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Italie | A Milan, David Chipperfield désavoue son projet (15-04-2015)

La nouvelle victime des tabloïds ? La presse britannique s’est faite l’écho en termes scandaleusement provocateurs de quelques affaires dont David Chipperfield est l’un des protagonistes les plus importants. En mire : le Centre Nobel à Stockholm et surtout le musée de la Culture à Milan. «Le sensationnalisme des journaux monte la société contre les architectes», a-t-il déclaré.

Culture | Bâtiments Publics | Milan | David Chipperfield

Dans un article paru le 10 avril 2015 sur le site spécialisé Dezeen, David Chipperfield s’est ému d'être malmené par les médias.

Entre autres, il condamne la virulente diatribe publiée par The Independent le 3 avril dernier. Le quotidien britannique intitulait alors «David Chipperfield sort de ses gonds à Milan» un article évoquant une colère qui n’aurait vraisemblablement jamais eu lieu. Bref, un non-événement qui a de quoi alimenter, cette fois-ci, l’ire de l’architecte.

Ce papier controversé signé Michael Day revenait, avant tout, sur la conférence de presse donnée par l’homme de l’art à propos du nouveau Musée de la Culture à Milan, dont l’inauguration est prévue le 26 avril prochain.

Le journaliste retenait principalement de la présentation l’affirmation de «M. Chipperfield» selon laquelle «'la pose d’une pierre de mauvaise qualité' a fait de ce projet 'un musée de l’horreur' assurant 'une fin pathétique à quinze année de travail'».

02(@OskarDaRiz).jpgA cette occasion, Michael Day rappelait également le montant des honoraires perçus par l’agence - à savoir 3,6 millions d’euros pour un projet estimé à 60 millions d’euros - et rapportait les termes d’un communiqué de la Ville de Milan expliquant que «l'ensemble des choix a relevé du sens commun et a été fait dans l’intérêt des contribuables [...] en plus d’avoir été validé par l’architecte». Bref, une histoire qui semble se résumer, à la lumière du quotidien britannique, entre caprice et gros sous.

«Le malheur de la presse anglo-saxonne est de vouloir seulement faire des unes tapageuses», indique David Chipperfield à Dezeen. «J’ai bel et bien fait une conférence de presse à Milan qui a été honnêtement rapportée par la presse italienne [...]. Je n’ai pas piqué de colère à cette occasion», poursuit-il. Voilà qui montre combien l’architecte souffre de ne pas pouvoir maîtriser le flot calomnieux à son encontre depuis ces publications en langue anglaise. David Chipperfield, le colérique, n’est pas pour embellir sa réputation.

03(@OskarDaRiz).jpgLa presse italienne n’est pourtant pas beaucoup plus tendre. Certes, elle ne rapporte aucun mot plus haut que l’autre mais semble prendre plaisir à souligner la polémique entre David Chipperfield et sa maîtrise d’ouvrage. L’image de l’architecte n’en est pas forcément plus heureuse.

L’Espresso, dans son édition du 19 mars 2015, reprenait les propos de l’adjoint à la culture, Filippo Del Corno, accusant l’architecte britannique de ne pas avoir été «raisonnable» et de s’être montré sans cesse «difficile à contenter».

«Un mensonge», répond David Chipperfield à l’hebdomadaire italien qui rappelle alors «une dispute qui a duré dix-huit mois durant lesquels l’architecte et son agence ont travaillé gratuitement pour la ville, et sans couverture contractuelle».

«J’ai la sensation que l’administration ne voulait pas qu’un architecte contrôle de trop près la gestion du chantier. Je le dis avec regret. L’édifice, dans son ensemble, est réussi mais, malgré quinze années de labeur (ce qui ne m’est jamais arrivé ailleurs) [...] le travail est encore inachevé. Je refuse de le signer». Voilà qui n’est pas sans faire écho à La Philharmonie de Paris et au cas Jean Nouvel.

04(@OskarDaRiz)_S.jpgIl Corriere della Sera apportait, le 20 mars 2015, la réponse de l’institution : il s’agit là du Musée de la Culture et non celui de David Chipperfield. Sa signature importe donc peu.

Au quotidien italien de conclure : «La bataille est perdue et la superstar n’est plus en mesure de faire quoi que ce soit».

L. Dehò

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