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Entretien | Pour briller, du cuivre en architecture (10-12-2015)

Bien des réalisations se montrent attrayantes, chatoyantes, précieuses. Les nouvelles archives du Rhône, à Lyon, par exemple, des architectes  Gautier + Conquet & associés, Dumetier Design et Séquences ou encore la Plateforme des Arts à Guimarães de Pitágoras. Ces projets renouvellent l’usage du cuivre et de ses alliages. Olivier Tissot, directeur des activités en France pour l’Institut Européen du Cuivre, revient, pour Le Courrier de l’Architecte, sur les qualités d’un matériau. 

Cuivre | France

Le Courrier de l’Architecte : Quelques sont les grandes évolutions de la mise en œuvre du cuivre ?

Olivier Tissot : Nous pouvons remarquer plusieurs périodes dans l’histoire de l’utilisation du cuivre. Jusqu’à la fin des années 80, ce matériau était principalement mis en œuvre dans le cadre de chantiers historiques et de restaurations patrimoniales. Le cuivre s’est, à cette époque, de plus en plus démocratisé. Il est venu couvrir des bâtiments industriels, tertiaires, mais aussi des logements, des maisons individuelles, des équipements publics… Du milieu des années 90 jusque dans les années 2000, le cuivre a connu un âge d’or. La hausse récente des cours a freiné l’utilisation de ce matériau. Aujourd’hui, le cuivre est de nouveau abordable et son usage reprend de plus belle.

Enfin, deux autres évolutions sont à indiquer. La première quant à l’usage ; le cuivre ne sert plus seulement pour les toitures. Il est également mis en œuvre en façade sous forme de bardage métallique. La seconde concerne le matériau lui-même ; de nouveaux alliages sont proposés à partir du cuivre.

Quelles différences entre le cuivre et ses alliages ?

Tout d’abord, les alliages ont pris, aujourd’hui, l’ascendant sur le cuivre. Ils sont principalement dorés et brillants. Ils  réagissent différemment du cuivre. Ils ont notamment des propriétés différentes. Tous se montrent particulièrement résistants à l’oxydation. De fait, leur apparence n’évolue presque pas dans le temps.

Comment évolue le cuivre ?

Le cuivre va passer du rouge au brun en quelques années puis évoluer vers le vert amande. Dans un environnement industriel et pollué, le verdissement peut être effectif en 5 ou 8 ans. En condition classique, urbaine, en 15-20 ans. En montagne, au dessus de 800 mètres, il faut plus d’une trentaine d’année avant l’apparition d’une patine verte.

Quelles sont les qualités du cuivre ?

Le cuivre a de nombreux avantages ; parmi eux, sa durabilité. Le matériau a une durée de vie équivalente à celle d’un bâtiment. J’en veux pour preuve les toitures couvrant églises et palais à travers l’Europe entière. Un revêtement en cuivre doit seulement être refait tous les 400 à 600 ans.

Un autre intérêt tient dans son aspect 100% recyclable et ce, sans contrainte. En d’autres termes, il ne faut pour recycler ce matériau aucun traitement particulier. Il n’y a pas perte de matière même si le cuivre est oxydé ou patiné. Pour note, la patine n’est qu’une très fine couche qui ne fait que protéger le cuivre.

Enfin, pour le symbole, chacun peut estimer qu’aujourd’hui, il y a, grâce à ce recyclage permanent, une fraction de cuivre antique dans chaque élément fabriqué dans ce matériau.

Certains pays font-ils un plus grand usage du cuivre ?

Le cuivre est très souvent utilisé en Allemagne et en Italie, bien plus qu’ici. En France, si le baron Haussmann n’avait pas eu un neveu qui travaillait dans le zinc, il y aurait peut-être eu, à Paris, davantage de toiture en cuivre. Il est également vrai que, plus on se dirige vers le nord ou l’est, plus la mise en œuvre du cuivre est fréquente.

Est-ce à dire que le cuivre est mieux adapté à certains milieux ?

Absolument pas. Le cuivre peut être utilisé dans les régions du sud ou même en bord de mer. Il résiste très bien aux atmosphères salines et humides. Idem pour les alliages. A Venise, par exemple, bien des menuiseries de fenêtres sont en laiton.

L’utilisation du cuivre en intérieur est-elle fréquente et différente ?

Elle reste encore rare. Toutefois, elle implique le vernissage du matériau afin de conserver la coloration rouge et brillante. Cette technique est déconseillée en extérieur. Cette mise en œuvre à l’intérieur donne des résultats particulièrement spectaculaires. Voir, pour cela, la station de métro Arts-et-Métiers à Paris ou encore le Musée du Feu en Pologne.

Entretien réalisé le 7 décembre 2015

Réactions

Flor | Architecte | Languedoc Roussillon | 11-12-2015 à 07:48:00

Je suis étonnée car je n'ai pas lu dans le dossier l'indication que le tarissement des ressources mondiales en cuivre est prévu pour 2039 environ malgré le caractère recyclable du matériau. En temps que concepteurs responsables les archis doivent savoir l'impact ce qu'ils prescrivent.

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