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Brève | Le centre administratif de l'Université de Guyane par Cardete Huet (04-04-2016)

Face à la forte croissance des effectifs de l’Université de Guyane, la construction d’un centre administratif s’imposait. C’est l’agence toulousaine Cardete Huet, lauréate du concours, qui réalisera ce centre administratif au sein du campus de Cayenne. Communiqué.

Bâtiments Publics | Education | Cayenne | Cardete Huet Architectes

On connait Cardete Huet pour l’aéronautique, l’hospitalier, le sportif. On sait l’agence active également dans le domaine de l’enseignement, avec d’importants projets comme la reconstruction de l’Université Toulouse - Jean Jaurès. Aujourd’hui, c’est un programme plus modeste mais très singulier qu’elle aborde : le centre administratif de l’Université de Guyane. Une nouvelle aventure dans ce territoire d’outre - mer que l’agence connaît bien, et un nouveau projet loin de nos latitudes.

S’inspirant du paysage, de la culture et du climat guyanais, Cardete Huet propose un bâtiment dont les principes chromatiques sont déterminés par la canopée de la forêt équatoriale, évoquée par la structure du bâtiment, et dont la grande toiture file la métaphore du carbet traditionnel. En résultera un bâtiment bioclimatique, tout en lumière et ventilation naturelles. À découvrir dès 2018.

02(@CardeteHuet)_B.jpgLe campus de l’Université de Guyane à Cayenne, un noyau dynamique et en mutation

L’Université de Guyane était historiquement une entité de l’Université des Antilles, tout comme celle de Guadeloupe et de Martinique. En 2014, suite à des mouvements sociaux, l’Université de la Guyane prend son indépendance et s’installe sur deux campus, l’un à Cayenne et l’autre à Kourou. Elle regroupe désormais quatre départements de formation et de recherche — Droit et sciences économiques ;Lettres, langues, sciences humaines et sociales ; Santé ; Sciences et technoloigies — et compte plus de 2 000 étudiants. Ces remaniements administratifs ont conféré à l’Université un rayonnement plus vaste. Face à la forte croissance des effectifs et au dynamisme du campus, la nécessité de construire un centre administratif sur le campus de Cayenne s’est imposée.

03(@CardeteHuet).jpgL’agence Cardete Huet, lauréate du concours, n’en est pas à son premier projet en Guyane. À deux reprises elle a collaboré avec le Centre national des études spatiales (CNES) pour réaliser les dessins du pas de tir Soyouz et actuellement ceux du pas de tir d’Ariane 6. Elle opère donc aujourd’hui un «retour en Guyane», cette fois-ci avec un projet lié à l’enseignement supérieur.

En réalisant le centre administratif de l’Université de Guyane, l’agence participe, aux côtés d’équipes locales (CADG - Betem), à la dynamique de restructuration du site de Trou Biran et du quartier de l’Hibiscus à Cayenne, dont le développement est initié par l’Université de Guyane.

04(@CardeteHuet).jpgUn bâtiment institutionnel mettant tourné vers la culture, le paysage et le climat guyanais

Au regard du contexte culturel, climatique et architectural dans lequel s’inscrit le projet, celui-ci vise à préserver l’environnement et à respecter la proximité avec la population tout en intégrant des éléments favorables à l’expression territoriale : une «nouvelle modernité» faisant coexister traditions et progrès. Le projet s’adapte au climat tropical par sa grande attention portée à la protection solaire et à la ventilation naturelle, tout en s’efforçant d’exprimer l’image d’une institution étatique cohérente avec ses territoires d’outre-mer.

Le projet crée une vaste respiration sur le site de l’Université en implantant le centre administratif, son parvis abrité et ses accès directement face à l’entrée du campus. Le bâtiment est composé de trois volumes, l’ensemble étant surmonté d’une toiture, ou «canopée», dissociant les volumes bâtis, créant une vaste ombrière et faisant référence au carbet traditionnel guyanais. La canopée assure une protection solaire générale mais non-uniforme : les façades est et ouest restent exposées au soleil levant et au soleil couchant, les façades pignons étant les surfaces d’exposition les plus réduites.

05(@CardeteHuet)_B.jpgL’ensemble des bâtiments bénéficie donc d’une mise en lumière naturelle, les lanterneaux de grande dimension en toiture éclairant toutes les façades orientées à l’intérieur. Autre fonction de cette grande canopée désolidarisée du bâti, celui d’ombrière «ventilée» par balayage naturel afin d’éviter les surchauffes. Cette disposition reprend les prescriptions de la RTAA DOM, un arrêté définissant les caractéristiques thermiques minimales des bâtiments neufs dans les départements d’outre-mer par une ventilation des espaces avec un traitement acoustique de la toiture. Le plan éclaté du bâtiment offre quant à lui une alternance de pleins et de vides pour regrouper plusieurs corps de bâtiments distincts, un réseau de passerelles et de galeries. Cette disposition, associée à la large surface de toiture, offre deux principaux avantages : une lisibilité évidente de la répartition des espaces d’accueil et de travail, et l’organisation simple, sous un même abri, des différents flux et fonctions associés. Cette organisation spatiale répond aux objectifs d’extension et d’évolution du bâtiment et une flexibilité des aménagements.

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