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Présentation | Ajeance et l'ovoïde de la Montagne verte (16-03-2016)

Cet été, des vacances au camping, ça vous dit ? Alors direction l’Alsace ! L’agence Ajeance vient d’y livrer la transformation d’une adresse jadis connue des routards et autres caravaniers de passage, la Montagne verte. Depuis des années, le lieu était toutefois tombé en déshérence. Situé aux portes de Strasbourg, le site avec préfa’ façon trente glorieuses s’était montré obsolète au point que les guides touristiques avaient fini par bouder l’endroit. Une modernisation était donc plus que nécessaire.

Commerces et hôtels | Bois | Strasbourg | Ajeance

C’est en parcourant non pas les routes champêtres d’Alsace mais les appels d’offres de la région que l’agence Ajeance – du nom de ses quatre associés, quatre Jean dans le vent* – a trouvé la belle annonce : un concours pour la réalisation d’un camping, plus exactement, pour sa modernisation et sa transformation complète. L’ambition était 4 étoiles !

«Génial !», s’enthousiasme Jean-Charles Riber, associé. Voilà l’occasion qui permettait de travailler un programme atypique, qui plus est, en milieu naturel. «C’est davantage l’idée de sortir du rapport classique entre un maître d’œuvre et son bâtiment qui nous a séduit», dit-il. Bref, du nouveau sur les planches de l’agence.

02(@StephaneSpach)_B.jpgA force de réflexions et de visites, le site obligeait, aux yeux des quatre associés mais aussi des paysagistes de l’Atelier Ville et Paysage, une nouvelle stratégie. «Il nous a fallu changer les accès et être plus en lien avec le paysage des rives de la Muhlbach», explique Jean-Charles Riber. Point fort de cette organisation, un bâtiment d’accueil central réunissant plusieurs éléments importants du camping : un restaurant mais aussi une partie des sanitaires.

L’agence Ajeance a souhaité, pour cet équipement, un «ovoïde», une forme plus ou moins ronde, particulièrement courbe, mais un tantinet irrégulière… tout cela afin d’exprimer au mieux l’importance de cette «rotule» dans l’articulation des flux.

«Nous pouvions opter pour d’autres réponses et répartir en plusieurs entités chaque élément programmatique. A nos yeux, l’ambition de réunir une grande partie des fonctions dans une seule construction permettait d’organiser au mieux l’espace du camping», dit-il.

03(@StephaneSpach)_B.jpgLe parti architectural est quant à lui volontairement simple. «Nous avons pensé, en terme d’ambiance, apporter une réponse compatible avec le milieu naturel. Nous voulions aussi être physiquement déconnecté de la partie urbaine et ne pas rappeler la ville», indique-t-il.

De fait, du bois. «Ce matériau appelle une vraie qualité d’artisanat. Le rapport avec les entreprises est généralement très différent», poursuit l’architecte.

04(@StephaneSpach).jpgS’agissait-il là, sous un vernis naturaliste, d’un acte militant ? «Nous ne faisons montre d’aucun systématisme. La proximité de l’Alsace avec l’Allemagne nous permet certes de bénéficier d’un savoir-faire particulièrement poussé mais ce qui nous intéresse le plus est d’avoir une utilisation intelligente de la matière», soutient Jean-Charles Riber. Alors, de références en réalisations, l’agence Ajeance compose avec toutes sortes de matériaux et ce, pour tout type de programme.

D’ailleurs, à bien y regarder… parmi bureaux et logements... figure même un étonnant poulailler. «Quand on débute une agence, on démarre généralement avec de petits projets», sourit-il.

Certes, mais au-delà de l’anecdote, le bois utilisé et les lignes graphiques de cette maison d’architecte pour gallinacés éclairés ne sont pas sans rappeler les atours du camping… à croire que le plaisir d’un premier projet s’est retrouvé, quelques années plus tard, dans une commande si singulière.

Jean-Philippe Hugron

* Jean-Charles Riber, Jean-Baptiste Leduc, Jean-François Laurent et Julien Jeanroy.

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Erratum : crédit image : cantin-planchez-DR




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