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Présentation | L'investissement géométrique de LCR Architectes (28-01-2015)

A Toulouse, LCR Architectes poursuit ses obsessions : la géométrie. Avancé aussi abruptement, le propos ne pourrait prétendre à l’originalité ; l’architecture reste un art orthonormé. Toutefois, pour LCR Architectes, «l’investissement géométrique» est réalisé en amont, dès le concours, et tenu jusqu'à la réalisation.

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«Nous évitons ainsi les accidents d’organisation», assure Xavier Ratynski, architecte associé de l’agence. La «trame rigoureuse» est une aide précieuse sur le chantier et conduit à la «systématisation» de l’habillage ou de la menuiserie, par exemple.

Les éléments secondaires, quant à eux, s’en retrouvent «rationalisés». Pour Rémi Martinelli et Jérôme Tarrible, cette géométrie précoce peut être intégrée rapidement par les entreprises en vue de «s’auto-discipliner». Bref, aux dires des collaborateurs, la technique est payante !

Seul bémol, la méthode s’adapte mal aux programmes dont les données sont moins stables. En revanche, pour un établissement scolaire, elle relève de l’idéal. Un exemple : le collège Pierre Mendès France de Labarthe-sur-Lèze.

04(@SMille)_B.jpgLe programme était, dans ce cas, somme toute «assez standard». Pour autant, les propositions lors du concours n’étaient pas homogènes et le parti de LCR Architectes contrastait avec les autres dessins plus compacts et unitaires.

L’ambition de l’agence toulousaine était de s’inscrire dans un paysage rural à la sortie d’un bourg. «Il nous a fallu garder à l’esprit que le collège est le premier élément bâti d'importance sur un site vierge. Il est aussi l'amorce d'un nouveau tissu urbain. Il ne s'agit pas d'annexer un morceau de campagne pour étendre la ville mais de s'installer en lisière, en retournant cette difficulté en un travail de fond sur des questions cruciales : le territoire agricole, l'infrastructure, le paysage», explique Xavier Ratynski.

L’organisation en pavillon - à partir, bien entendu, d’une «grille capable» - est une stratégie d’ores et déjà éprouvée par l’agence, à Biscarosse notamment. Aussi, Xavier Ratynski se montre objectif sur le sujet. Il y a des contraintes - de plus amples circulations - et des avantages - une meilleure répartition des fonctions et une plus grande visibilité des espaces -.

Pour ce qui est des «rues intérieures», si elles dépassent les préconisations du programme, elles confèrent au projet de grandes qualités d’usage. «L’ambiance d’un collège est à penser. De larges couloirs permettent des circulations détendues. Ils n’invitent pas à se réfugier dans les escaliers qui sont généralement des lieux de tensions», explique-t-il.

02(@SMille).jpgLa matérialité du projet devait servir son intégration au grand paysage. A l’heure des premières esquisses, l’audace chatouille les esprits et le bronze est, un moment, envisagé. « La teinte de ce matériau était sans doute la plus proche de ce que nous recherchions, à savoir un brun un peu froid mais stable», affirme Xavier Ratynski.

L’idée est très vite écartée : «le produit n’existe pas. Le bronze n’a aucune souplesse et se montre par ailleurs très cassant. Il faudrait lui donner de l’épaisseur mais voilà qui n’est possible qu’à un coût prohibitif», précise-t-il.

Le cuivre est alors choisi. Le prix diffère légèrement d’un aluminium mais la pose reste la même. Dans l’économie globale du projet, le choix n’est que peu visible puisque de nouvelles options ont dû être prises pour respecter le coût global. Qui plus est, à terme, l’entretien des façades sera quasi nul.

03(@SMille).jpgUne mise en oeuvre dans des proportions aussi importantes est une première en France. Il a fallu des avis techniques mais la volonté d’un industriel allemand à s’implanter dans l’hexagone a aidé au vaste combat réglementaire.

Les premiers jours après la pause, l’édifice était clinquant. Aujourd’hui, la patine et l’oxydation débute lentement. Il faudra sans doute plusieurs décennies avant de voir le collège vert.

«La maîtrise d’ouvrage ne nous a demandé aucune perspective avec les teintes vertes. Nous n’en avons pas fait pour nous non plus. Nous avons seulement averti la maîtrise d’ouvrage de ne pas essayer de nettoyer les traces de doigts pour éviter tout risque de différence dans l’oxydation», précise l’architecte.

Face à la plastique du bâtiment, Xavier Ratynski regrette parfois que «la qualité architecturale soit moins analysée» et que «chacun limite son avis aux matériaux». Le cuivre «ferait riche» de l’aveu des concepteurs. La belle illusion !

L’habit ne fait pas la géométrie, générale, pure ou fine !

Jean-Philippe Hugron

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