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Helmholtz Institut, UlmHelmholtz Institut, Ulm

Visite | Carré sur ses ambitions, Nickl und Partner (28-10-2015)

La crise ? Ici ? Depuis l’Allemagne ou l’Autriche, la France est un Eldorado convoité, ou presque. En témoigne la présence de Baumschlager Eberle, Auer Weber, Dietrich Untertrifaller…. Ces bureaux sont, en termes d’effectifs, aussi importants que les plus grandes agences françaises. Ils peuvent donc tenter l’aventure hexagonale. Befreiung oder Invasion ? La tentation de Nickl und Partner est désormais grande.

Education | Santé | Allemagne | Nickl und Partner

L’agence munichoise Nickl und Partner compte près de 150 collaborateurs, plusieurs adresses en Allemagne et désormais une en Chine. Le bureau est passé maître dans l’art de concevoir hôpitaux, laboratoires et salles blanches. Un voyage de presse était l’occasion de découvrir ce savoir-faire qui, dorénavant, est promis à l’export. Deutsche Qualität, qu’ils disent.

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Sous un ciel gris et pluvieux, l’architecture du centre de recherche sur la maladie d’Alzheimer (CSD München), dans la banlieue de Munich, présente des atours cliniques. Impeccablement carré. Lumineux et anguleux. Simple et sec. Le discours est d’ailleurs tout aussi minimal. Les associés de Nickl und Partner ne se perdent pas en démonstration et défendent des «volumes de base».

«Cette simplicité appelle l’image du non-fini qui elle-même évoque l’inachèvement de la recherche», assure Martin Winckler, l’un des «partner» de l’agence.

A cet «objectif de simplicité», Nickl und Partner associe dynamisme et évolution. Martin Winckler se plait donc à montrer le fonctionnement des volets de façades. L’imposant dispositif mécanique assure aussi bien l’homogénéité du bâtiment que son animation dès lors que chacun, dans son laboratoire ou son bureau, ajuste l’orientation qui lui sied. «Il s’agit d’offrir aux usagers des qualités d’ambiance», précise l’architecte.

 «Nous travaillons sur le thème de la seconde façade depuis longtemps. Il en va d’une question pratique – de protection solaire, notamment –  mais aussi d’une esthétique», reprend-il. En lieu d’une kyrielle de fenêtres, Nickl und Partner préfère un «corps homogène» à même de changer et d’évoluer au cours d’une journée.

L’obsession tire son origine d'une critique ; Hans Nickl, fondateur de l’agence, a participé à l’émergence des premiers hôpitaux de seconde génération au détour des années 70 en réaction aux bâtiments «anonymes» jusqu’alors érigé pour abriter médecins et patients. Le travail sur la profondeur des façades est apparu comme une opportunité intéressante pour revisiter l’image de ces institutions.

03(@BerndDucke)_B.jpgCSD München A l’intérieur, les salles du CSD München sont généralement spacieuses, profondes et hautes sous plafond. Martin Winckler oppose volontiers cette générosité du volume à la relation avec l’extérieur. S’il est important pour l’architecte d’offrir de grandes baies vitrées, celles-ci ne doivent pas obligatoirement proposer une vue franche et directe sur les alentours.

Les volets imaginés en façade sont donc un moyen de s’affranchir de l’animation extérieure. «Nous avons, dans nos bureaux, à Munich, ce même système. Nous l’avons mis en place pour assurer une bonne atmosphère de travail. Nous n’avons pas systématiquement besoin d’être complètement ouverts. Nous sommes déjà en open-space», assure-t-il.

Un autre projet, au programme similaire, présente une architecture quasi identique : le Helmholtz Institut à Ulm. De la répétition du même ? Du perfectionnement. «Nous préférons évoquer un travail typologique», assure Martin Winckler.

04(@WHuthmacher)_S.jpgToutefois, Nickl und Partner oppose ses deux projets dans leur fonctionnement. Le CSD München se veut «extraverti», le Helmholtz Institut «introverti». Les espaces de circulations y sont théâtralisés pour assurer, au sein de ce centre universitaire, des lieux de rencontres informelles.

En tout point, en tout endroit, de Munich à Ulm, la perfection règne. Le détail est réglé au cordeau. De quoi forcer l’admiration. De Chine en Arabie Sahoudite en passant par le Kosovo… et maintenant en France ?

Jean-Philippe Hugron

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