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Plan de 1993Plan de 1993

Actualité | Alexanderplatz, rien mais toujours plus (09-09-2015)

Voilà l’histoire d’une arlésienne berlinoise. Cela fait près de 25 ans que les édiles locaux en parlent : dix gratte-ciel doivent être érigés Alexanderplatz à Berlin. Hans Kollhoff, auteur du plan directeur imaginant pour la capitale fédérale un skyline élégant et rétro de ville nord-américaine, vient d’annoncer la révision de son projet : il y aura désormais onze tours.

Urbanisme et aménagement du territoire | Tours et gratte-ciel | Berlin | Hans Kollhoff

Depuis deux décennies, aucun immeuble de grande hauteur n’a vu son chantier dominer l’Alex’. Pour l’heure, Berlin a préféré développer la Potsdamerplatz et reconstruire ses splendeurs passées vouant la célèbre adresse de l’est berlinois à quelques projets de centres commerciaux au goût douteux.

Le 2 septembre 2015, le Berliner Morgenpost, revenait sur l’annonce de la ville d’ajouter au plan une nouvelle tour. «Pourtant, plus personne n’y croyait», notent Isabell Jürgens et Sabine Gundlach dans leur article. Le quotidien local rappelle également le manque d’investisseur ainsi que la critique croissante à l’égard de ces ambitions verticales. Elles avaient vraisemblablement amené l’opinion à condamner ce projet démesuré.

Toutefois, en 2014, l’annonce d’un nouveau «dialogue» avec Hans Kollhoff ne présageait aucunement la relance du projet dans ses formes originales. La surprise, à Berlin, a donc été, en cette rentrée 2015, de voir ces gratte-ciel de papier resurgir dans l’horizon de la capitale.

«Les conditions ont, depuis les premiers plans de 1993, clairement changé : la Haus des Reisens et la Haus des Berliner Verlags ont été classées monuments historiques. Leur démolition n’est donc plus un sujet de discussion», précisent les deux journalistes. De fait, il était alors nécessaire pour l’architecte de revoir sa copie laquelle arasait, sans complexe, ces souvenirs du passé est-allemand.

«Ce classement ne signifie pas que nous devons renoncer aux immeubles de grande hauteur», affirme Hans Kollhoff au périodique. Toutefois, il a fallu revoir leur positionnement. «Même le Park Inn-Hôtel, haut de 128 mètres, doit être conservé», ironise les auteurs de l’article.

Deux projets sont également venus réactualiser les intentions de la ville. Le promoteur russe MonArch a confié la réalisation d’une tour «Alexander A Tower» à l’agence berlinoise Ortner & Ortner.

02(@DR)_B.jpgProjet de Frank Gehry pour HinesPour ces architectes, ce projet doit être imprégné « de la tradition des modernes classiques qui caractérise le projet urbain de Martin Wagner et les édifices de Peter  Behrens ». Et d’ajouter : «que l’origine russe du promoteur amène à la réunion de deux moments importants des avant-gardes modernes à savoir le rationalisme allemand et le constructivisme russe».

Non loin de là, l’entreprise américaine Hines a confié la réalisation d’une tour à Frank Gehry. Déhanchée, bien entendu. Voilà donc un regain d’intérêt pour l’endroit qui conduit aménageurs et architecte coordinateur à imaginer d’ores-et-déjà deux tiers des tours construits d’ici cinq ans.

Pour le moment, les opposants au projet fustigent l’architecte de s’assoir sur la «modernité façon RDA» de l’Alex. L’idée serait de mettre les symboles récemment inventoriés à l’ombre d’édifices imposants attirant à eux tous les regards.

Le Berliner Zeitung rapporte dans son édition du 1er septembre 2015 quelques appréciations notées ici et là sur quelques pancartes : «des gratte-ciel inacceptables», «Berlin perdra de nouveau un peu de son identité», «le plan Kollhoff doit être classé».

Le grand forum politique et culturel de l’ancienne capitale de la République Démocratique d’Allemagne devrait ainsi subir une grande métamorphose mais déjà la pression populaire amène les élus à envisager la remise en cause de certaines tours, notamment celle la plus proche de la Haus des Reisens. «Nous pouvons en discuter», assurent-ils.

Alors était-ce là cette tour en plus ? Celle volontairement ajoutée pour servir d’épouvantail et de monnaie d’échange aux plus virulents détracteurs ? Il n’est alors plus question d’architecture et d’urbanisme mais de stratégie politique.

Jean-Philippe Hugron

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