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Italie | A Milan, la griffe et le Batave (28-05-2015)

D’une marque à l’autre. Pour construire sa fondation, Prada n’a eu qu’à choisir dans un catalogue restreint de noms. Au diable de pointer celui de l’OMA. Les collaborations entre la griffe italienne et l’agence néerlandaise ont d’ailleurs été multiples, de Séoul à New York. Milan s’annonçait donc comme l’occasion d’un aboutissement.

Bâtiments Publics | Culture | Milan | OMA

En marge de l’exposition universelle, la célèbre marque de luxe s’est offert un nom de l’architecture et un lieu - une distillerie 1900 - «aussi vaste qu’une ville», selon Oliver Wainwright.

Dans l’édition du 6 mai 2015, le critique du Guardian rappelait les propos du directeur du groupe pour qui l’endroit ne devait pas être «pollué» par la mode. En lieu et place, Anish Kapoor et consorts.

Aux valeurs sûres, le bling-bling ? «Rien ne transparaît de la fondation Prada contrairement au klaxon m’as-tu-vu de la Fondation Vuitton de Frank Gehry à Paris, qui claironne l’invasion de la marque de luxe dans le monde de l’art contemporain en exposant de façon théâtrale des voiles de verre par-dessus le bois de Boulogne», souligne-t-il.

A Milan, les atours sont sobres, industriels - comme il faut ? - et seule une petite tour dorée émerge pour signaler la présence de la nouvelle institution. Il aura fallu en tout et pour tout 4kg de feuilles d’or pour revêtir la mince tourelle. «C’est un revêtement très bon marché comparé au marbre voire à certaines peintures», affirme Rem Koolhaas au quotidien britannique.

02(@BasPrincen)_S.jpgOliver Wainwright est alors dithyrambique sur un ensemble qu’il compare à un «campus monastique». Les bons mots de Rem font mouche ! La première fondation-campus ? Un exploit !

Le critique y voit, par ailleurs, «un riche bricolage» qui évoque les premiers et «meilleurs» projets de l’OMA, à savoir la Kunsthal de Rotterdam ou encore l’ambassade des Pays-Bas à Berlin avec, en sus, «une attention au détail sans équivalent», grâce notamment «au soin apporté par Federico Pompignoli, l’architecte italien présent sur place, et une part substantielle (et secrète) du budget alloué».

Jackie Wullschlager, pour le Financial Times, évoque la Fondation Prada tel... un campus - curieux hasard, non ? - mais cette fois-ci un campus de la «contradiction».

03(@BasPrincen)_B.jpgRem Koolhaas emploie d’ailleurs le terme dans un entretien accordé au quotidien italien Il Corriere della Sera publié le 15 mai 2015. «Ancien et nouveau, pauvre et riche, classique et contemporain, beau et brutal : nous pouvions jouer des oppositions, y compris en architecture mais cela aurait été facile», dit-il.

«Nous avons plutôt souhaité faire coexister les différences de façon équilibrée. Nous avons restauré les bâtiments anciens qui n’ont d’ailleurs aucune qualité particulière et nous avons mis en oeuvre des matériaux incroyablement inhabituels tels que de la mousse d’aluminium, généralement utilisée à des fins militaires, pour habiller la structure de l’un des espaces d’exposition», indique-t-il.

Bref, un projet de «confrontation» plus que de «contrastes». «Jamais le visiteur ne peut dire s’il se trouve dans un partie ancienne ou nouvelle de l’ensemble», assure Rem Koolhaas.

C’est donc un «lieu de rencontres et de dialogues» - un campus ! -, «un endroit qui peut annuler toutes les différences. Parce que, je le répète, l'avenir réside dans la spécificité, mais sans excès», résume l’homme de l’art.

04(@DR)_S.jpgLoin de l’architecture spectacle, l’OMA séduit. Tant que l’argent public n’est pas en cause, les langues restent sages. Si des articles font montre d’un avis négatif, ce sera à l’encontre de la Fondation Vuitton. «Je ne suis pas l’opposé de Gehry. Je représente seulement une autre façon d’être architecte», conclut Rem Koolhaas.

A Prada maintenant d’imaginer une «autre façon» d’être une fondation.

L. Dehò

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