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Présentation | Paul le Quernec, love love me do (30-09-2015)

La courbe ? Une histoire d’amour ! Mais aussi, un point d’honneur et un casse tête. Le tout nouveau groupe scolaire conçu par Paul le Quernec à Saint-Denis est une démonstration de force. Certes, les élèves du primaire ont leurs salles de classe rectangulaires, conformes aux standards, mais les bambins de maternelle peuvent jouir de douces rondeurs.

Education | Saint-Denis | Paul Le Quernec

Les nuits ont été courtes. Il fallut d’abord placer sur une parcelle, de prime abord confortable, tous les éléments programmatiques qui devaient impérativement être positionnés en rez-de-chaussée et libérer, de surcroît, deux cours de récréation. Une telle organisation revient à se faufiler «dans un paquet de cacahouètes sous vide». «Insupportable !», sourit l’architecte.

Toutefois, pour parachever l’exercice, Paul le Quernec a voulu y placer, entre autres, quelques igloos. «L’intention était de donner forme à un plan fluide et libre», dit-il. Dont acte. «Je suis convaincu du bienfondé de cette démarche», assure-t-il.

02(@11h45).jpgCe parti pris audacieux et contorsionniste fait suite à plusieurs projets mais ici, à Saint-Denis, l’expérience est portée de façon plus radicale : «ni ovale, ni ellipse», somme l’architecte. Soumis à la rigueur du cercle, il imagine un plan aux allures de grappe héroïque. «Tous les tracés sont véritablement construits selon les règles de la géométrie descriptive avec une définition précise des centres, rayons (fixes ou variables), tangentes, points d’inflexion,… en opposition à la courbe intuitive dessinée à main levée et plus ou moins bien traduite par l’ordinateur», ajoute-t-il.

Toutefois si les raisins sont ronds d’un côté, ils se montrent cubiques de l’autre. Janus ou vicomte pourfendu, le groupe scolaire présente deux visages. L’angle droit, ou presque, pour les plus âgés. L’arrondi, pour les plus jeunes. Du vert pour les premiers. De l’orange pour les seconds.

Cette audace aurait pu effrayer plus d’une maîtrise d’ouvrage. Paul le Quernec fait désormais état de références et, après tout, la courbe est flatteuse et séduisante.  L’architecte s’en fait le soutien immodéré.

«Alors, oui, l’agglomération de cercles créé a fortiori des espaces résiduels. J’y vois, pour ma part, l’opportunité d’espaces utiles, notamment des WC de proximité, ainsi que des avantages acoustiques. Le linéaire de mur en contact entre deux salles est, de fait, particulièrement réduit», dit-il.

03(@11h45)_B.jpgLe tout a été érigé rapidement en structure métallique et habillé de bois. Le traitement de façade est «aussi simple que complexe», note l’architecte. Un jeu de courbes vient également caractériser l’extérieur de l’ensemble ainsi qu’un étonnant effet cinétique.

Là encore, Paul le Quernec poursuit quelques marottes. Si de face, le groupe se présente dans sa couleur bois, d’un côté il parait vert, de l’autre orange. Le mouvement change l’effet optique. «Nous ne voulions pas d’un école qui soit un pied d’éléphant, lourd, qui se pose. Nous voulions offrir une perception vivante de la masse urbaine que représente un groupe scolaire. Il était hors de question de penser un bâtiment inerte ou, pire encore, de faire, à l’inverse, un rubik’s cube multicolore», affirme-t-il.

04(@11h45)_B.jpgLa notion de double lecture, «de face et de biais», offerte sur les images du concours n’avait donc rien «d’une promesse électorale».  Ces perspectives n’étaient pourtant pas les plus belles ; «nous n’avions pas le temps de faire appel à un professionnel. Le temps parfois manque ou bien les indemnités des concours nous dissuadent d’avoir recours à un service extérieur. Nous avons donc fait nos images en interne et nous mettons un point d’honneur à livrer un bâtiment aussi bon voire meilleur que sur nos planches», soutient-il.

Ici, pour ce projet, tout était, à quelques détails près, déjà fixé dès le début. Deux rampes ont disparu et un mur d’enceinte abattu d’un coup de gomme.

Sans détour, ni contour, Paul le Quernec a livré dans les temps, et ce malgré un aléa concernant la dépollution du site, un groupe scolaire tout en souplesse et rondeur. Bref, une école amusante et revigorante, une architecture sérieuse et bonhomme. Une mélodie da dou ron ron

Jean-Philippe Hugron

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