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Présentation | Ibos&Vitart, un juste retour des choses (09-03-2016)

La question du logement divise tout un chacun tant les appartements sont généralement réduits à de vulgaires produits immobiliers. Pour la première fois, Ibos&Vitart s’est confronté à cette problématique. Le constat de l’agence est simple : sans rationalisation, la qualité est impossible. Exemple à Boulogne-Billancourt.  

Logement collectif | Boulogne-Billancourt | Ibos&Vitart

Avant même d’aborder toute question d’actualité, le duo fondateur de l’agence Ibos&Vitart, se plait, en propos liminaire, à énumérer quelques bons souvenirs restés de papier. Un musée, à Rome, dont les planches trônent en bonne place dans la salle de réunion. Une église aussi, celle de La Défense qui, ronde sur ses escarpins élancés, devait se mesurer aux imposants IGH du quartier d’affaires…  

02(@PhRuault).jpgDans ce formidable inventaire de concours et de propositions, aucun logements ou presque. Il y eut bien cette caserne de pompiers réalisée à Nanterre ou encore quelques appartements de fonction ici et là… mais aucune opération d’envergure jusqu’à ce qu’à ce qu’un maître d’ouvrage éclairé prit la décision de leur confier la conception de 270 appartements à Boulogne-Billancourt, sur la ZAC du trapèze.

L’enjeu était pour une agence plus habituée à travailler avec des maîtrises d’ouvrage publiques d’appréhender de nouveaux clients privés. Cette entrée en matière eut donc lieu à travers un «programme précis» donnant corps à une «opération classique».

Le nombre d’appartements appelait toutefois une densité inhabituelle. De surcroît, commerces et parkings en grande nombre ne simplifiaient pas la tâche. «Ces composantes ont amené de la complexité mais aussi de la liberté», souligne Jean-Marc Ibos.

03(@JMIMV).jpg«Le mode d’organisation que nous avons imaginé est un dispositif qui se lit plus volontiers en coupe. Nous avons ainsi placé parkings et commerces sur deux niveaux et dessiné au premier étage une couronne de logements ‘placards’ mono-orientés», poursuit-il.

Conséquence d’un parti pris architectural judicieux : la création d’une dalle, deux étages au dessus du niveau de la rue. «Nous avons vu dans ces espaces surélevés en cœur d’ilot un dispositif intéressant», indique Myrto Vitart.

L’endroit est aujourd’hui réservé aux seuls et uniques copropriétaires. Les architectes ont imaginé cet espace à la fois comme un belvédère mais aussi comme une vaste terrasse qui, «à l’image de parcs anglais», pourrait aisément recevoir quelques transats.

La proposition est certes astucieuse pour cacher d’importants locaux commerciaux. Elle l’est d’autant plus pour diminuer l’effet de densité. Depuis cette dalle, en effet, la hauteur de l’ensemble parait moindre.

La composition, quant à elle, suit la logique du site. Il s’agissait d’ériger une résidence de standing sur la plus belle parcelle de la ZAC, face à la Seine, à proximité directe du pont historique reliant Billancourt aux anciennes Usines Renault de l’ile Seguin.

Face au fleuve, l’ensemble se caractérise par de longs balcons filants et de larges et profonds jardins d’hiver. «C’est, plus ou moins, ce qu’on savait parfaitement faire après-guerre», assure Jean Marc Ibos avec, en tête, notamment, les immeubles de Jean Ginsberg. «Ce sont des archétypes qu’il faut réhabiliter», soutient-il. Rien ne se crée ? Evidemment, tout se transforme !

«Les architectes ont, face à la question du logement, baissé les bras», soutient Myrto Vitart. Le constat est plus mesuré du côté de son associé pour qui la «masse permet avant tout de rentabiliser des dispositifs de qualité».

«Notre projet de Boulogne-Billancourt est avant tout rationnel et répétitif. Cette rationalisation maximale nous parait importante dans le logements en ce qu'elle permet d'investir dans la qualité, bien plus, en tout cas, que de rechercher à tout prix des formes complexes», reprend Myrto Vitart. Tous deux s’accordent ainsi sur l’exemplarité de certaines opérations des années 60.

04(@PhRuault)_S.jpgA quelques centaines de mètres des 270 appartements de la ZAC du trapèze, il faut, pour s’en convaincre le plus facilement du monde, s’en retourner au Point du Jour, conçu par Fernand Pouillon.

In fine, l’opération réalisée par Ibos & Vitart témoigne d’une modernité réactualisée, finement amenée, parfaitement exécutée.

Le constat qui l’accompagne, parait, à l’évidence, simple. Il laisse toutefois entrevoir un argument encore rare où les économies d’échelles devraient davantage servir le projet urbain et architectural qu’une composition de formes et de matières préside aujourd’hui.

Ainsi, d’un rappel historique mais aussi d’une démonstration actuelle, Ibos & Vitart signe un juste retour des choses.

Jean-Philippe Hugron

Réactions

Will | Architecte | Aquitaine | 11-03-2016 à 12:03:00

«Les architectes ont, face à la question du logement, baissé les bras»
On ne peut pas laisser dire cela ! la grande majorité des Architectes n'ont pas les mêmes conditions de commandes. Ils font de leur mieux avec un budget souvent indigent et des clients parfois hostiles à l'apport des architectes.
J'aimerais voir l'expression de cette agence avec un budget 1100€ le m2, réalité que connaissent beaucoup de confrères en France. Si l'architecture est un sport de combat, la ligne de front n'est certainement pas ici.

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