Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil International

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Japon | Sanaa au pilon (01-04-2015)

Le destin des livres est parfois triste. Il y a malheureusement toujours des autodafés de par le monde et, dans le plus grand silence, des millions d’ouvrages, condamnés au pilon, sont détruits chaque année pour cause d'invendus. C’est le cas du premier livre de Sanaa publié en japonais aux éditions Yasushi. Qui l’eût lu ?

Média | Japon

Le quotidien Kumamadi a révélé hier que l’éditeur Yasushi allait détruire plus de 25.000 ouvrages dont le premier livre signé de l’agence japonaise Sanaa. Contacté par la rédaction du journal tokyoïte, le directeur de la maison d’édition, Akimi Zojiin, affirme «ne plus pouvoir assurer le stockage de ce livre».

Il reconnaît également une erreur «stratégique». Le prix de vente aurait été «trop élevé» pour un livre ne comportant ni mot, ni image. «Le minimalisme a ses limites», dit-il.

Sou Zentandû, libraire à Yokohama, dénonce, dans une tribune publiée par l’hebdomadaire progressiste local Yapuka, «un vide invendable». «Nous ne sommes pas les libraires branchés de Saint-Germain-des-Prés», écrit-il.

De son côté, Kazuyoyo Sejima évoque «un coup de théâtre» dans les colonnes de la revue Nô Archi. «Je suis triste de constater cet échec mais je me refuse de voir ces livres recyclés en rouleaux de papier pour servir ensuite de tentes à des sans-abris», assure-t-elle. Voilà une position qui éveilla la surprise : jamais, de mémoire d’homme, elle n’avait prononcé si longue phrase.

«Détruisez mon livre mais ne le mettez pas au ban», poursuit-elle dans son élan. Elle regrette ainsi de voir cet ouvrage sans pages ni couverture disparaître de la sorte.

Elle devine même, dans la décision de l’éditeur, un choix personnel à l’encontre d’une femme architecte : «Akimi Zojiin ne m’a jamais aimé», prétend-elle.

Une pétition en ligne a été lancée par la chercheuse hongroise Eva Neyszant, auteur d’une thèse sur la portée littéraire et sémantique du «non-écrit» de Kazuyoyo Sejima. «Voir disparaitre ce livre est un comble !», soutient-elle.

D’autres y verront un hommage, un peu lourd, certes, mais les poids sont d’avril.

San Sutsou

Réactions

la marmotte | 02-04-2015 à 17:12:00

il eut été bien de faire des poissons en origami.

Réagir à l'article


Album-photos |L'année 2018 de RozO

Ce salon urbain réalisé par RozO pour Icade marque un renouveau de ces parcs d'activité en développant une autre relation au lieu de travail. RozO redessine l'ensemble des espaces extérieurs du site afin que ces...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de Gilbert Weil

AuroreLe permis de démolir était en cours.Mais “La tour prends garde de te laisser abattre“ a été entendu.[Lire la suite]


Album-photos |L'année 2018 de Philéas

Cette année, Philéas a soufflé ses 25 bougies et se développe joyeusement : une équipe maintenant de 25 collaborateurs, renforcée par un pôle image et un pôle communication, des projets autour de...[Lire la suite]