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Visite | Le Mécano de flint (09-04-2015)

A La Courneuve, dans les ruines de l'ancienne usine dénommée Mécano - dont il ne restait que quelques piles, deux-trois plateaux et une structure métallique - ont été installés une médiathèque et un centre administratif. L'agence flint architectes a livré début 2015 un nouvel équipement tout en grandeur et sobriété.  

Bâtiments Publics | Culture | La Courneuve | flint architectes

Malgré la maigre qualité de cette construction, la table rase n'était pas une option, ni pour la ville, ni pour les architectes, tant est si bien que chacun s'approprie l'idée de composer avec l'existant. Peu importe ! L'idée est bonne. A ceci près que la trame régulière de l'ancien édifice contraint l'organisation du nouvel équipement. L'agence flint y a vu l'opportunité d'être guidée...

Depuis l'extérieur, sous un temps gris et pluvieux, Mécano affirme toujours son passé industriel ; les volumes contemporains s'effacent complètement, ou presque. Une résille de métal permet pourtant de dater la restructuration : années 2010.

02(@SergioGrazia)_S.jpgL'édile et l'équipe municipale tenaient au dessin que les architectes bordelais avaient proposé lors du concours. Bien mal leur avait pris de soigner d'ores et déjà un détail qui aujourd'hui semble le geste de trop, d'autant plus qu'il s'agissait là d'être, aux dires de Christophe Gautié, associé de l'agence, «dans une attitude de camouflage».

Seul ce dispositif qui marque les entrées trahit la nouvelle intervention ; toutefois, plus rien n'évoque aujourd'hui l'ancienne organisation de l'usine construite à l'origine sur le principe américain de la 'daylight factory', modèle proposant des ateliers en premier jour grâce, notamment, à un plan en peigne.

Et pour cause, les anciennes cours ont même été comblées par la suite et l'édifice ne présentait plus qu'une masse compacte avant même les travaux.

03(@SergioGrazia).jpgA partir de là, l'enjeu du projet était pour flint de penser la «juxtaposition constructive» ou, en d'autres termes, la «boîte dans la boîte». Dès lors, les objectifs étaient clairs : «laisser libre et visible l'architecture originelle de l'usine, utiliser le bâtiment existant comme un filtre, réaliser des volumes neufs et isolés».

Le plus remarquable dans le travail réalisé par flint reste le jeu subtil avec ce patrimoine a priori ingrat, magnifié, de fait, par les choix opérés.

Les hautes piles de meulière, plutôt épaisses et menaçantes deviennent dans ce projet une curiosité. Elles imposent un ordre monumental à la façade qui sied parfaitement à la fonction représentative de l'équipement.

04(@SergioGrazia).jpgDepuis l'intérieur, notamment depuis les halls d'accueil du centre administratif et de la médiathèque, elles scandent des interstices laissés vides et paraissent, à travers les vitres comme de beaux objets mis en vitrine.

Cette disposition révèle aussi la distanciation prise avec la trame industrielle pourtant rigide et contraignante. In fine, flint a livré un équipement sans emphase donnant à la structure rationnelle de l'ancienne usine une expression qu'elle n'avait pourtant jamais eu.

Du patrimoine plus beau qu'il ne l'était.

Jean-Philippe Hugron

Fiche technique

Programme : Pôle administratif et médiathèque à La Courneuve
Maîtrise d’ouvrage : Plaine Commune Communauté d’Agglomération
Assistant maître d’ouvrage : Switch
Maître d’ouvrage mandataire : SEM Plaine Commune Développement
Maîtrise d’oeuvre : Architecte mandataire : flint / Architecte associé pour le suivi de chantier : C. Barbet
Surface : 5.300m² SHON / 4.800m² SU
Montant des travaux : 14.113.551 euros
Missions : Base, HQE, BBC, mobilier spécifique pour la médiathèque

Réactions

FM | architecte | 10-04-2015 à 17:51:00

Une photo de l'état existant avant le projet aurait permis de mieux saisir la spécificité d'un projet qui intervient sur un édifice déjà très transformé.

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