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Rencontre | Renato Filippini a vu Naples avant de voir Paris (21-10-2015)

«L’histoire de ma vie ? D’abord l’Italie», débute Renato Filippini. Le patronyme trahissait quelques origines. Un petit accent chantant également. Peut-être même une amabilité plus méridionale que parisienne.

France | Atelier Filippini

Le dépaysement était presque total, ce matin, rue des trois bornes, dans le XIe arrondissement de la capitale. Le soleil de Naples est pourtant bien loin et le ciel de Paris, sans surprise, était bien gris. Peu importe.

Renato Filippini est en France depuis plusieurs années maintenant. Le métier est, ici, autant que la pratique, assurément différent. En Italie, l’architecte était resté des années durant à l’ombre de son maître ; ce dernier, à 81 ans, ne voulait pas d’un associé. «Alors, je suis parti», affirme l’architecte.

«A cette époque, nous ne faisions pas à proprement parler d’architecture. Ezio de Felice était un personnage étrange, un poète autant qu’un mathématicien. Nous travaillions dans un imposant appartement du XVIIe siècle, à Naples. Nous faisions de la scénographie, du mobilier, de la bijouterie. Je suis me formé dans cette atmosphère», se souvient Renato Filippini.

La question patrimoniale était alors régulière et les monuments historiques le terrain d’une pratique précieuse et délicate. Quelque soit l’intérêt, il fallait résolument partir.

Rester à Naples ? Travailler à Milan ? La grande ville du Sud restait à cette époque l’adresse la plus pratique. Le réseau était déjà fait. Milan, séduisante, finit par s’offrir, notamment à l’aide de quelques contacts utiles. Les opérations de réhabilitation se multiplient alors.

Et Paris ? «Un choix !», lance l’architecte. Ni destin, ni réelle opportunité. Il n’y avait dans la capitale française qu’un seul ami pour guider Renato Filippini. Peu importe. «Que bella !». Tout n’était qu’émerveillement. «J’avais assez d’argent pour rester six mois et trouver du travail. J’ai tout changé dans ma vie», assure-t-il.

02(@ChristopheCreutz)_B.jpgDe concours en compétitions, l’homme de l’art arrive à obtenir le projet d’extension de la mairie de Gordes dans le Vaucluse. «On me souhaitait ainsi la bienvenue», s’émeut-il encore. Ce premier projet français exigeait un travail soigneux dans un contexte historique fort. Voilà de quoi montrer l’art italien de manier l’histoire.

Ceci étant dit, l’agence n’a pas fait, aujourd’hui, de cette marque sa spécialité. De réhabilitations, il y eu bien souvent celle d’immeubles semi-récents. Pendant ce temps, l’architecte a poursuivi son activité en Italie où il a notamment restauré un palais à Florence.

L’occasion de mélanger l’ancien au contemporain s’est de nouveau présentée somme toute assez rapidement. Au sein d’un ancien hôtel particulier, l’Atelier Filippini a réalisé la Maison des Ensembles, l’un des équipements culturels phares de la première mandature Delanoë à Paris.  

03(@AtelierFilippini).jpgLa construction ancienne qui était amenée à être transformée était de maigre qualité. Aussi, la façade imaginée se voulait résolument contemporaine. «Travailler la contrainte permet de penser des bâtiments qui ne sont pas standards», assure l’architecte qui a vu dans cette occasion offerte par la mairie un moyen de jouer de la superposition des époques.

Dans ce même esprit, l’agence a participé au concours pour l’extension de la Préfecture de Police sise île de la Cité, à Paris. L’Atelier n’a pas été désigné lauréat de la consultation. Renato Filippini enrage toujours de ne pas avoir obtenu la commande ; il y avait dans son projet un peu d’art. La référence au Cloud Gate d’Anish Kapoor était pleinement assumée. «Je rêvais d’un objet qui flotte entre deux façades…».

04(@AtelierFilippini)_S.jpgDu fantasme à la réalité, obsédé par l’image de ce concours, l’architecte a poursuivit sa recherche sur cette même thématique. L’hôtel de ville d’Illkirch dont il obtient la réalisation vaudra pour revanche.

Certes, le projet est différent. Il est toutefois l’opportunité d’une sculpture, «d’un volume doux, loin de toute complexité». Voilà peut-être là aussi, la personnalité de Renato Filippini ainsi résumée.

Et l’histoire de sa vie ?

Jean-Philippe Hugron

Réactions

Manu | Val de marne | 24-05-2017 à 17:37:00

Bravo Monsieur!

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