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Visite | Herzog et de Meuron, 900 colonnes à la une (04-06-2015)

Superlativement vôtre. Les qualificatifs laudateurs se bousculent pour décrire le nouveau stade de Bordeaux conçu par l’agence suisse Herzog et de Meuron. Inauguré lundi 18 mai 2015 lors d’un match opposant les Girondins à l’équipe de Montpellier, la nouvelle enceinte sportive a suscité quelques craintes. Une ombre au tableau ?

Bâtiments Publics | Sport | Bordeaux | Herzog & de Meuron

France-Nigeria. 2-0. 30 juin 2014. Passements de jambe, corners et tirs. Les caméras n’en avaient que pour les quelques vingt-deux joueurs réunis sur le terrain. Par intermittences, à l’occasion de pauses, une vue aérienne du stade de Brasilia était offerte aux téléspectateurs...  

Conçue par Castro Mello Arquitetos, l’arène ovoïde, monumentale, érigée à l’occasion de la Coupe des Confédérations 2013 et de la Coupe du Monde 2014, présente une forêt de colonnes en béton.

Un an plus tard, dans un registre familier mais quelque peu plus fin et élancé, le nouveau stade de Bordeaux offre un parti similaire. Conçu par Herzog et de Meuron, l’enceinte sportive est visuellement une grande réussite. Le duo bâlois renouvelle un tant soit peu le genre en délaissant une architecture high-tech - généralement privilégiée dès qu'il s'agit d’équipements sportifs - pour un sobre classicisme.

03(@JPHH)_S.jpgLe stade, blanc, brillant, est ceint d’une fine colonnade. 

Herzog et de Meuron réussit l’exploit de rendre l'équipement contextuel. Bordelais par excellence. 

Loin, très loin même, de l’excentrique nid d’oiseau conçu par la même agence à Pékin pour accueillir les XXIXe Jeux Olympiques.

Outre cette profusion de minces piliers - 600 porteurs, 300 décoratifs -, le stade, depuis l’extérieur, appelle le visiteur.

Emmarchements et sous-face des gradins assurent une composition «en miroir» qui invite, par un jeu de perspective, à rentrer dans l’arène.

La blancheur immaculée résulte quant à elle d’une volonté «de contrôler les émotions». In fine, le parti formel n’est autre que structurel. «Nombre de stades exhibent leur structure dans le seul but d’être unique. Nous avons imaginé ici une sous-toiture neutre qui n’attire pas l’attention», explique Pierre de Meuron.

Autrement dit, rien n’entrave la vue pas plus qu’il n’existe d’éléments pour la divertir. Seuls le terrain et le match sont importants. «L’interaction entre le jeu et le spectateur doit être immédiate», assure l’architecte. Exercice de sobriété donc et d’effacement.

«L’esthétique et la fonction sont compatibles», répète à l’envi Pierre de Meuron. «L’architecture doit être perçue et vécue», dit-il. Aux 42.115 spectateurs d’en faire l’expérience. 100% des places ont une visibilité complète. «Nous avons imaginé un stade à l’anglaise», assurent les concepteurs.

02(@Vigouroux)_B.jpgD’un point de vue structurel, jamais une arène sportive n’avait en France été conçue avec une telle proportion de métal. «Ce choix permet de réduire considérablement le poids du stade qui, de fait, a nécessité des fondations réduites, entraînant un gain de temps et de coûts», précise la maîtrise d’ouvrage. Seules les tribunes basses est et ouest ont une structure en béton.

Lors du premier match opposant les Girondins de Bordeaux à Montpellier, fissures, craquelures et brisures ont été constatées. Stupeurs et tremblements, les supporters se sont inquiétés et la préfecture a depuis renouvelé son avis favorable quant à la sécurité de l’équipement.

Les quotidiens locaux s’évertuent depuis cette inauguration à aligner 'tops' et 'flops'. A l’esthétique remarquable, quelques usagers opposent certains aspects peu pratiques telle la coursive offerte aux vents ou encore quelques escaliers trop abrupts.

04(@JPHH)_S.jpgLa ville, au-delà d’un succès architectural indéniable, doit également affronter les critiques quant à l’abandon du stade historique Chaban Delmas. «Même s’il incarne toute une histoire, l’enceinte présentait nombre défauts pour servir de lieu de rencontres internationales», explique Thierry Guichard, chef de projet pour la maîtrise d’ouvrage. Entre autres, l’arène Art déco ne pouvait pas accueillir l’Euro 2016, même une nouvelle fois rénovée.

Au-delà, l’apport de 100 millions d’euros par Nicolas de Tavernost, président du directoire du groupe M6 et propriétaire des Girondins, a assuré une prise de décision rapide quant à la construction d’un nouvel équipement.

Dans un souci d’économie et d’efficacité, le terrain a été choisi en fonction des possibilités laissées par le PLU pour une construction de cette ampleur et des capacités des alentours à accueillir ponctuellement une masse importante de visiteurs. La proximité avec le parc des expositions était toute choisie par la mutualisation, entres autres, des 6.000 places de parking.

La ville se targue alors du stade le moins cher de l’Euro 2016. PPP, et bientôt naming, participeraient de ce succès. «Nous avons également bénéficié d’une conjoncture économique et nous avons pu obtenir des taux d’emprunt intéressants», précise Thierry Guichard.

Un partenariat public privé réussi ? Ce serait sans doute passer sous silence, selon l’édition du 1er juin de Sud Ouest, quelques «PME grugées».

Jean-Philippe Hugron

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