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Présentation | Combas, avec la force de l'ombre (21-10-2015)

Trois jeunes architectes se rencontrent. Sous le soleil de Nice, l’agence CAB se fait le théâtre des premiers échanges. Le trio formé par Sophie Delage, Mathieu Grenier, et Pierre le Quer a envisagé, après quelques années passées dans le célèbre bureau niçois de franchir le pas de l’indépendance. La création d’une entreprise n’a pourtant rien de facile. Plus encore, à plusieurs. Aussi fallait-il mettre à l’épreuve convictions et idées et ce, au plus tôt.

Autres | Liège | Languedoc-Roussillon | Atelier Combas

Pour ce faire, rien de mieux qu’un premier projet. Certes, il y avait dans les cartons, pour se lancer, une école maternelle dans le village de Combas. Le nom de l’agence était d’ailleurs tout trouvé. Combas.

Toutefois, programme et cadre réglementaire corsètent la production. Il fallait pour ces architectes une page blanche, ou presque, pour s’essayer et se confronter les uns aux autres.

02(@Combas)_S.jpgSur le mont Lozère, un ancien édicule. Parfait ! Il y avait là quelques souvenirs de famille. Toute une fratrie s’y rendait régulièrement le temps d’un pique-nique en pleine nature. Pendant le reste de l’année, l’abri était offert à quelques scouts de passage.

Une tempête de neige mit fin à ces heures heureuses. La structure n’était plus qu’un tas informe de pierres. L’idée, depuis dix ans, était de retaper la construction. Alors, sur les bancs de l’école d’architecture de Grenoble, Mathieu Grenier a décidé seul de gribouiller quelques esquisses. A mesure du temps les croquis sont devenus plans. Affinités et amitiés finissent d’apporter des regards extérieurs et enfin une véritable contribution.

«Si, à l’origine, j’ai travaillé seul sur ce projet, nous avons tous les trois transformé le programme et questionné la matière», indique le jeune architecte. L’idée d’une simple surélévation est rapidement abandonnée et l’endroit, autrefois séchoir pour les châtaignes, devient un territoire d’expérimentations.

«Le site est à vingt minutes de marche depuis la route. Ce contexte nous a obligé à penser la matière et surtout à aborder le thème du poids. Nous voulions procéder en auto-construction ; nous aurions pu, en vue de nous faciliter la tâche, nous aider de mules, mais nous voulions nous même peser notre propre construction», se souvient-il. L’acte de bâtir pour Combas, au-delà du travail intellectuel, relève de l’expérience physique.

L’inclination de l’homme est parfois de céder à la facilité. De fait, les trois associés, en lieu de souffrir à grand peine, ont recherché le moyen de la légèreté. «Nous avons en toute logique pensé à du liège», sourit Sophie Delage.

Le matériau avait déjà servi à quelques «bricolages» familiaux. Il avait également éveillé la curiosité de ces architectes dont le regard s’était un temps porté sur des réalisations au Portugal faisant état d’une mise en œuvre originale.

03(@Combas)_B.jpgPour l’heure, il fallait construire et de ces mains. «Pierre, avant d’être architecte, avait travaillé chez un menuisier. Sophie aime le béton et les techniques de coulage. Quant à moi, je suis né au milieu d’un chantier», indique Mathieu Grenier. L’architecture est un sport de ‘Combas’ où le détail sans cesse se vérifie et ce «jusqu’à la maquette à l’échelle 1».

Au-delà d’une pratique physique et d’un exercice ‘grandeur nature’, le terrain de jeu offert par ce projet était l’occasion de tester la triade du trio : «ombre, sol et rationalité». «Ce sont des invariants, certes un peu académiques, mais ils sonnent pour nous comme un rappel à l’ordre nécessaire. Ce sont généralement les thèmes que nous abordons dès lors que nous échangeons tous les trois nos références en amont d’un projet», précise Sophie Delage.

04(@Combas)_B.jpg«En résumé, nous recherchons une architecture silencieuse, sobre et discrète avec la force de l’ombre», reprend  Mathieu Grenier. Ne dirait-on pas le Sud ? «Nous voulons expérimenter une écriture. Nous sommes issus d’une école méditerranéenne», disent-ils.

D’un abri, le trio a donc fait son refuge et d’une expérimentation sa ligne. Un horizon azuréen.

Jean-Philippe Hugron

 

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