui concerne le Grand Paris (comprendre : en attente de financement).

La réponse d’Elisabeth de Portzamparc a concilié les contraintes : l’espace flexible coiffé d’un toit à double pente inversée autorise la variation entre 3.800 et 9.000 mètres carrés, l’éventuel rajout d’une possible tour d’habitation et le développement d’une artère existante - Chevalier-de-La-Barre -, en rue commerciale pour relier l’équipement à l’entrée de Drancy.

Puis, il y a les astuces architecturales : une immense cour anglaise et un parvis en pavés de verre éclairant le sous-sol, 25 mètres en-dessous, où s'effectuent les échanges entre quais pour joindre les deux lignes de locomotion via un savant jeu de circulations.

04(@EdePortzamparc).jpgA quelques kilomètres, le Centre de Documentation du campus Condorcet à Aubervilliers-Saint-Denis concerne 25.000 mètres carrés dans un quartier en pleine évolution. Deux volumes en vis-à-vis se répondent par une symétrie diagonale et dynamisent l’ensemble.

Une grande dalle en béton marque l’horizontalité à hauteur du double rez-de-chaussée et crée une coursive autour du bâtiment ainsi qu’une terrasse qui dessert toutes les salles de documentation.

La perméabilité extérieur / intérieur, les volumes qui se décrochent au niveau de l’atrium amplifié de l’entrée, le toit terrasse et les balcons en métal qui pénètrent les angles du bâtiment allègent les masses compactes et entraînent les flux.

Contrairement à l’image figée de l’activité de recherche, le bâtiment insiste sur l’activité, l’ouverture et la vitalité. Fidèle à l’impératif de flexibilité et de réversibilité, le bâtiment tolère des agrandissements et des espaces mixtes - commerces et cafés - voués à une interaction avec l’extérieur, qui déroge à la vision fausse de chercheurs coupés du monde. Sans le monde, il n’y a ni surprise ni recherche...

Dans les deux bâtiments ainsi que dans les logements de Bordeaux et dans le Musée de Nîmes, nous observons une même ligne de projet : articulation extérieur / intérieur fluide, volumes percés pour éviter les masses compactes, axes verticaux et horizontaux dynamisés par la végétation, perméabilité avec la ville et flexibilité.

Signature autant que conviction, ces bâtiments s’inscrivent dans une pensée urbaine à long terme.

Liliana Albertazzi

Réactions

fille de | architecte | Nord | 30-01-2015 à 19:03:00

Roni,

Je souffre d'être fille de, savez-vous.

Ne vous viendrait-il pas à l'idée que Christian de Portzamparc ait pu construire à Rio par l'intermédiaire de sa femme carioca? Non, vous pensez qu'elle profite de son mari comme je profite surement de papa.

Combien de couple travaille ensemble en agence aussi... où est donc le problème! Vincent Parreira et Karine Hermann...chacun dans leur agence et pourtant sous le même toit. Allez vous les dénoncer? Et serait-ce Monsieur avec ses poils et sa barbe qui permet à sa femme de gagner des concours??

Roni | Architecte | Toulouse | 29-01-2015 à 21:38:00

Inouï d'écrire des conneries pareils!! Elle vous a payé cher madame de pour faire sa pub le jour de sa splendide victoire au parpaing d'or

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