Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil International

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Venezuela | A l'ombre de Maduro, architecture et affinité électorale (28-05-2015)

Le slogan de Nicolás Maduro ? «Le peuple président» ! Survêtement aux couleurs du pays et proximité avec la plèbe : l’homme assure de belles heures à la «démocratie populaire et participative». Pour son maintien, il faut également savoir donner du pain et des jeux... Caracas semblerait suivre l’exemple de Medellín en tentant d’investir les quartiers populaires par la création d’équipements publics.  

Urbanisme et aménagement du territoire | Venezuela

El 70. A Caracas, ce quartier auto-construit a mauvaise réputation ; il serait le plus dangereux de la capitale vénézuélienne. A flanc de colline, l’ensemble se montre peu accessible. De fait, il se révèle déshérité de toute attention particulière. Equipements et espaces publics s’y font rares, voire inexistants.

Le programme Espacios de Paz et de Vida (espaces de paix et de vie), pour sa seconde édition, a proposé la réalisation d’un équipement public dans ce quartier. Pour ce faire, trois collectifs ont été invités à travailler : MAAN, Proyecto Colectivo et Grupo Talca.

Profitant d’un trou d’ores et déjà creusé lequel présentait même les prémices de quelques fondations, les architectes ont pu réaliser en un temps record - à peine cinq semaines - une structure à même de fédérer toute la population.

El Correo del Orinoco, organe de presse officiel, dans un article paru le 24 mai 2015, revient sur cet «espace à usages multiples» qui mêle «un mirador dans la partie haute et une salle de réunion dans la partie basse», offrant ainsi un lieu de rencontre où «la pratique de la danse pour les jeunes filles» reste possible.

03(@DR)_B.jpg«Ces quartiers méritent des équipements ouverts à tous. Les seuls espaces publics proposés en ces endroits reculés sont généralement des halles sportives ; nous devons donc offrir, en plus, de véritables places publiques», précise Maximillian Nowotka, membre du collectif MAAN.

Pour mettre en oeuvre cet objectif, les architectes sont «partis du principe que les matériaux utilisés devaient être les meilleurs». De surcroît, la structure alors imaginée devait servir de «projet-école». En impliquant la population locale à la construction, les trois collectifs ont partagé leurs compétences et offert, par voie de conséquence, une formation riche d’enseignements.

«Nous avons également donné des cours sur la manière dont chacun peut entretenir cette structure et sur la façon dont le bois doit être traité», précise l’architecte.

En marge de cette construction, plusieurs dizaines de maisons ont été repeintes et quelques routes refaites.

02(@DR).jpgPlus loin, à l’orée du parc naturel qui sépare Caracas de la Mer des Caraïbes, Valle del Pino, dans le quartier de Vargas, est connue pour avoir souffert, en 1999, d’importantes inondations. Depuis lors, le site n’a jamais retrouvé son état originel.

Parmi les constructions rescapées du sinistre, l’une d’elles a été transformée en maison de quartier. De nouveau, trois collectifs ont été invités à repenser le lieu : Ruta 4, Asymetric et le Colectivo Arquitectura Pública Asamblearia (CAPA).

L’architecte argentin Martín Flugetman, membre de CAPA, précise à El Correo del Orinoco avoir, certes, eu des expériences à Buenos Aires et au Chili avec le soutien des pouvoirs publics mais jamais au point d’associer les usagers au projet.

Après enquête, «tous ont montré qu’ils recherchaient un espace public de qualité pour se réunir. Nous ne pouvions alors faire un projet dont le programme était défini», indique-t-il.

Au premier niveau, un centre d’information et un salon flexible ont été imaginés en donnant la possibilité d’y réaliser des performances artistiques et musicales. A l’étage, un amphithéâtre de plein air se fait le cadre parfait pour des réunions de quartier. Enfin, les anciens stationnements ont été transformés en place publique.

«Ce n’est ni du logement, ni de l’habitat. Avec l’intention de former des gens, nous avons créé des espaces différents. Nombreux pensent que l’architecture peut arriver à produire les conditions où chacun peut, avec la société, aller de l’avant dans des projets communs», note Martín Flugetman.

Ces ambitions portées sous la bannière du Mouvement pour la Paix et la Vie restent éminemment politiques. Elles incarnent officiellement une nouvelle forme d’investissement public distinct des grands projets de rénovation urbaine.

Engagé pour la première fois en 2014, ce programme est aussi une manière d’appeler une gestion collective des équipements publics et d’assurer à une population l’accès à une courte formation dans le bâtiment.

Au-delà, il y a fort à parier sur un autre retour sur investissement. Cette fois-ci, plus politique. Plus électoraliste. Après tout, Pablo Escobar ne finançait-il pas des terrains de foot et des écoles ?

Jean-Philippe Hugron

Réactions

Diogène | 11-11-2015 à 22:08:00

Cela me fait de la peine de lire un brûlot impérialiste dans votre journal et cela de manière récurrente de la part de votre journaliste Jean Philippe Hugron.
Personnellement, je préfère séjourner au Vénézuela qu'en Suisse Allemande ou aux Etats Unis et je pensais que le "courrier de l'architecte" parlait avant tout d'architecture", parfois j'ai l'impression d'être dans une colonne du Figaro.

denzel | 01-06-2015 à 00:23:00

Personnellement je préfère Chavez a Bush, mais je parle comme un homme du peule. Je suppose que vous avez déjà été au Vénézuéla Mr Hugron

MrBasabose | 01-06-2015 à 00:22:00

Des fois il est important de garder le contexte architectural des projets présentés sur le site dans leur identité architecturale. Traiter le Vénézuela de "régime communiste parmi les plus violents", ce qui n'est pas vrai sort du contexte architectural de ce site. On croit lire les pages des journaux occidentaux et leurs tons politiquement impérialistes...

Bizarrement, sur ce même site, les projets dans le monde Arabe où les gens sont decapités et les femmes traitées comme des sous-hommes n'ont pas de ligne aussi bizarre.

Parlons architecture et laissons ces injures politiciennes aux autres journaux qui servent aux fins politiques depuis des siècles.

Réagir à l'article


tos2016

Album-photos |Villefranche-sur-Mer : CAB à bonne école

«Ce projet est un hold-up sur le paysage», affirme Bita Azimi, associée de l’agence niçoise CAB. A quelques pas de la Citadelle Saint-Elme de Villefranche-sur-Mer (06), la nouvelle école maternelle livrée...[Lire la suite]

Actualité |Niemeyer, d'outre-tombe

Cinq ans après sa mort, l'architecte brésilien promet encore des chantiers et des réalisations. Le dessin aurait été imaginé peu avant sa mort en 2012. Son commanditaire promet sa concrétisation d'ici...[Lire la suite]


Présentation |Un art de la douceur, Atelier Martel

Sur un élégant dossier consacré à la Maison d’Accueil Spécialisée pour épileptiques à Dommartin-lès-Toul, Atelier Martel fait figurer son nom en lettres capitales ainsi que les mots...[Lire la suite]