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Présentation | Pour A/LTA, le tour est joué (27-01-2016)

Une tour, par définition, est un immeuble plus haut que large et qui s’impose par contraste aux autres constructions alentour. Aussi, huit étages autant que dix-huit, autant que quatre-vingts peuvent faire une tour. A Nantes, comme partout en France, 50 mètres en font une. Au-delà de cette limite, les normes IGH pèsent et contraignent concepteurs et constructeurs. a/LTA (Le Trionnaire x2 – Tassot – Le Chapelain) vient d’en faire l’expérience avec la Tour Amazonie livrée en 2015. 

Tours et gratte-ciel | Logement collectif | Nantes | a/LTA

Nantes, à l’avant-garde, propose un nouveau quartier dont le plan a été pensé par l’Atelier Ruelle. Des «émergences» - un euphémisme pour éviter tout traumatisme moderniste – y sont programmées. L’agence locale Barré Lambot a déjà livré la sienne. Le duo parisien Hamonic et Masson promet, sous peu, l’achèvement de son projet. a/LTA, quant à elle, vient d’inaugurer son immeuble qui, lui aussi, chatouille de peu la ‘grande hauteur’.

L’agence rennaise avait gagné ce concours face à Ameller Dubois & Associés et Francisco Mangado (associé à Sarah Forny). «Nous avions peur, sur le papier, de la concurrence de ces architectes. Nous la craignions d’autant plus que nous avions proposé d’inverser la composition du plan masse afin de minimiser les vis-à-vis et de faire un jardin plus accessible», explique Maxime Le Trionnaire, architecte associé.

02(@SChalmeau)_B.jpgEntre autres demandes, il s’agissait, sur cette parcelle, d’ériger un immeuble de 50 mètres et un ensemble social en R+9. A ce programme, est venu s’ajouter, après études,  un parking silo.

La tour fut, en soi, un exercice de style d’autant plus délicat que les appartements étaient promis à la vente. Aussi, fallait-il non seulement concevoir un projet attrayant mais aussi rentable. «Proposer quatre logements par étage n’était pas, a priori, avantageux en termes de fluide et de construction», soutient l’architecte.

Monter à 50 mètres obligeait, qui plus est, à ne plus être dans les «standards». «Ce projet n’était donc pas une recherche de m² supplémentaires. Il s’agissait, au contraire, d’inventer une manière d’habiter le ciel», dit-il. La séduction avant tout.

Aussi, l’architecture ‘moderniste’ de tours et de barres ne servit pas d’exemple. Il y avait, dans l’imaginaire d’a/LTA, ‘high rise of homes’, une utopie de James Wines (SITE) datant des années 80 superposant des maisons individuelles. Il y avait également un autre projet : trois tours siamoises du douzième arrondissement de la capitale. Livré en 1962, l’ensemble résidentiel, remarquable, avait été conçu par le trio Anger Heymann & Puccinelli qui affirmait, à ce sujet, dans l’Architecture d’Aujourd’hui, être «attaché à éviter le rigorisme et la froideur par des jeux de volumes qui donnent vie et chaleur et affirment l’individualité des logements au sein de leur groupement. […] C’est pourquoi nous recherchons toujours des rythmes d’imbrications des loggias qui modèlent la lumière et soulignent l’organisation intérieure». Ces propos auraient pu être, aujourd’hui, ceux d’a/LTA.

03(@SChalmeau).jpgCette générosité fut néanmoins adaptée, modernisée…mise au goût du jour. Elle commence, tout d’abord, au niveau de la rue, avec un grand hall, «à l’américaine», sur une double hauteur. Elle se poursuit, dans les étages, avec des circulations éclairées naturellement. Enfin, dans les appartements, avec de grands jardins d’hiver. Chacun se retrouve sans cesse projeté vers l’extérieur.

«Ces choix nous ont permis de travailler la morphologie de l’ensemble. Nous avons traité l’immeuble comme deux tours jumelles, l’une, au nord, calme ; l’autre, au sud, plus chahutée avec un jeu de ‘tiroirs’», résume l’architecte.

L’expérience est ainsi différente à chaque étage. «Au moment de la commercialisation, les spécificités des espaces extérieurs ont fait qu’un étage a été choisi par rapport à l’autre», dit-il. La lutte pour les ‘sommets’ s’en est retrouvée ainsi réduite.

«Nous avons aussi affiné la silhouette des deux émergences en faisant varier leur altimétrie. Côté nord, deux duplex offrent deux grandes serres en double hauteur. Celles-ci n’existent pas côté sud», dit-il.

04(@SChalmeau)_B.jpgOutre ce jeu d’imbrications, cette typologie de construction en hauteur – encore inusuelle en France – était une première pour l’agence. «Une expérience !», assure Maxime Le Trionnaire. «En exagérant le trait, nous jouions avec les niveaux comme nous jouons sur d’autres projets avec les fenêtres. Ce type de commande modifie considérablement les habitudes d’une agence», affirme-t-il. Et pour cause, elle est arrivée à une époque charnière pour a/LTA. «Nous sommes deux associés historiques et deux nouveaux associés. C’était l’heure de la mise en place d’une transmission douce entre nous quatre», dit-il. D’une génération à l’autre, les méthodes peuvent ainsi changer.

«Il fallait, en outre, davantage de collaborateurs travaillant sur ce projet. Voilà qui nous a obligé, par exemple, à la mise en place d’un système de fichiers partagés», indique-t-il.

La Tour Amazonie fut donc, pour l’agence, un cas d’école.

Elle lui permit, aussi, de prendre de la hauteur.

Jean-Philippe Hugron

Fiche technique
Lieu : ZAC du Pré Gauchet_Nantes (44)
Aménageur : Nantes Aménagement
Urbaniste : Atelier Ruelle
Maître d’ouvrage : LNH + SAMO + BATI NANTES
Livraison : 2015
Mission réalisée : mission complète
Surface : 11 635 m² SP (logemets + activités)+PK
Coût : 15 100 000 € HT
Programme : 72 lgts. libres + 79 lgts locatif social
Performances : BBC EFFINERGIE / RT 2005
Equipe : mandataire a_LTA (Le Trionnaire x2 – Tassot – Le Chapelain) + CETRAC + LALU

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