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Actualité | D'Inde, Koolhaas ne sera pas Le Corbusier (02-12-2015)

The Indian Express révélait, dans son édition du 26 novembre 2015, la bien triste nouvelle. Rem Koolhaas n’en sera pas ! Pire encore, au jeu des chaises musicales, Frank Gehry lui chipe la place… Tout un monde ! Mais au fait, de quelle mélodie s’agissait-il ? L’air est urbain, le refrain corbuséen. En d’autres termes, l’Etat de l’Andrah Pradesh, en Inde, cherche à renouveler l’exploit de Chandigarh en créant une nouvelle capitale. Pour ce faire, des Pritzker…bien entendu.

Urbanisme et aménagement du territoire | Inde

Alors que l’Inde connait un boom économique sans précédent, ce pays à la démographie galopante ne semble pas, comme la Chine, intéressé par l’architecture occidentale et ses signatures. De fait, pas de nid d’oiseau à Bombay, ni même de décapsuleur à New Delhi.

Jusqu’alors, l’Inde s’est montrée peu friande d’importations architecturales. L’expérience coloniale lui a vraisemblablement suffit. Seuls les noms de Le Corbusier ou de Louis Kahn ont su s’imposer. Ils résonnent encore dans les mémoires. Toutefois, celui de Pierre Jeanneret, par exemple, tend à disparaître au dépend, notamment, des ‘junior architects’ indiens qui ont officié à ses côtés. Une revanche ?

Pour autant, The Economic Times révélait, dans ce contexte, une information étonnante ce 19 novembre 2015 : «World’s top architects shortlisted for AP capital Amaravati». En d’autres termes, la crème de la crème est invitée à concevoir Amaravati, la nouvelle capitale de l’Andhra Pradesh, au sud est de la péninsule.

«Le gouvernement local avait initialement lancé un appel d’offres par l’entremise du Capital City Development Management Corportation. Dix agences y avaient répondu. Insatisfait par les participants, le gouvernement avait décidé de suspendre le projet», précise le quotidien économique.

«Cette fois-ci, un nouvel appel d’offre a été lancé par l’intermédiaire du Capital Region Development Authority et quelques agences ont été retenues. Parmi elles, Foster + Partners, Rogers Stirk Harbour + Partners et Office for Metropolitan Architecture», note-t-il.

Mais voilà que sept jours plus tard, le 26 novembre 2015, The Indian Express annonçait que Rem Koolhaas ne participerait pas au concours sans mentionner les raisons d’un tel désistement. Il est alors immédiatement remplacé par Frank Gehry.

L’ambition de confier à des starchitectes la réalisation de l’infrastructure et du centre politique de la ville n’est pas sans émouvoir. Des lecteurs de The Economic Times affirmaient déjà, à l’annonce du projet, leurs doutes. Certains se sont même montrés plus virulents, regrettant qu’aucun architecte indien n’ait été mis à l’épreuve d’un tel défi urbain.

The Indian Express prévient, quant à lui, la critique en questionnant les membres du jury. Parmi des architectes japonais, malaysiens et singapouriens, Christopher Charles Benninger basé à Pune et K. T. Ravindran, urbaniste à Delhi, font part de leur opinion au quotidien.

Le premier assure que ce projet signera un âge d’or de l’architecture indienne. Le second se montre plus enthousiaste encore. «A ces architectes qui, puisqu’ils n’ont pas été invités, prennent ombrage, Ravindran affirme : ‘Je ne crois pas qu’il existe une architecture indienne. Il existe une bonne et une mauvaise architecture. Foster, Gehry et Rogers sont des architectes mondiaux. Leurs projets, de par le monde, sont iconiques. Quand Charles Correa ou Raj Rewal construit au Portugal, nous en sommes fiers. Nous ne nous demandons pas pourquoi des architectes locaux n’ont pas été invité’», rapporte The Indian Express.

La question mériterait pourtant d’être posée. Ceci étant dit, Amaravati, pas plus que Rome, ne se fera en un jour. Une fois la publicité faite par ces trois têtes d’affiche et, grâce à elles, un nombre suffisant d’investisseurs au rendez-vous, il sera temps pour le gouvernement local de retourner une deuxième fois sa kurta… Affaire à suivre.

Jean-Philippe Hugron

Réactions

jeanneret | architecte | rhones alpes | 03-12-2015 à 12:38:00

Mais que vient faire partout "Gehr-it" qui depuis longtemps a tout "d'y"
Serait-ce pur la rime avec Gandh-y ?

Ou, sérieusement :
la capitale promise, veut-elle ressembler à Las Vegas !?

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