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Présentation | Quatre architectes en matière d'ornement (28-01-2015)

Sans pudeur, ni faux-semblant, pas même retranchée derrière un sigle, pire encore un acronyme barbare, l'agence signe Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Schertenleib ! A Céret, elle a livré en avril 2014 une nouvelle salle de spectacles qui révèle ouvertement toutes les questions posées aux quatre associés. La vérité au bout des doigts.

Bâtiments Publics | Culture | Béton | | Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Schertenleib

Un peu plus d’une heure avant le train qui le ramène à Montpellier, Antoine Assus se prête, gare de Lyon, au jeu du question-réponse. En mire, la salle de spectacles de Céret, «un projet contraint qu’il nous a fallu intégrer dans un paysage de maisons de ville», résume-t-il.

Côté rue, il ne paraît rien de l’édifice. Une façade ancienne a été conservée voire modernisée, seules traces de l’intervention récente.

Par delà, un bloc de béton. En dedans, la scène et les gradins. Aveugle ! Voilà, pour Antoine Assus, la grande difficulté de ce projet : «donner une identité à une construction par essence introvertie».

04(@DBoyDeLaTour)_B.jpgPour ce faire, l’agence a eu recours à la matérialité. Toutefois, l’intégration à l’environnement bâti était un préalable.

L’ensemble est donc morcelé pour assurer une variation d’échelle à même de faire écho aux différentes morphologies présentes aux alentours.

Pour distinguer la salle de spectacles, l’utilisation du béton a été privilégiée, certes pour satisfaire les goûts brutalistes de l’agence mais aussi pour «s’inscrire dans une nouvelle logique».

03(@DBoyDeLaTour)_B.jpgEt pour cause ! Les associés expérimentent un processus mettant en avant les différentes phases de coulage. Les teintes varient et «entrent en résonance avec les bâtiments autour».

Le tout a été séquencé par tranches de neuf heures avec une cadence de nuit. Le béton a ensuite été décoffré puis sablé. L’effet est réussi et chacun voudrait pouvoir toucher sinon caresser cette douce stratification.

L’agence pourrait être accusée de maniérisme, ci tant est qu’il s’agirait là d’un crime : en effet, aux angles du bâti, des briques ont été positionnées pour masquer la reprise de bétonnage. La question de l’être et du paraître s’est posée entre associés. «Un débat qui va bien au-delà de l’architecture», précise Antoine Assus.

02(@DBoyDeLaTour)_B.jpg«Les associés de l'agence sont de deux générations différentes. Denis Boyer-Gibaud est attaché à ce matériau et nous souhaitions aussi faire un clin d’oeil à la bâtisse voisine», explique-t-il. D’une brique deux coups !

Pour cette fois, les arguments des uns et des autres ont pu se coordonner. Les échanges sont riches et l’émulsion certaine. Denis Boyer-Gibaud et François Percheron ont fait leurs armes chez Jean-Michel Willmotte. Olivier Schertenleib et Antoine Assus ont été formés chez Gilles Perraudin... De quoi apporter de l’eau au moulin !

«Le plus évident pour nous est que l’architecture n’est pas le résultat d’une équation. Elle ne peut pas être qu’utile ou vraie. Nous sommes emprunts de constructivisme, d’industrie et de reconstruction. Notre modèle pourrait être Jean Prouvé qui ne peut se résumer au visage industriel ; il est aussi homme de dessins», soutient Antoine Assus.

A Céret, outre la technique qu’un tel équipement impose - et l’agence n’en est pas à son premier -, l’édifice incarne dans toute sa vérité les dissensions et les interprétations de l’architecture contemporaine. L’ornement - peut-être ne l’est-il après tout pas - s’efface derrière la contextualité.

Seule la matérialité est permise.

Jean-Philippe Hugron

Réactions

Alberte-Londres | paca | 02-02-2015 à 08:43:00

Sí tant est qu'il s'agirait d'un crime...

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