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Présentation | Marge Arkitekter, pour meubler l'espace public (07-01-2016)

De petits objets particulièrement contemporains viennent se confronter aux constructions historiques du centre ville de Stockholm. Ils forment, ensemble, la nouvelle gare maritime de la capitale suédoise. Dans un tel contexte, la disparition de ce nouvel équipement était espérée. Marge Arkitekter (Pye Aurell Ehrström, Katarina Grundsell, Louise Masreliez et Susanne Ramel) a préféré, au contraire, privilégier la discrétion à l’effacement total. De fait, le parti est audacieux, résolument affirmé.

Cuivre | Stockholm | Marge Arkitekter

Des origamis de cuivre, installés sur le Blasieholmen, viennent parfaire un ensemble architectural dominé par la Galerie Nationale d’Art et le Grand Hôtel. De l’autre côté du pont, le Palais Royal offre ses imposantes façades baroques. De ce prestigieux voisinage, Marge Arkitekter a fait cas sans pour autant céder à la timidité.

«La priorité était de maintenir les perspectives vers le Palais Royal depuis Stallgatan et Grevgränd et de souligner la monumentalité des constructions du Blasieholmen. Il nous était demandé que le nouveau terminal soit, en regard de ce patrimoine, anonyme et petit», indiquent les quatre associés.

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«Se mélanger ou se juxtaposer ? Fallait-il d’ailleurs vraiment choisir ? Nous voulions avec un même projet pouvoir faire varier les points de vues et les perspectives selon les angles et les distances», précisent les associés.

Aussi, il n’y avait rien d’une évidence formelle. L’exercice relevait davantage de la contorsion plus que de la sculpture. Pour ce faire, l’observation du site et de ses usages était incontournable.

«Nous devions prendre en compte un espace occupé par différents modes de transports : des voitures, des vélos, des bateaux en plus d’un flux massif de piétons», expliquent-ils. Outre un usage intensif de l’espace par flâneurs et voyageurs, il fallait, aux yeux de Marge Arkitekter, prendre en compte leur manière d’utiliser l’espace public.

«Nous avons plus particulièrement observé le flux de touristes. Nous pouvions les regarder photographier le palais royal et pointer leur objectif de l’autre côté du plan d’eau. A l’instar d’une caméra, nous voulions encadrer des vues en créant des cônes de visibilité», assurent-ils.

Encore, fallait-il, fort de ces idées, tracer les contours d’une forme. «Comme pour tous nos projets, nous avons réalisé un nombre incroyable de maquettes de toutes tailles. Au début notre réflexion, nous avions d'ailleurs imaginé un seul et unique bâtiment ; nous avons rapidement pris conscience qu’il nous fallait pourtant diviser le programme en de petits pavillons que nous pouvions considérés comme autant de meubles disposés le long du quai», expliquent-ils.

L’assertion a de quoi surprendre, d’autant plus que l’agence suédoise travaille à des projets urbains ou encore à des immeubles commerciaux. «Nous concevons également des objets du quotidien», disent-ils. Ce grand écart semble même stimuler l’imaginaire et le quatuor se plait à brouiller les échelles.

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«Nous sommes, de la même façon, particulièrement intéressés par les matériaux et leur tactilité», assurent les associés. Ici, un alliage de cuivre fut privilégié pour son esthétique et sa grande malléabilité. Plus encore, le laiton bruni pour lequel Marge Arkitekter a opté, permet, selon les techniques d’utilisation, d’obtenir des variations dans la texture de surface en plus d’une grande durabilité et d’une excellente résistance à la corrosion. Ce choix serait même «la clef du succès» pour ce projet.

«Nous voulions être au plus prêt de l’aspect visuel de tous ces ajouts divers et variés portés sur les monuments présents alentours : vérandas, marquises, toitures. Aussi, de loin, notre intervention se fond parfaitement avec son environnement. De plus près, le revêtement de métal vient accentuer les formes sculpturales de nos constructions», affirment-ils.

Ces interventions semblent alors relever d’un système optique. Peut-être Marge Arkitekter voulait, ici, juste une mise au point…

Jean-Philippe Hugron

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