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Actualité | Ont-il bien eu la peau de Zaha ? (02-09-2015)

Depuis deux ans, parmi les plus éminents architectes japonais n’ont eu de cesse de critiquer le stade imaginé par Zaha Hadid en vue d’accueillir à Tokyo les Olympiades de 2020. C’est finalement le Premier ministre Shinzo Abe qui a eu, le 10 août 2015, le dernier mot : out ! «Retour à la planche à dessin», a-t-il ordonné en plus d’avoir présenté «de profondes excuses au peuple du Japon».

Sport | Tokyo | Zaha Hadid

En cause, un coût dispendieux. 252 milliards de yens (1,87 milliard d’euros) soit plus du double du prix original. Les premières dépêches font, d’autant plus, état d’une situation désespérante : Tokyo, autant que Paris ou Londres, s’inscrit dans une course effrénée vers toujours plus d’équipements sportifs dispendieux. La chasse aux éléphants blancs semble encore relever du braconnage.

Pis encore, la décision d’annuler le projet de Zaha Hadid pose problème aux organisateurs de la coupe du monde de Rugby de 2019 prévue au Japon. L’arène futuriste de l’architecte britannique devait accueillir la finale de la compétition.

Pour ce faire, les travaux devaient débuter en octobre 2015 et s’achever en mai 2019, quelques semaines à peine avant les folles journées de l’ovalie. Bref, les plans sont désormais réduits à néant et le Nissan Stadium de Yokohama est pressenti pour abriter les deux finalistes du championnat au même titre que les équipes d’Allemagne et du Brésil lors de la coupe du monde de football en 2002. Quid alors d’un nouveau stade s’il en existait d’ores et déjà un ?

Peu importe, les Jeux Olympiques appellent dans son délire médiatique une nouvelle arène. Dans ce contexte, Zaha Hadid ne semble pas avoir renoncé. Aussi, elle souhaite ne pas être remerciée mais enjointe à revoir sa copie.

02(@ZHA).jpgSoutien de poids, Richard Rogers est intervenu dans un communiqué ; il y rappelle son rôle de «membre du jury qui a sélectionné les architectes pour le Stade National du Japon».

Pour lui, la décision d’annuler le projet conduira à la réalisation d’un stade de moindre qualité mais portera surtout atteinte à la «crédibilité et à la réputation du pays comme promoteur d’une conception architecturale de classe mondiale».

«Chaque projet important se confronte à des défis mais l’architecte et le client peuvent toujours travailler ensemble pour les résoudre. Si le dessin doit changer en vue de répondre à des problèmes de surcoût, entre autres, je suis sûr que l’équipe de Zaha Hadid Architects (ZHA)  serait disposé à le faire», précise-t-il avant d’ajouter qu’en 2004, il était déjà coprésident du jury qui avait désigné ZHA lauréat du concours pour la conception du centre aquatique du parc olympique de Londres.

«Ce projet a souffert d’une série de changements mais s’est transformé en un édifice emblématique et populaire», assure-t-il. Bref, un air de déjà vu dont chacun n’a, semble-t-il, tiré aucun enseignement.

03(@ZHA).jpgZaha Hadid, quant à elle, se défend contre les surcoûts incriminés. Pour l’architecte, toute augmentation du budget n’est aucunement lié à la conception du projet qui fait usage «de matériaux et de techniques standards». La star, en revanche, cible les coûts de construction. Alors, ces bétonneurs qui s’enrichissent sur le dos du contribuable ? Une histoire résolument inédite…

«L’augmentation dans le budget estimé et rapporté par le Japon Sport Council est du à des coûts de construction gonflé – une approche restreinte et non compétitive en vue de désigner une entreprise de construction – et à un manque de collaboration entre les équipes de conception et l’entreprise de construction, elle-même», précise l’agence britannique.

A grand renfort d’une vidéo et d’un fascicule promotionnel, ZHA mène l’offensive. «Nous pensons que la réponse serait d’introduire davantage de concurrence entre les entreprises de construction et ne perdre ainsi aucun bénéfice quant au projet», assure-t-on depuis Londres.

Pour l’heure, les autorités japonaises ont prévu de lancer un nouvel appel d’offre en vue d’ériger un stade de 60.000 places soit 20.000 de moins que le projet précédent. Le Japon Sport Council espère ainsi débuter les travaux fin 2016 tout en sachant le calendrier particulièrement serré. Avec ou sans Zaha…l’avenir le dira.

Jean-Philippe Hugron

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